dimanche 9 décembre 2018

La mythologie en BD/ Médée

Fille n°2 est tombée dans la marmite de la mythologie grecque grâce à sa maîtresse de CM1 qui leur lit le Feuilleton d'Hermes en classe, et du coup elle dévore tout ce qui a trait au sujet. 

C'est donc à sa demande que cette semaine on va parler de la Mythologie en BD, chouette série qui revisite les mythes (grecs, mais pas que, on y trouve également un tome sur Isis et Osiris), en bande dessinée. C'est vivant et ludique, on y apprend plein de choses, et pour les petit·e·s curieux·ses qui veulent toujours en savoir plus, on trouve à la fin de chaque album des pages documentaires et/ou un glossaire qui permettent de mieux situer l'environnement des héros (comme par exemple le périple des vaillants argonautes).

Cette série étant destinée aux 8-11 ans, elle reste assez pudique sur les aspects les plus sanglants des mythes grecs. Le récit sur Jason et la toison d'or s'achève par exemple sur l'installation de Jason sur le trône et ne dit rien du meurtre de Pélias (hyper gore) et du drame de Médée. 

Pour les plus grands (fin de collège on va dire, dans notre médiathèque elle est rangée au département adultes) qui ont le coeur bien accroché, je recommande donc la série Médée (également publiée chez Casterman), qui reprend le récit de la toison d'or mais vu par les yeux de la magicienne maudite. 

On y découvre des personnages complexes et passionnants, dans un univers sombre, d'une grande violence, mais magnifiquement mis en images par Nançy Peña. Pour le moment la série en est à trois tomes publiés sur les quatre prévus et rend parfaitement compte de l'idée même de tragédie grecque. À savoir que l'irréparable n'a pas été encore commis par l'héroïne, mais que l'on s'en approche inexorablement. On sait dès de départ qu'il n'y aura pas Happy Ending à la clé pour Médée, et pourtant, on a terriblement envie de connaître la suite du récit.

La Mythologie en BD, une série qui fait voyager, à partir de 8 ans.

Médée, de Nancy Peña et Blandine le Callet, une héroïne envoûtante à découvrir à partir de 13 ans.


dimanche 2 décembre 2018

Brexit Romance

Juillet 2017, dans une Angleterre post-référendum la jeunesse londonienne cosmopolite organise la résistance. Celle-ci prend la forme d'une start-up secrète, Brexit Romance, destinée à mettre en place des mariages blancs entre jeunes Britanniques bien décidés à rester européens et continentaux attirés par le British way of life. À l'origine de ce plan sans faille (ou presque) il y a Justine et Matt, deux jumeaux british, qui vont croiser la route des français Marguerite, une jeune soprano romantique, et Pierre, son professeur de chant un brin psychorigide.

Et ce qui s'ensuit est un marivaudage délicieux, une cavalcade à travers l'Angleterre et au final un foutoir sans nom. Mais entre temps on aura bien rigolé, et aussi bu une quantité considérable de thé.

On attendait Clémentine Beauvais au tournant après les remarquables Petites Reines et Songe à la douceur. Étonnamment, Brexit Romance ne ressemble en rien à ses glorieux prédécesseurs, mais il n'aurait pu être écrit par personne d'autre. Car il conjugue une vivacité d'esprit réjouissante et une connaissance pointue de la culture et de la langue anglaise (l'autrice vit et travaille au Royaume-Uni depuis près de dix ans et a déjà publié des livre jeunesse écrits directement en anglais) que l'on ne pourrait trouver nulle part ailleurs.

Il en résulte un roman d'une richesse incroyable, qui joue brillamment de l'entrelacement entre deux langues, regorge de références à la littérature anglaise, et aborde avec finesse une multitude de sujets (entre deux scones on y parle notamment politique et lutte des classes avec beaucoup d'intelligence). Si l'ensemble est effectivement accessible aux collégiens (l'éditeur indique à partir de 13 ans), il réjouira plus encore les lycéens et plus généralement tous les anglophiles indépendamment de leur âge (moi je l'ai fait lire à ma maman et elle a beaucoup aimé).

Brexit Romance, de Clémentine Beauvais, une épatante virée outre-Manche, à entreprendre dès 15 ans.

dimanche 25 novembre 2018

Les Campbell

Cette semaine on continue dans la thématique piratesque, et on fait la connaissance des Campbell.

Dans la famille Campbell, on est pirate de père en fille. Le père justement, Campbell junior, est veuf et retiré des affaires. Sur une île reculée des Caraïbes il élève seul ses deux filles depuis la mort de leur mère. Les filles, ce sont Genova, l'adolescente mal dans sa peau, et Ithaca, la piratesse intrépide bien que haute comme trois pommes. Mais sur ce trio paisible plane l'ombre de Campbell senior, frère aîné et ancien partenaire de junior, aujourd'hui passé du côté obscur de la piraterie (à savoir qu'il est désormais devenu un sujet respectable de la couronne d'Angleterre, quelle déchéance ma bonne dame !) et hanté par la disparition tragique de Fanny (la mère des filles)...

Ici toute la famille a été conquise par cette série (désormais achevée) de bandes-dessinées qui reprend avec brio les codes du récit de pirates (avec aventures, trésors cachés et batailles navales au programme), tout en y insufflant une bonne dose d'humour et en faisant la part belle à de chouette personnages féminins, dont Fanny, sans doute la plus grande pirate qui écuma jamais les océans. À cela s'ajoute un beau portrait de père en la figure de Campbell junior, qui vient former une sacrée équipe avec sa progéniture.

Les Campbell, de Jose Luis Munuera, des aventures à vivre en famille à partir de 8 ans.





dimanche 18 novembre 2018

Jamaica

Fin du XVIIème siècle, la Jamaïque, Henry Morgan, fameux pirate désormais rangé des galions et devenu gouverneur, invite ses ancien·e·s collègues à une grande course autour de l'île.

Jamaica est donc une course entre bateaux où il vous faudra arriver avant les autres, certes, mais également gérer judicieusement vos ressources. À chaque tour, vous avez le choix entre diverses actions, se déplacer, charger de l'or, de la poudre ou de la nourriture à bord (ou en jeter, si toutes les cales sont pleines), attaquer un autre navire (parce que zut, on est des pirates tout de même !). Il peut aussi être parfois opportun de faire un petit détour pour récupérer un trésor caché sur une île avoisinante, car la quantité d'or chargée à bord de votre bateau vous apportera également des points de victoire. Globalement, les règles sont suffisamment élaborées pour intéresser les adultes, tout en restant parfaitement abordables pour les enfants, ce qui en fait donc un excellent jeu familial.

Enfin, il faut absolument mentionner le matériel de jeu, qui est juste superbe. Que ce soit les petites figurines galion, les très belles illustrations, ou la boite relookée en coffre au trésor, tout est parfait et donne envie de se lancer immédiatement dans la course.

Jamaica, de Bruno Cathala, embarquez pour un jeu trépidant, à partir de 8 ans.


PS : Et pour les gros joueurs, une extension est disponible depuis un an.

PPS : Et bien sur comme fond sonore, on se colle la BO de Pirates des Caraïbes pour rester dans l'ambiance !

dimanche 11 novembre 2018

Orphéa Fabula et les larmes du dragon

Orphéa Fabula a 12 ans, des cheveux roses, deux petits frères jumeaux au taquet pour faire des âneries, et une grand-mère sacrément délurée. Mais sa caractéristique la plus remarquable, c'est qu'elle est également espionne, et que dans le cadre de ses missions elle est amenée à voyager dans le temps.

Après des aventures dans l'Égypte ancienne et à la cour de Louis XIV, notre agent de choc se retrouve cette fois envoyée chez les vikings. La voilà donc partie pour une aventure riche en guerriers barbus et en guerrières intrépides, et néanmoins garantie sans le moindre casque à cornes.

À la maison on a beaucoup apprécié le troisième opus de cette série de courts romans qui combine avec succès humour et action. Les aventures de cette mini-espionne de choc sont malicieusement mises en image par Miss Paty (qui était déjà aux commandes des illustrations pour la série Poules, renards, vipères) et chaque tome s'achève sur une courte présentation de l'époque et du lieu visité par Orphéa, et qui permet d'en apprendre un peu plus sur le sujet.

Orphéa Fabula, de Marie Alhinho, des cheveux roses et une héroïne par morose, à découvrir à partir de 8 ans.



PS bonus : Et si vous voulez coupler la lecture du roman avec une chouette soirée DVD en famille, je recommande Thor Ragnarok, sympathique combo super héros/humour/mythologie nordique/WTF de compétition (ET avec des guerrières super badass là aussi) et cité plusieurs fois dans le livre.

dimanche 4 novembre 2018

Pax et le petit soldat

Peter vit avec Pax, le renard apprivoisé qui a grandi à ses côtés, mais alors que la guerre est déclarée, les deux amis se retrouvent séparés par plusieurs centaines de kilomètres. La route qui leur permettra de se retrouver sera longue et semée d'embûches, et au bout du chemin nos deux héros auront beaucoup appris sur le monde et sur eux mêmes.

Le roman de cette semaine m'a été spécifiquement recommandé par fille n°1 (11 ans), qui l'a emprunté au CDI au collège, dévoré, et est ensuite directement venue m'en parler (chose assez rare, d'ordinaire c'est la croix et la bannière pour avoir son avis sur un bouquin). Manifestement elle a été beaucoup émue par ce récit d'amitié à deux voix (on suit alternativement le périple du garçon et du renard) qui ne cache rien des horreurs de la guerre. Notez que le roman est illustré par Jon Klassen, dont les images à la fois sobres et délicates accompagnent parfaitement le récit.

Pax et le petit soldat, de Sara Pennypacker, un roman émouvant à découvrir à partir de 10 ans.

dimanche 28 octobre 2018

Smallworld

Au premier abord Smallworld peut sembler un jeu de conquête territoriale classique : On incarne un peuple (humains, elfes, nains, hobbits, etc...), et l'objectif est d'engranger le maximum de points de victoire en occupant le plus de parcelles possibles sur la carte (et sans se faire déloger par les autres peuples concurrents). 

Là où ça se corse, et ce qui renouvelle agréablement le jeu par rapport à d'autres sur des thèmes similaires, ce sont les deux points suivants :

  • Chaque peuple est doté d'un pouvoir spécial (arme particulière, avantage lié à un type de territoire spécifique), qui lui est associé de manière aléatoire. Sachant qu'il y a 14 peuples et 20 pouvoirs spéciaux disponibles, le jeu peut fortement changer d'une partie à l'autre selon les duos peuple/pouvoir qui seront tirés. Et si vous veniez finalement à bout de toutes les combinaisons, il existe encore une palanquée d'extensions disponibles.
  •  Lorsqu'un peuple a tout donné et s'avère incapable de réaliser de nouvelles conquêtes, on a la possibilité le faire entrer en déclin. C'est à dire l'abandonner comme une vieille chaussette et s'atteler au développement d'une nouvelle civilisation. On peut donc être amené à jouer 2 à 3 (voire 4) peuples par partie. Une particularité maline, qui évite les frustrations dues au fait de piocher initialement un peuple pas très intéressant. Une compétence cruciale pour les joueur·se·s sera donc de déterminer le bon moment pour lâcher son peuple et en prendre un nouveau (et donc il ne faudra pas vous attacher...)
Lors de la première ouverture de la boite on est assez impressionné·e par la richesse du matériel (forcément, 14 peuples possibles, ça fait un paquet de jetons, sans compter les accessoires liés aux pouvoirs spéciaux), mais les règles sont expliquées de manières simple et claire et le jeu s'avère au final rapidement accessible même pour des joueur·se·s inexpérimenté·e·s. On peut donc sans problème y jouer en famille avec des enfants pas forcément expert·e·s en jeu de stratégie.

Smallworld, un jeu où le monde n'est jamais assez grand, à découvrir dès 8 ans.

dimanche 21 octobre 2018

Les enquêtes d'Enola Holmes

Enola a grandi seule, et souvent livrée à elle même, avec une mère âgée et fantasque, amatrice d'aquarelle, de fleurs et de messages codées. Et voilà que le jour de son quatorzième anniversaire, par un beau matin de juillet 1888, madame mère se fait la malle sans laisser de traces. Enola doit alors faire appel à ses deux frères aînés qu'elle ne connaît qu'à peine, mais sitôt ceux-ci arrivés, ils constatent que son éducation de lady laisse grandement à désirer (la demoiselle s'y connaît plus en botanique qu'en broderie) et décident immédiatement de l'envoyer en pension.

Pas de ça pour Enola, qui décide alors de suivre l'exemple maternel (prend l'oseille et tire-toi) et de prendre la poudre d'escampette et sa vie en main par la même occasion. Cachée au sein de la métropole londonienne, Enola parviendra-t-elle à retrouver la trace de sa mère tout en échappant aux recherche des frangins bien décidés à la faire rentrer dans le rang ?

J'oubliais, le nom de famille de notre héroïne, c'est Holmes. 

Oui, comme le célèbre détective du même nom, et il semble bien que sa petite soeur n'ait rien à apprendre de son glorieux aîné en terme d'intelligence et de débrouillardise....

Tout comme Faith Sunderly ou Sally Lockhart, Enola Holmes fait partie de la grande famille des héroïnes qui doivent batailler sans relâche pour desserrer le carcan qui leur est imposé par la bonne société victorienne. Enola y parvient avec une inventivité réjouissante, devant sans cesse changer d'identité (nonne, veuve, orpheline ou lady) pour déjouer les recherches de ses frères, et résolvant un bon nombre de mystères au passage.

Cette série de romans (six au total) a été élégamment adaptée en bande dessinée (5 tomes déjà sortis) et à la maison on aime également les deux supports, avec peut être un petit faible pour les BD, à la fin desquelles on trouve un chouette carnet de notes contenant des informations sur l'univers où Enola évolue.

Les enquêtes d'Enola Holmes, des romans de Nancy Springer adaptés en bande dessinée par Serena Blasco, une chouette héroïne à suivre dès 10 ans.


(et ça c'est les couverture des romans en VO, juste pour le plaisir par ce que je les trouve magnifiques)