dimanche 28 octobre 2018

Smallworld

Au premier abord Smallworld peut sembler un jeu de conquête territoriale classique : On incarne un peuple (humains, elfes, nains, hobbits, etc...), et l'objectif est d'engranger le maximum de points de victoire en occupant le plus de parcelles possibles sur la carte (et sans se faire déloger par les autres peuples concurrents). 

Là où ça se corse, et ce qui renouvelle agréablement le jeu par rapport à d'autres sur des thèmes similaires, ce sont les deux points suivants :

  • Chaque peuple est doté d'un pouvoir spécial (arme particulière, avantage lié à un type de territoire spécifique), qui lui est associé de manière aléatoire. Sachant qu'il y a 14 peuples et 20 pouvoirs spéciaux disponibles, le jeu peut fortement changer d'une partie à l'autre selon les duos peuple/pouvoir qui seront tirés. Et si vous veniez finalement à bout de toutes les combinaisons, il existe encore une palanquée d'extensions disponibles.
  •  Lorsqu'un peuple a tout donné et s'avère incapable de réaliser de nouvelles conquêtes, on a la possibilité le faire entrer en déclin. C'est à dire l'abandonner comme une vieille chaussette et s'atteler au développement d'une nouvelle civilisation. On peut donc être amené à jouer 2 à 3 (voire 4) peuples par partie. Une particularité maline, qui évite les frustrations dues au fait de piocher initialement un peuple pas très intéressant. Une compétence cruciale pour les joueur·se·s sera donc de déterminer le bon moment pour lâcher son peuple et en prendre un nouveau (et donc il ne faudra pas vous attacher...)
Lors de la première ouverture de la boite on est assez impressionné·e par la richesse du matériel (forcément, 14 peuples possibles, ça fait un paquet de jetons, sans compter les accessoires liés aux pouvoirs spéciaux), mais les règles sont expliquées de manières simple et claire et le jeu s'avère au final rapidement accessible même pour des joueur·se·s inexpérimenté·e·s. On peut donc sans problème y jouer en famille avec des enfants pas forcément expert·e·s en jeu de stratégie.

Smallworld, un jeu où le monde n'est jamais assez grand, à découvrir dès 8 ans.

dimanche 21 octobre 2018

Les enquêtes d'Enola Holmes

Enola a grandi seule, et souvent livrée à elle même, avec une mère âgée et fantasque, amatrice d'aquarelle, de fleurs et de messages codées. Et voilà que le jour de son quatorzième anniversaire, par un beau matin de juillet 1888, madame mère se fait la malle sans laisser de traces. Enola doit alors faire appel à ses deux frères aînés qu'elle ne connaît qu'à peine, mais sitôt ceux-ci arrivés, ils constatent que son éducation de lady laisse grandement à désirer (la demoiselle s'y connaît plus en botanique qu'en broderie) et décident immédiatement de l'envoyer en pension.

Pas de ça pour Enola, qui décide alors de suivre l'exemple maternel (prend l'oseille et tire-toi) et de prendre la poudre d'escampette et sa vie en main par la même occasion. Cachée au sein de la métropole londonienne, Enola parviendra-t-elle à retrouver la trace de sa mère tout en échappant aux recherche des frangins bien décidés à la faire rentrer dans le rang ?

J'oubliais, le nom de famille de notre héroïne, c'est Holmes. 

Oui, comme le célèbre détective du même nom, et il semble bien que sa petite soeur n'ait rien à apprendre de son glorieux aîné en terme d'intelligence et de débrouillardise....

Tout comme Faith Sunderly ou Sally Lockhart, Enola Holmes fait partie de la grande famille des héroïnes qui doivent batailler sans relâche pour desserrer le carcan qui leur est imposé par la bonne société victorienne. Enola y parvient avec une inventivité réjouissante, devant sans cesse changer d'identité (nonne, veuve, orpheline ou lady) pour déjouer les recherches de ses frères, et résolvant un bon nombre de mystères au passage.

Cette série de romans (six au total) a été élégamment adaptée en bande dessinée (5 tomes déjà sortis) et à la maison on aime également les deux supports, avec peut être un petit faible pour les BD, à la fin desquelles on trouve un chouette carnet de notes contenant des informations sur l'univers où Enola évolue.

Les enquêtes d'Enola Holmes, des romans de Nancy Springer adaptés en bande dessinée par Serena Blasco, une chouette héroïne à suivre dès 10 ans.


(et ça c'est les couverture des romans en VO, juste pour le plaisir par ce que je les trouve magnifiques)

vendredi 19 octobre 2018

Superchouettes sorties cinéma pour les vacances

En cette veille de vacances de la Toussaint, voici trois films que l'on soupçonne très fortement d'être superchouettes, puisqu'ils ont pour auteurs des habitués de ce blog, et qui sauront ravir les enfants sans pour autant gaver leurs parents.
  • On commence avec celle qui sera sans doute la star des vacances, et qui signe le retour de Michel Ocelot sur grand écran, la merveilleuse Dilili à Paris, qui nous emmène faire un voyage au temps de la Belle Époque (et mon cinéma de quartier, qui est toujours de bon conseil, me dit que c'est à partir de 7 ans).

Pour les plus jeunes (3-6 ans) on a le choix entre deux programmes de courts métrages :
  • Le rat scélérat, est une nouvelle adaptation d'un album de Julia Donaldson et Axel Scheffer, par le même studio qui a déjà brillamment adapté le Gruffalo (et d'autres contes des mêmes auteurs), donc a priori on ne peut en penser que du bon.
  • La Grande aventure de Non-Non rassemble trois courts métrages autour de Non-Non l'ornitorynque, adoable personnage crée par Magali le Huche, autrice jeunesse souvent présente sur ce blog, et dont on apprécie beaucoup les aventures de papier.

dimanche 14 octobre 2018

L'île aux mensonges

Faith Sunderly a 14 ans et est la fille soumise et dévouée d'un pasteur naturaliste de l'Angleterre victorienne. Afin de fuir des rumeurs de fraude concernant les recherches paternelles, toute la petite famille (père, mère, oncle, Faith et son petit frère) se retrouve exilée sur une petite île battue par les vents au large des côtes anglaises. L'accueil sur place n'est pas des plus chaleureux et les choses se corsent encore plus quand le révérend Sunderly est retrouvé mort. Faith va alors devoir braver les interdits que l'époque fait peser sur son genre pour enquêter sur la disparition de son père et faire éclater la vérité au grand jour.

L'île aux mensonges est un remarquable thriller victorien, baigné d'une atmosphère vénéneuse, et qui nous plonge au coeur d'une société dont les convictions sur les origines de l'humanité ont été violemment secouées par la récente publication des travaux de Darwin. Ce contexte scientifique tout particulier se double également une réflexion fine sur la place réduite que cette même société daignait accorder aux femmes. Faith n'a rien d'une rebelle dans l'âme et s'efforce initialement de remplir consciencieusement ses devoirs filiaux. Mais comment ne pas être révoltée face à l'étroitesse du destin que sa famille lui réserve ? La résolution du mystère paternel s'accompagnera donc d'une émancipation libératrice pour notre héroïne. Par ailleurs les personnages féminins présents dans le roman sont particulièrement intéressants dans la mesure où ils s'avèrent tous plus complexes que ce que l'on pourrait soupçonner au premier abord, chaque femme devant trouver une stratégie qui lui est propre pour exister au sein du carcan victorien.

L'île aux mensonges, de Frances Hardinge, un roman captivant à dévorer à partir de 12 ans.

PS : Frances Hardinge est déjà l'autrice de huit romans jeunesse (enfin plutôt jeune adulte), dont seulement trois ont fait l'objet d'une traduction en français (deux romans chez Gallimard, un chez l'Atalante), je croise donc les doigts pour que les autres arrivent bien vite dans nos librairies et bibliothèques !

mercredi 10 octobre 2018

Superchouette automne !

Quelques nouveautés du semestre dans les séries qu'on aime sur Superchouette :

  • Le tome 3 des Mystères de Larispem vient de sortir. L'élixir ultime conclue en beauté cette formidable trilogie aux accents verniens.
  • On est également ravi·e·s de retrouver les Bergères Guerrières pour un deuxième tome qui nous plonge cette fois au coeur de l'action, après un T1 plutôt introductif, et nous permet d'en savoir plus sur les origines de la menace qui rode... 
  • Enfin, le T11 de Princesse Sara voit notre héroïne en fâcheuse posture. Fort heureusement elle est secondée d'une bande d'ami·e·s prêt·e·s à tout pour la sortir de là (dont une Lavinia plus irrésistible que jamais et qui est bien partie pour devenir mon personnage préféré de la série...)

dimanche 7 octobre 2018

Pizza Rush

Attention, attention, la pizzeria va ouvrir ! 
L'heure du coup de feu approche ! 
Allez c'est parti en cuisine ! 
Hop hop hop ! 
Une végétarienne, une formaggi, une margharita, une bambino et que ça saute !

Dans Pizza Rush, les joueur·se·s incarnent une équipe de pizzaiolo dont l'objectif est de satisfaire un maximum de client·e·s en six minutes et pas une de plus. Selon les effectifs de votre équipe (autant vous prévenir de suite, jouer à moins de trois c'est carrément chaud patate), il faudra donc répartir les différents postes en fonctions des points forts de chaque joueur. Au service il faut mémoriser les commandes de chaque tablée, en cuisine pouvoir fabriquer les pizzas à la vitesse de l'éclair, et en caisse on ne s'embrouille pas avec l'addition.

Il s'agit donc d'un jeu coopératif, où les joueur·se·s forment une équipe unique, proposé par la petite maison Belugames qui est spécialiste en la matière.

Je vais vous avouer un truc, moi d'ordinaire les jeux coopératifs ça me gave. D'une part parce que j'ai un mauvais fond et mon grand bonheur dans l'existence c'est de piler mes adversaires. Et d'autre part, parce que pendant la plupart des jeux coopératifs testés jusqu'ici, je m'ennuyais ferme en attendant mollement mon tour dans l'espoir de sauver un vague trésor. Ici le combo durée limitée/tout le monde joue en même temps fonctionne à merveille et il n'y a pas de temps mort pendant les six petites minutes que dure le sablier. On se prend même plutôt un bon gros shoot d'adrénaline, donc je ne suis pas mécontente que les parties ne durent pas plus longtemps (et puis on a toujours la possibilité de recommencer pour améliorer son score).

Un autre intérêt du jeu c'est qu'il est vraiment accessible sur une grande gamme de tranches d'âge. Ici on colle n°3 (qui est encore non lectrice) à la fabrication des pizza pendant que n°2 prend les commandes et n°1 fait des calculs à la caisse. Si vous jouez avec des plus grand·e·s, il est possible de passer en mode expert (avec des client·e·s capricieux·ses, qui changent d'avis ou n'ont pas de monnaie) ce qui complique sacrément la donne. Actuellement, notre seul souci c'est que n°2 a un peu tendance à se prendre au jeu et se met à hurler sur ses soeurs dans le feu de l'action :

Allez on s'active en cuisine là ! 
Elle est où ma bambino ! 
Allez plus vite !

Bref, c'est pas une boite à sortir si vous êtes fatigué·e·s, mais le reste du temps on passe de bons moments en famille avec.

Pizza Rush, un jeu sympa mais un parfois peu stressant, à partir de 6 ans (si vous êtes nombreux·ses vous pouvez même intégrer des plus jeunes en les associant à un·e adulte)