mercredi 3 juin 2020

Certains l'aiment chaud

Chicago 1929, Joe et Jerry, deux musiciens de jazz un peu loosers (et très dragueurs), doivent fuir la mafia et se déguisent en femmes pour intégrer un orchestre exclusivement féminin qui part en tournée du côté de Miami. En chemin ils rencontreront Marilyn qui joue du ukulélé, un vieux milliardaire célibataire et bien déterminer à ne pas le rester, et encore plus de mafieux (c'est pas de bol tiens).

Ce chef-d'oeuvre de Billy Wilder date de 1959, et comme on pourrait s'y attendre, il contient un nombre de blagues sexistes incalculable (mention spéciale à ce gros forceur de Tony Curtis), que vous pouvez parfaitement déconstruire avec votre progéniture. Mais c'est aussi une extraordinaire réflexion sur le genre et sa construction sociale, puisque tout le long du film, les personnages de Joe et Jerry vont littéralement jouer à incarner des femmes ou des hommes (vu que Joe se déguise aussi en millionaire pour séduire Marylin) et ce sans aucun problème. Cette mascarade permanente débouchant à terme sur la scène finale et son Nobody's perfect culte, qui est au fond un hymne à la tolérance...

L'ensemble de l'histoire est menée tambour battant avec des tas de gags parfaitement accessibles aux plus jeunes. Si bien qu'au final, le film possède suffisamment de degrés de lecture pour plaire aux enfants comme aux parents.

Certains l'aiment chaud, du jazz, des gags et Marylin, à voir en famille à partir de 7 ans.


Cadeau bonus pour les parents : Un chouette et passionnant épisode des Chemins de la Philosophie qui disserte justement sur le film.

mardi 2 juin 2020

Résultat du concours Éditions du Ricochet !

Après tirage au sort, la gagnante de notre concours avec les Éditions sur Ricochet est Vanessa qui jouait pour gagner le Livre des animaux magiques !!!

Félicitations Madame ! 

Maintenant envoie nous-vite un petit mail à superchouette.mums@gmail.com avec tes coordonnées et nous transmettrons celles-ci à l'éditeur. Toute la superchouette team te souhaite de très beaux moments de lecture en famille !

dimanche 31 mai 2020

Les étranges soeurs Wilcox

Une (pas franchement) belle nuit d'hiver 1888, les soeurs Amber et Luna Wilcox se réveillèrent dans un cimetière londonien.

Six pieds sous terre.

Chacune dans son cercueil.

Dont elles purent s'extraire sans difficulté vu qu'elles étaient dotées d'une force surhumaine.

En effet, Amber et Luna étaient désormais des vampires.

Va suivre une longue quête pour les soeurs Wilcox, qui vont tenter de comprendre comment elles ont pu en arriver là ; et ce qui est advenu de leur père et de leur belle-mère, qui ont disparu lors de l'incendie de la demeure familiale. En chemin, leur route va croiser celles des Invisible, une confrérie bien mal en point de magiciens qui tentent de protéger la couronne britannique, et luttent depuis plusieurs siècles contre Dracula et son clan de vampires. Et si le destin des soeurs Wilcox était lié à cette bataille centenaire ?

Mi-mars, à l'aube du confinement, fille ado est allée faire une razzia sur les romans jeunesse de son CDI. Deux mois et demi plus tard, les aventures des soeurs Wilcox sont les grandes gagnantes de ce marathon lecture. L'ado a beaucoup aimé ce duo d'héroïnes badass avec plein de super pouvoirs, ainsi que l'ambiance fantastique des romans. Personnellement, j'ai apprécié le joli line-up de figures victoriennes, qui nous permet de rencontrer Sherlock Holmes, Bram Stoker ou Jack l'Éventreur au détour des pages, ainsi que le style fluide et élégant de Fabrice Colin, qui nous avait déjà touché dans La bonne aventure.

Les étranges soeurs Wilcox, de Fabrice Colin, des aventures à vous glacer le sang dès 12 ans.


PS : Pour une raison qui me dépasse complètement, le site de Gallimard jeunesse (qui est tout de même l'éditeur des romans) ne mentionne que les trois premiers tomes de cette série. Tandis que d'autres sites font état d'un quatrième opus, sorti en 2011 et épuisé depuis. Alors, 3 ou 4 tomes ? Voilà un mystère qui sied fort bien à nos étranges héroïnes !

mercredi 27 mai 2020

Cyrano de Bergerac

Dans notre série Oldies but Goodies du mercredi, cette semaine on vous propose de redécouvrir le Cyrano de Bergerac de Rappeneau. Un vintage 1990 qui date donc d'un temps que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître, une époque où Gérard Depardieu avait du génie et Vincent Pérez était beau.

Bref.

Si vous avez des collégiens à la maison ils connaissent probablement déjà le pitch : 
- Cyrano au grand nez aime sa cousine, la précieuse Roxane.
- Roxane préfère Christian et son physique avantageux.
- Christian est bien content parce que lui aussi il kiffe Roxane. 
- Pas de bol, Christian est con comme un balais et Roxane aime aussi les beaux parleurs. 
- Alors plutôt que de laisser sa cousine découvrir l'affreuse vérité, Cyrano va prêter ses mots au bellâtre pour qu'il puisse conquérir le coeur et l'esprit de notre précieuse pas hyper fut'fut'. 

Spoiler : ne faites pas ça chez vous, à la fin tout monde mourra déçu et malheureux.

Malgré son grand âge, le film a remarquablement bien vieilli, notamment grace à la mise en scène de Rappeneau, qui a su intelligemment raccourcir la pièce (mais on a tout de même 2h15 de film) et alterner les scènes de dialogues et d'action, ce qui est appréciable pour le jeune public. Le texte de Rostand est parfaitement mis en valeur, de la tirade des nez à l'agonie finale de Cyrano. Et si votre progéniture n'est pas en larmes au moment du générique de fin, vous avez toute ma bénédiction pour la déshériter.

Cyrano de Bergerac, un film de cape et d'épée qui vous fera vibrer, à partager avec ses enfants à partir de 8 ans.

dimanche 24 mai 2020

Les Mythics


Les Mythics sont 6, comme les doigts de la papatte d'un Maine Coon polydactile. Dispersé·e·s sur l'ensemble du globe (Japon, Inde, Égypte, Grèce, Allemagne et Mexique), chacun·e d'entre eux·elles est la réincarnation d'un·e puissant·e guerrier·e issu·e d'une mythologie différente. Et il va leur falloir unir leurs forces pour combattre le mal alors que celui-ci fait son grand retour sur terre...

Cette série s'appuie sur une trame classique, six jeunes ados (qui ont entre 11 et 16 ans) se découvrent des pouvoirs extraordinaires et vont devoir apprendre à les contrôler et à coopérer pour défendre le bien. Mais étonnamment elle a fait mouche à la maison.

Je dis étonnamment parce que sur la couverture de chaque tome, il y a marqué en gros

Par les créateurs des Légendaires et de la Rose Écarlate

Vous aimez les Légendaires ?

Et ben moi pas du tout.
(La Rose Écarlate pas contre on trouve ça chouette, même s'il y a des trucs à redire)

Je sais bien que c'est un best-seller de la bande-dessinée jeunesse, mais l'humour au raz des pâquerettes et les clichés sexistes dont est truffée cette série font qu'elle me sort par les yeux. Avec Mortelle Adèle c'est un peu ma seconde bête noire de l'édition jeunesse (OK, j'avoue, en vrai je déteste plein d'autres trucs, mais là on n'a pas le temps de tous les faire).

Par contre les Mythics, ma progéniture et moi (soit un public 100% féminin), on a beaucoup aimé. 

Pour la parité bien sur, 3 héros-3 héroïnes, comme quoi c'est pas si compliqué à faire, pour la diversité des origines des personnages, et aussi la variété des tempérament représentés. Les filles n'ont pas besoin d'être toujours douces et fragiles, les garçons ne sont pas forcément des gros bourrins (mention spéciale à Amir qui est notre petit chouchou dans la bande). Et puis chaque protagoniste est coaché·e par l'esprit guerrier qui lui est associé·e, qui apparait sous la forme d'un petit fantôme tout mignon. Et le décalage entre l'état d'esprit du fantôme des temps jadis et celui d'un ado d'aujourd'hui forme un ressort comique assez réjouissant.

9 tomes sont déjà sortis, qui présentent chacun des personnages et racontent leur rencontre, maintenant on est au taquet en attendant le tome 10 qui sera consacré à l'affrontement final !

Les Mythics, de Patricia Lyfoung, Philippe Ogaki et Patrick Sobral (et un·e dessinateur·rice qui change à chaque tome), des aventures qui dépotent tout autour du monde, à découvrir dès 8 ans.

mercredi 20 mai 2020

Les Éditions du Ricochet (avec un concours dedans !)

Depuis 25 ans les Éditions du Ricochet aident petits et grands à explorer et mieux comprendre le monde qui les entoure au travers de chouettes albums et documentaires. Petit passage en revue des ouvrages de la maison qui nous ont séduit·e·s ces dernières années :
  • Ici on est sous le charme de la collection Ohé la science, qui permet de faire découvrir la nature aux plus jeunes.
  • On a également beaucoup aimé Mon petit monde, un superbe album coloré pour expliquer l'univers foisonnant des bactéries aux plus petit·e·s 
  • Le livre des animaux magiques est un magnifique album, à la fois livre de contes et documentaire, qui vous embarque pour voyage pas banal au sein du règne animal.
  • Pour nos ados, on est particulières fans de la collection POCQQ (Pourquoi ? Où ? Comment ? Qui ? Quand ?), des documentaires super bien ficelés sur les grands sujets de société. Et on a eu un énorme coup de coeur pour les volumes sur le Féminisme et les Journalistes.
  • Tout Nu !, est un formidable dictionnaire (en provenance du Québec) qui sait parler avec intelligence et bienveillance aux ados du corps et de la sexualité.

Et parce que 25 ans, c'est un anniversaire important, les Éditions du Ricochet proposent aux gentil·le·s lecteur·rice·s de Super Chouette de gagner un de leurs ouvrages au choix, entre Le livre des animaux magiques et Tout nu !, si c'est pas formidable ça !!!

Pour participer c'est très simple, vous avez jusqu'au lundi 1er juin pour laisser un commentaire sous ce message, où vous préciserez l'ouvrage que vous souhaitez gagner. Après quoi je tirerai au sort le nom de l'heureux·se gagnant·e parmis tous les commentaires. 

Bonne chance à toutes et à tous !

PS : Ça va sans dire, mais ça va mieux en le disant, mais ça sera plus facile de vous attribuer un lot si votre commentaire n'est pas anonyme...

dimanche 17 mai 2020

Les p’tits philosophes


Chaque mois dans le magazine Pomme d'Api (qui est plutôt destiné aux enfants de maternelle), Chonchon le cochon (de petite section), Raoul le loup vantard (chez les grands), Plume l'oiseau et Mina la chatte (tous deux chez les moyens) s'interrogent sur la vie, leurs émotions et le monde qui les entoure.
  • Qu’est-ce qu’un cadeau ?
  • Pourquoi faut-il faire des efforts ?
  • Qu’est-ce qui est beau, qu’est-ce qui est laid ?
  • Qu’est-ce que grandir ?...
En trois pages colorées, chacune de leurs aventures fait écho à la vie quotidienne des petit·e·s lecteur·rice·s de la série, et les aide à questionner le monde et à mieux comprendre celui-ci, sans pour autant apporter de réponse toute faite.

Du temps où nous étions abonnés au magazine c'était un de nos rendez-vous mensuels préférés avec les enfants, et on a été particulièrement heureux de découvrir que les épisodes avaient été regroupés en deux recueils. Le format court des petites bandes dessinées est particulièrement adapté pour l'histoire du soir et permet d'aborder en douceur des questions pas si simples que ça pour les plus jeunes (la vie, l'amour, la mort...). Les illustrations joyeuses de Dorothée de Monfreid permettent quant à elles de garder un peu de légèreté et d'humour même quand les petits philosophes se penchent sur des sujets sérieux.

Certain chapitres ont même été adaptés en courtes pastilles animés (de 5 minutes) et sont visibles sur le site Bayam.

Les p'tits philosophes, de Sophie Furlaud et Dorothée de Monfreid, parce qu'il n'est jamais trop tôt pour s'interroger (enfin après 8h du matin ce serait plutôt bien), deux livres avec plein de questions dedans, dès 4 ans.

mercredi 13 mai 2020

Superchouette printemps !

Pour célébrer la fin du confinement, voici quelques nouveautés des derniers semestres  dans les séries qu'on aime sur Superchouette !

  • Le quatrième tome des Spectaculaires nous embarque pour une folle course à travers l'Europe sur les traces d'un mystérieux gentleman cambrioleur (et rongeur) ! 
  • Jasmine la souris coquine poursuit ses aventures toutes en tendresse (et n'en a visiblement rien à carrer des gestes barrières).
  • L'épisode de Noël de Maman ours a enfin été traduit en français. Et les trois premières aventures de Michel, l'ours maternel, on été rééditées en un volume unique, pour encore plus de choupitude oursonnesque !
  • La vie continue dans l'immeuble des Merveilleux Voisins, avec de nouveaux habitants toujours plus étonnants !
  • Et parce qu'on n'a jamais trop de pandas chez soi, l'irresistible extension Chibis de Takenoko vous permet d'inviter Miss Panda et plein de bébés dans la bambouseraie !

dimanche 10 mai 2020

Arte

Florence, première moitié du XVIème siècle, la jeune Arte nourrit une passion dévorante pour le dessin qui a été longtemps encouragée par son père. Mais quand la mort de celui-ci laisse sa famille de petite noblesse sans le sou, la mère d'Arte a bien d'autres soucis, et notamment comment trouver un moyen de marier sa fille sans dot. L'impétueuse jeune fille quant à elle entend bien se former dans l'un des nombreux ateliers de peinture de la ville. 

Parviendra-t-elle à entrer en apprentissage et à vivre un jour de son art ?

Cette très chouette série de mangas met en scène une héroïne vive et résolue à trouver sa place dans un monde d'hommes, mais aussi ingénue, elle qui a grandi dans un milieu aristocratique à l'abri du besoin, et dans le fond très attachante. La mangaka a réalisé un gros travail de documentation qui nous plonge dans le monde des ateliers artistiques de la renaissance florentine (l'architecture de la ville, le mobilier ou les costumes sont particulièrement bien rendus). Le parcours d'Arte est aussi l'occasion d'apprendre des tas de choses, que ce soit sur la société de l'époque, le fonctionnement des ateliers, le parcours d'apprentissage ou les techniques associées à la peinture, que l'on va découvrir en même temps que la jeune fille. Bref, tout comme Bride Stories, cette série nous emmène très loin dans le temps et l'espace, dans un univers qu'on n'associerait pas spontanément au manga.

Arte, de Kei Ohkubo, 9 tomes parus jusque là, un manga qui fait voyager, à partir de 11 ans.

PS : Pour l'anecdote, Arte doit sans doute son nom à la figure d'Artemisia Gentileschi, qui fut une des rares femmes peintres classiques à être passée à la postérité. Mais celle-ci a vécu un siècle plus tard et son parcours est bien éloignée de celui de notre héroïne puisqu'elle venait elle d'une famille d'artistes.


mercredi 6 mai 2020

4 films pour 4 filles

En janvier dernier, l'adaptation par Greta Gerwig des Quatre Filles du Dr. March sortait sur nos écrans. Cette version sensible et remarquable d'intelligence de ce classique de la littérature jeunesse américaine (sorti en 1868) est désormais disponible en VD (et très bientôt en DVD). Mais plutôt que de la regarder de suite, sur Super Chouette on vous propose un cycle cinéma pour découvrir les glorieux anciens qui l'ont précédée. 

Préparez vous donc à rencontrer 16 filles du Dr. March !
(et prévoyez aussi une bonne réserve de mouchoirs...)
  • En 1933 Cukor ouvre le bal (Wikipédia me dit qu'il y a une premier adaptation muette de 1914 mais on fera sans) avec une version en noir et blanc où la légendaire Katharine Hepburn interprète l'intrépide Jo.
  • En 1949, la version de Mervyn LeRoy permet d'admirer une Elisabeth Taylor blonde dans le rôle d'Amy la peste et dans un écrin de technicolor flamboyant.
  • 1994, c'est la version de ma jeunesse, par Gillian Armstrong, cette fois on retrouve la fougueuse Winona Ryder dans le rôle de Jo, mais aussi les toutes jeunes Clare Danes et Kirsten Dunst pour jouet Beth et Amy.
  • 2020, la version de Greta Gerwig donc, fabuleuse d'intelligence et de clairvoyance sur la condition féminine. Le casting est une fois de plus au top, surtout pour Saoirse Ronan en Jo et Florence Pugh qui vient réhabiliter le personnage d'Amy (par contre je m'interroge encore sur le choix de Louis Garrel pour interpréter un émigré allemand...)
Les paris sont donc ouverts, quelle version sera votre préférée ?


dimanche 3 mai 2020

Sans foi ni loi

Garett Blake a 16 ans, et une existence étriquée, coincé entre les travaux à la ferme, une grande fratrie (sans mère), un père pasteur psychorigide et violent, et des paroissiens dociles qui écoutent sagement ce dernier tous les dimanches.

Bref, c'est pas vraiment la joie.

Et puis un beau (?) jour, Ab Stenson débarque dans sa vie. Fugitive après un braquage sanglant, cette hors-la-loi que rien n'arrête embarque de force l'adolescent avec elle. Mais la prise d'otage va vite se muer en un périple initiatique à travers l'ouest sauvage qui va mener Garett vers l'âge adulte. Autour de la figure centrale d'Ab, le jeune homme se trouvera également une nouvelle famille faite de parias (prostituées ou métisses) et pourtant infiniment plus humaine que les respectables citoyens de son village natal.

Sans foi ni loi est un magnifique récit d'apprentissage qui joue habilement avec les codes du western (le duel dans la poussière, les chevauchées sauvages, le saloon avec ses danseuses et joueurs de poker) et nous propose un beau portrait de femme forte et éprise de liberté dans un environnement qui lui est profondément hostile. Le style sec et âpre de Marion Brunet rend parfaitement compte de l'ambiance générale, mais la sobriété du verbe n'empêche pas la profondeur des sentiments que l'on va développer pour la belle galerie de personnages qui peuple ce roman.

Sans foi ni loi, de Marion Brunet, une cavalcade au pays des cow-boys à entreprendre dès 14 ans.

Le grain de sel historique : J'ai été surprise de voir plusieurs critiques du roman situer l'action de celui-ci dans les années 1920, ce qui me semble un peu tard pour un western. Traditionnellement le style décrit plutôt des récits se déroulant dans la seconde moitié du 19ème siècle. Les trains des orphelins, qui emmenaient des enfants des villes de la côte est vers les zones rurales du nord-ouest ont effectivement fonctionné de 1850 à 1920. Mais dans le récit, Garett fait également référence à la guerre, comme s'il s'agissait d'un évènement encore proche dans le temps. Or il s'agit clairement de la guerre de Sécession (1865-1870), qui a fait suite à l'abolition de l'esclavage. On peut donc supposer que le récit se déroule dans les années 1880-1890.

mercredi 29 avril 2020

Les Aventures de Robin des Bois

Avant la version 2010 de Ridley Scott,
Avant Kevin Costner en 1991,
Avant le renard de Walt Disney en 1973,
Et avant tout plein d'autres variantes,

Il y a le Robin des Bois de Michael Curtiz interprété par Errol Flynn en 1938, aka, la mère de tous les films avec des types en collants verts qui crapahutent dans la forêt.

Je ne dirai pas que le film n'a pas vieilli, bien sur qu'il a vieilli, il a quand même 82 ans ! 

Forcément,  sur le plan féministe on n'est pas au top, et ce vibrant plaidoyer monarchiste a quelque peu fait tiquer ma progéniture. Mais ça reste un oldie but goodie

On notera d'ailleurs que la Lady Marian incarnée par Olivia de Haviland (qui, à l'heure où j'écris ces lignes, est encore vivante et âgée de 103 ans !) est nettement plus proactive que la renarde disneyenne, puisqu'elle va espionner le vil prince Jean et sauver le bon roi Richard au péril de sa vie. La flamboyance du technicolor, la musique entrainante de Korngold (qui lui a valu un Oscar en 1939), la gouaille de Flynn et la touche d'humour via les personnages secondaires font de ce film un véritable intemporel du cinéma que l'on partage encore joyeusement avec les nouvelles générations.

Les Aventures de Robin des Bois, des types en collants qui vous mettent en joie, à regarder en famille dès 6 ans.


Et en cadeau bonux pour les plus grands, un chouette podcast qui raconte la genèse pas banale de la musique du film :

dimanche 26 avril 2020

Télémaque

On connaît le pitch (qui a tout de même quelques siècles), 14 ans après son départ pour la guerre de Troie (alors que celle-ci s'est achevée il y a quatre ans), Ulysse n'est toujours pas rentré au bercail. À Ithaque, les prétendants qui convoitent la reine Pénélope (et aussi accessoirement le trône) se bousculent au portillon, et Télémaque, le fils adolescent d'Ulysse attend toujours le retour de son père.

C'est alors que le jeune prince décide de se faire la malle et de partir à la recherche du paternel disparu. Le voilà donc embarqué pour un long périple semé d'embûches, où son destin croisera celui d'une princesse en fuite, d'un jeune cyclope et d'une multitude de créatures fantastiques et parfois sacrément dangereuses...

J'ai d'abord été sceptique devant cette énième relecture de l'Odyssée (initialement prépubliée dans le magazine Spirou), et puis finalement toute la famille est tombée sous le charme. Les auteurs ont fait un gros travail de documentation pour écrire ce voyage de Télémaque sur les trace de son père, ce qui permet de retrouver les épisodes clés de l'Odyssée (cyclopes, sirènes et métamorphoses...) avec une chouette touche d'humour en plus. On aime aussi beaucoup le personnage de Polycaste, la fille de Nestor, une princesse maline et dégourdie, bien décidée à échapper à sa condition de monnaie d'échange diplomatique. Face à un Télémaque sympathoche mais pas toujours fut'fut', c'est clairement elle le cerveau de la petite bande. Côté graphismes le style entre ligne claire et manga des dessins de Kenny Ruiz apporte beaucoup de dynamisme au récit.

Télémaque, de Kid toussaint et Kenny Ruiz, une chouette relecture de l'Odyssée en BD, pour voyager dès 9 ans.

mercredi 22 avril 2020

Ghostbusters 2016

L'an dernier, on a voulu se faire une soirée DVD Oldie but Goodie avec les filles et on leur a montré le premier Ghostbusters (1984).

Spoiler : Ne faites pas ça chez, vous, j'ai jamais été aussi embarrassée devant ma progéniture, j'avais envie de m'excuser toutes les deux minutes de leur montrer un daube pareille (et Dieu sait qu'en terme de cinéphilie on place pas la barre très haut pour les films familiaux).

Le film, qui s'ouvre sur une scène où Bill Murray (dont le personnage est juste un blaireau de la pire espèce, et je surveille mon langage parce qu'on est sur un blog jeunesse) drague une étudiante, est une longue suite de moments malaisants. On a le droit a des scènes de harcèlement (toujours par le perso de Bill Murray, qui est également un gros forceur) et des concours de masculinité toxique à tous les plans, auxquels viennent s'ajouter une mise en scène indigente et des effets visuels immondes qui vous feront saigner les rétines (je signale qu'en 1984 la premier etrilogie Star Wars était déjà sortie, donc on savait faire nettement mieux que ça en terme d'effets spéciaux).

Donc si vous voulez passer un bon moment avec vos enfants devant une histoire de fantômes, je conseille fortement de plutôt regarder le reboot 2016 de Ghostbusters, qui LUI est vraiment drôle, et dépourvu de blagues sexistes toutes les deux secondes. Le duo comique formé par Kristen Wiig et Melissa McCarty est très chouette, comme toute le reste de l'équipe d'ailleurs, y'a de l'humour, de l'action et tout plein de sororité. Un vrai feel-good movie à regarder en famille pour se changer les idées.

Et puis y'a aussi Chris Hemsworth (l'interprète de Thor dans les Marvel) qui joue Kevin, le secrétaire beau gosse et demeuré, et c'est à hurler de rire.

Ghostbusters 2016, parce que parfois les madeleines vintage sont toutes rancies et il faut savoir les bazarder à la poubelle, un film à partager avec les enfants dès 8 ans.

dimanche 19 avril 2020

Isabella Bird, Femme exploratrice

Henrietta, ma chère petite soeur, 
à l'heure où je t'écris je voyage dans cet étrange pays
qu'on appelle ''Le Japon"...

En mai 1878, Isabella Bird, aventurière britannique ayant déjà publié les récits de ses voyages aux États-Unis, en Australie et à Hawai, arrive au Japon pour un périple de plusieurs mois. Son objectif est de voyager hors des sentiers battus en direction du nord du pays, à la rencontre des populations Aïnous. Accompagnée d'Ito, son guide interprète taiseux mais plein de ressources, notre exploratrice n'est pas au bout de ses surprises.

Librement inspirée des lettres écrites par la vrai Isabella Bird à sa soeur, cette série de manga atypique nous emmène à la découverte du Japon de l'ère Meiji et joue astucieusement sur deux niveaux d'étonnement. Celui d'Isabella face à un pays dont elle ignore tout, mais aussi celui des populations locales face à cette étrangère qui voyage seule. L'héroïne enthousiaste, résolue mais aussi souvent naïve forme également un très beau duo avec Ito, dont la personnalité est nettement plus réservée. Les graphismes reprennent les codes du manga classique, mais intègrent également des images inspirées des illustrations japonaises de l'époque, ce qui renforce le côté immersif du récit.

Isabella Bird, Femme exploratrice, de Taiga Sassa, un héroïne étonnante et un voyage trépidant à découvrir dès 10 ans.
(série en cours, 5 tomes parus à ce jour)


mercredi 15 avril 2020

Monty Python : Sacré Graal !

En 1975 une bande de joyeux trublions d'outre-Manche portant l'improbable nom de Monty Python sortait un film désormais culte, Sacré Graal !, où ils donnaient leur vision de la légende arthurienne.

Et c'était pas triste.

Sacré Graal ! c'est vraiment le tout premier film qui m'a fait éclater de rire sur mon canapé. Pendant la semaine qui a suivi le premier visionnage, j'étais incapable de seulement penser à la phrase Fetchez la vache ! sans pouffer de rire. Et plus de 20 ans après ça me fait toujours autant d'effet.

Alors que le film fête ses 45 ans, sur Super Chouette on s'est logiquement demandé si le chevalier bagarreur, les Français teigneux, les hirondelles africaines et les lapins tueurs pouvaient encore amuser les enfants du 21ème siècle et la réponse est un grand OUI.

Ici nos filles (6, 9 et 12 ans) ont commencé à éclater de rire dès les premières minutes et le générique d'ouverture sans queue ni tête, après quoi ça a été un continuum jusqu'à la fin du film. Bien sur je recommande fortement le visionnage en VO sous-titrée, quitte à expliquer certaines blagues aux jeunes spectateur·rice·s qui auraient encore du mal à suivre les sous-titres. De toute façon le film contient des tonnes de gags visuels qui pourront les faire rire même sans suivre les dialogues. Et comme ça il·elle·s auront aussi la joie de découvrir de nouvelles blagues à chaque fois que vous le re-re-regarderez ensemble !

Monty Python : Sacré Graal !, le film le plus drôle de l'histoire du cinéma, à faire découvrir à ses enfants dès 6 ans.

PS : Et après ça, si vous cherchez encore comment passer le temps pendant le confinement vous pouvez bien sur embrayer sur l'intégrale de Kaamelott, qui est un peu la fille spirituelle, mais bien française, de Sacré Graal !, et qui marche très bien avec les enfants (et les 4 premiers livres sont visibles gratuitement en replay ici)

 

dimanche 12 avril 2020

La bonne aventure

Ombline partage ses journées entre la bibliothèque où elle travaille et un appartement au sixième étage où elle vit seule avec deux perruches.

Pierre, artiste lunaire, vit quant à lui au cinquième étage, en tête à tête avec son grand-père empaillé (dit comme ça c'est assez glauque, mais en fait ça va, même si c'est pas trop la fête hein).

Ces deux là sombrent chacun de leur côté dans la solitude et la mélancolie et on se demande bien ce qui leur permettra un jour de refaire surface.

Quand j'ai emprunté La bonne aventure à la médiathèque, un peu au hasard sur la base d'une jolie couverture et d'une présentation en quatrième de couverture assez évasive, j'attendais un roman d'aventures dans un Paris dystopique du genre de Larispem.

Que nenni.

En fait j'ai bien eu Larispem pour la ville toute d'acier et de zinc, mais croisée avec Amélie Poulain et l'Écume des jours pour la poésie. En fin de compte, le roman propose un récit envoutant et onirique qui nous invite à une aventure toute intérieure. L'histoire est parfaitement portée par une écriture fluide et délicate qui rend le livre difficile à poser une fois que l'on a commencé sa lecture. Si bien que même l'ado, d'ordinaire seulement intéressée par les seuls récits de Baston et Dragons, a été finalement touchée par ce drôle de roman inattendu et ses deux héros tout cabossés du dedans.

La bonne aventure, de Fabrice Colin, un voyage intérieur à entreprendre dès 13 ans.

mercredi 8 avril 2020

50 nuances d'Austen


(oui, oui, je vous rassure, on est toujours sur un blog jeunesse !)

En septembre dernier, les éditions Soleil ont sorti le premier tome d'une version en bande dessinée d'Orgueil et Préjugés. Celle-ci a énormément plu à fille n°2 (10 ans), si bien qu'on a discuté du roman et que je lui ai finalement proposé de regarder son adaptation filmée (la version de 2005 avec Keira Knightley). 

Et c'est là que j'ai réalisé que le film était parfaitement adapté à un jeune public. Il y a des personnages hauts en couleur, des rebondissements, et même si parfois les dialogues sont un peu trop alambiqués pour les enfants, ils contiennent un certain nombre de vacheries qui ont réjoui les 3 filles de la maisonnée...

Bref, voici un petit post Jane Austen pour les nuls, afin de faire découvrir la plus fabuleuse des autrices anglaises à votre progéniture avant même qu'elle puisse s'attaquer aux romans !
  • Les cinq filles de Mrs Bennet, le premier tome de la version BD par Aurore au dessin et à l'adaptation du scénario (on attend la suite avec hâte !). Notez qu'il existe également une version manga du roman mais je ne l'ai pas encore lue (mais c'est aussi une piste intéressante).
  • Pride & Prejudice, le film de 2005. Une adaptation cinéma très élégante avec Keira Knightley tout en délicatesse dans le rôle de Lizzie.
  • Bride & Prejudice (mal traduit en France par Coup de foudre à Bollywood), une adaptation à la sauce indienne de 2004, avec la sublime Aishwarya Rai. Si vous voulez une version un peu plus péchue et chantante (par contre on perd en subtilité, c'est sur)
  • Pour les inconditionnel·le·s du roman il y a aussi l'adaptation culte en mini-série de 6 épisodes de la BBC, avec Colin Firth juste parfait en Mr. Darcy. Alors que les films sont accessibles dès 7-8 ans, là je pense que ce sera difficile à montrer avant le collège. Mais ça peut être une très bonne façon de faire travailler leur anglais à vos ados...
  • Et si vos enfants mordent à l'hameçon et en redemandent, n'hésitez pas à enchaîner avec l'adaptation filmée de Sense & Sensibility (Raison et Sentiments) de Ang Lee avec son casting 3 étoiles (Emma Thompson, Hugh Grant, Alan Severus Snape Rickman et une toute jeune Kate Winslet), qui est également parfaitement adaptée aux plus jeunes (à partir de 8 ans quoi).