dimanche 19 novembre 2017

Les règles... quelle aventure !


On est est 2017, environ 50% de la population mondiale est en possession d'un utérus et est, a été, ou sera un jour concernée par les règles. Et pourtant, c'est bien la première fois que je trouve un ouvrage consacré au sujet et spécialement dédié aux jeunes adolescentes (alors qu'on parle d'un phénomène qui les touche environ 20% du temps).

Les règles... quelle aventure ! est donc un livre unique et nécessaire. Riche, rigoureux et rigolo avec ses illustrations punchy, il vient redire à ses jeunes lectrices (et lecteurs, car on ne saurait trop conseiller de le faire aussi passer aux frère, pères, cousins, amis... de l'entourage), que les règles c'est un phénomène parfaitement normal (et signe de bonne santé). Ce livre nous apprend donc tout sur les règles, leur histoire, leur origine biologique et aussi comment les gérer au quotidien, en rappelant au passage que ça n'est ni sale, ni la honte, et qu'il est temps d'en finir avec les clichés ridicules et d'écrire nos propres règles ! 

Personnellement je suis vraiment ravie qu'un tel livre existe enfin et je l'ai immédiatement offert à fille aînée (10 ans). Parce que même si elle n'est pas encore concernée, je suis heureuse de savoir que le jour venu, si elle le souhaite, elle pourra y trouver des réponses honnêtes, bienveillantes et dépourvues de clichées à toutes ses questions sur le sujet.

Les règles... quelle aventure !, d'Elise Thiebaut illustré par Mirion Malle, un livre épatant, à mettre entre toutes les mains à partir de 10 ans.

PS : Et pour lesgrand·e·s lecteur·rice·s qui souhaiteraient en savoir encore plus sur le sujet, Elise Thiebaut a également écrit Ceci est mon sang, un ouvrage adulte sur les règles.

dimanche 12 novembre 2017

Copain des geeks

La collection documentaire Copain existe chez Milan existe depuis, euh... on dira pudiquement longtemps, puisqu'enfant je lisais déjà Copain des bois. Dans ce dernier tome sorti au printemps 2017, Jean-Noël et Nathalie Lafargue invitent les jeunes lecteur·rice·s à découvrir le vaste monde du numérique en partant de l'ordinateur et en rayonnant ensuite vers les périphériques associés et les logiciels, pour finir avec l'internet et un passage par la culture geek. C'est le premier ouvrage jeunesse que je rencontre sur cette thématique et c'est un vrai coup de maître.

L'ensemble est remarquablement complet et parfaitement pédagogique. Le livre propose notamment de nombreux tutoriaux permettant de passer à l'action avec des logiciels libres ou gratuits soigneusement répertoriés en début d'ouvrage. Pour dire les choses simplement, chez nous fille aînée a reçu ce livre au début de l'été, juste avant sa rentrée en 6ème, et elle ne le quitte plus depuis. Plus généralement c'est vraiment un bouquin parfait pour préparer une entrée au collège et je pense qu'il conviendrait aussi très bien à des adultes souhaitant se familiariser un peu plus avec le monde du numérique (genre les grands-parents de vos collégien·ne·s).

Dernier point positif (et pas des moindre), j'ai déjà souligné l'importance accordée à la diversité des représentations dans les albums de chez Milan. C'est également le cas dans Copain des geeks, et on appréciera tout particulièrement l'égale représentation des filles et des garçons au fil des pages. Ainsi, le cahier pratique en fin de livre qui présente les métiers associés au numérique prend bien soin de nous parler autant de Gabriel le game designer que de Blanche la développeuse informatique. Un choix appréciable qui vient tordre le cou aux clichés genrés associés au numérique.

Copain de Geeks, par Nathalie et Jean-Noël Lafargue, judicieusement illustré par Manu Callejon, un ouvrage sur le numérique vraiment pour tous de 9 à 99 ans.


dimanche 5 novembre 2017

Les mondes invisibles des animaux microscopiques

Venez donc regarder de plus près sur notre peau, entre les grains de sable, sur la taie d'oreiller, dans une touffe de mousse ou un recoin de la cuisine !

Partout, ça grouille d'une nuée d'animaux microscopiques, et cet album nous invite à faire leur connaissance via des grandes doubles pages (qui sont des agrandissement d'échantillons d'à peine quelques millimètres) sur lesquelles fourmille tout un petit peuple d'animaux dont on préfèrerait parfois ignorer l'existence. Happé.e.s par les superbes illustrations d'Hélène Rajcak (dont on avait déjà apprécié le magnifique Animalia), on se retrouve captivé.e.s par ces univers microscopique, un peu entre dégoût et fascination il faut bien le dire.

La ballade se conclut par un lexique et une brève histoire de la microscopie qui permettent d'en savoir un peu plus sur les drôles de bestioles présentées dans l'album.  Et une fois celui-ci refermé, vous pourrez au choix vous faire offrir un microscope à Noël afin de poursuivre vos explorations, ou bien faire bouillir vos draps à 90°C, empoigner l'aspirateur pour récurer à fond la cuisine et ainsi évacuer la vision de l'enfer offerte par les pages 12 et 16 (je suis encore hantée par le gros plan sur la taie d'oreiller couverte d'acariens, rien que d'écrire ces lignes ça me donne envie envie de ressortir mon flacon d'eau de Javel).

Les mondes invisibles des animaux microscopiques, par Hélène Rajcak et Damien Laverdunt, embarquez pour un voyage passionnant (mais parfois éprouvant) à partir de 9 ans.

Et parce que les enfants n'ont peur de rien (eux), l'album s'est vu décerner (à très juste titre) le Prix Goût des Sciences du livre scientifique jeunesse 2017 par un jury de collégiens.

dimanche 29 octobre 2017

Mysterium


Nous sommes dans les années 20, au coeur de la lande écossaise, médium de renom, vous venez d'être invité·e au manoir de lord MacDowell pour élucider un assassinat vieux de cinquante ans. Il va donc falloir établir le contact avec le fantôme de la victime, et surtout réussir à interpréter les visions qu'il va vous envoyer pour enfin identifier le ou la coupable, ainsi que les circonstances du crime.


Jeu atypique, Mysterium est une sorte de croisement entre un Cluedo et Dixit. Il faut donc trouver un·e meurtrier·e, un lieu et une arme. Mais au lieu de traîner ses basques d'une pièce à l'autre en faisant des propositions au hasard, on s'appuie sur les visions transmises par le fantôme qui sont parfois sacrément cryptiques (il faut dire aussi que le pauvre fait ce qu'il peut avec ce qu'il a dans sa main). Personnellement je n'aime pas le Cluedo, mais j'adore Dixit et j'adore tout autant Mysterium, qui a d'ailleurs été adopté par tous les enfants de la famille (même celles n'ayant officiellement pas l'âge requis pour y jouer). Malgré son thème quelque peu anxiogène (et néanmoins parfait pour Halloween), Mysterium est donc un excellent jeu familial, d'autant qu'il est coopératif et que les participant·e·s sont donc incité·e·s à dialoguer et échanger leurs impressions durant les parties (dont la durée est limitée, un autre bon point qu'il convient de souligner). 

Ma seule recommandation serait de réserver le rôle du fantôme à un·e joueur·se expérimenté·e. Chez nous tout le monde veut toujours faire le fantôme, mais force est de constater que quand c'est la petite dernière qui s'y colle, les explications derrière ses visions sont particulièrement tarabiscotées et ça complique notoirement la donne. Remarquez on peut aussi voir ça comme une façon de pimenter le jeu, celui-ci changeant pas mal de style selon qu'on joue avec un fantôme de 40 ou de 8 ans...

Enfin, il faut également mentionner que le matériel est magnifique, avec des illustrations gothiques à souhait et très riches (pour permettre de multiples associations d'idées avec les visions) qui viennent parfaitement servir la thématique du jeu.

Mystérium, une histoire de fantôme qui va vous hanter, pour les détectives en herbe à partir de 10 ans (bon, et avant aussi, faudra juste un peu adapter).


En fait c'était l'institutrice dans la salle de bains avec une machine à écrire qui avait fait le coup.
Ben amuse toi bien pour faire deviner ça tiens...

dimanche 22 octobre 2017

Princesse Sara

Dans les parents lecteurs de ce blog, je pense qu'on est nombreux.ses à avoir été biberonné.e.s à Princesse Sara, la petite fille qui savait rester digne et courageuse dans l'adversité, que ce soit via le roman original de Frances Hodgson Burnett, ou/et surtout via la série animée japonaise diffusée sur les écrans français dans les années 80.

Bon, soyons franc.he.s, quand les filles m'ont ramené de la médiathèque les premiers tomes de l'adaptation en BD de la série, je craignais un peu le pire :
  • De une, parce que les récits du style Contre mauvaise fortune bon coeur à destination des petites filles pour bien leur faire accepter leur destin (moisi) avec le sourire, c'est moyennement ma came.
  • Et de deux, parce que l'univers Manga/Steampunk/Girly dans lequel la série a été transposée me laissait un peu perplexe.
Et puis, d'épisode en épisode, il faut bien admettre que tou.te.s les membres de la maisonnée (papa compris) sont progressivement tombé.e.s sous le charme. Déjà parce que sur le plan visuel le style du dessin est très riche (avec un travail impressionnant sur la garde-robe des personnages et les automates omniprésents dans le récit). Et puis surtout, parce qu'à partir du tome 5, Sara et sa bande de potes sont désormais adultes, ce qui permet de faire gagner de la profondeur aux personnages. Notre héroïne se mue en ingénieure mécanicienne de génie qui sait mener sa barque comme elle l'entend, et on a même la joie de retrouver l'horrible Lavinia, devenue une adorable peste attachiante à souhait. 

Bref les autrices ont su faire grandir la série avec talent, et celle-ci a définitivement quitté les rivages de Culculland pour un univers plus sombre et qui s'apparente plus à Jules Verne (d'ailleurs remercié en ouverture du tome 10) qu'à Candy.

Princesse Sara, d'Audrey Alwett, Nora Moretti et Marina Duclos, une série beaucoup plus jolie, à découvrir à partir de 7 ans.

Et puis franchement, une série dont la couverture cite le My Fair Lady de Cukor ne peut fondamentalement pas être mauvaise.

dimanche 15 octobre 2017

Baccade

Baccade c'est un jeu de cartes où il va vous falloir rassembler de charmants cochonnets dodus à souhait et de jolies patates tout aussi sympathiques.

En première approximation Baccade pourrait donc passer pour un bête jeu des 7 familles, mais que nenni ! D'une part on a le droit de panacher sa famille, moitié cochons-moitié patates, et d'autre part, des cartes spéciales vont venir chambouler la partie en cours.

Au final, Baccade vient donc ajouter un peu de peps dans un jeu (les 7 familles donc) qui me fait d'ordinaire mourir d'ennui, permet de passer un chouette moment avec vos plus jeunes joueurs, et cerise sur la soupière, les illustrations sur les cartes sont absolument ravissantes. Tout cela en fait un petit classique qui aura toute sa place dans votre sac de voyage avec les nains.

Baccade, un jeu pour grogner de plaisir à partir de 5 ans.


dimanche 8 octobre 2017

Super Sauvage (Histoire d'un bichon libre)


Pipo est un joli bichon blanc, un mignon toutou, un tout petit chouchou à sa maman. Mais Pipo a aussi sa dignité. Alors quand sa maîtresse envisage de l'envoyer au salon de coiffure, sa décision est prise.

Pipo se casse.

À lui la liberté et les grands espaces, Pipo veut redevenir sauvage, et je dirais même plus, SUPER sauvage.

Enfin bon, la liberté c'est bien beau, mais c'est pas du gâteau. Heureusement, la route de Pipo va croiser celle d'Attila, un chat qui s'y connait en sauvagerie et saura le guider sur le chemin de la liberté.

Ou pas

Super Sauvage, c'est l'histoire d'une émancipation à hauteur de bichon, avec en accompagnement une super bande-son, et qui remplit à merveille le programme inscrit sur la couverture de l'album, Ukulélé, Aventure & Rock'n'roll, yeah baby !

Super Sauvage, de Dorothée de Monfreid avec des musiques de Tony Truant, un album super attachant à partir de 5 ans.
(que limite à la fin j'avais trop envie d'adopter un bichon tout choupi alors qu'en vrai j'aime même pas les chiens, c'est dire)

dimanche 1 octobre 2017

Dad

Après la délicieuse Mamette, qui faisait déjà la joie de Superchouette, son auteur Nob a décidé de changer de génération avec la série Dad, qui se penche sur la vie quotidienne d'une père célibataire. 

Ancien beau gosse désormais rangé des voitures, Dad s'occupe des ses quatre filles nées de quatre mères différentes : Pandora la toujours sérieuse, Ondine qui brise les coeurs au collège, Roxane la sportive et Bébérénice l'adorable bout de chou. La série chronique avec beaucoup de délicatesse l'ensemble des petits moments qui font la vie d'un parent, que ce soit les instants de complicité tendres, comme les remarques vachardes que notre progéniture est capable de balancer l'air de rien. 

La série est aussi un portrait de père atypique dans la BD, où les stéréotypes de genre ont encore la vie dure, notamment quand il s'agit de montrer des pères en costard qui rentrent claqués du boulot et des mères l'aspirateur à la main (oui, Boule & Bill et Cédric, c'est bien à vous que je pense !). Dad est d'ailleurs à ma connaissance la seule série qui montre avec tant de détails l'ensemble des tâches associées à la vie de parent au foyer (ménage, linge, courses, cuisine etc...) et qui sont d'ordinaire complètement invisibilisées. Je ne dis pas que vos enfants prendront soudainement conscience du boulot que vous abattez à la maison en lisant un album, mais ça peut toujours servir de point de départ à une saine discussion le jour où ils hurleront une fois de plus à l'esclavage parce que vous leur aurez demandé de mettre la table (ben quoi, on peut toujours rêver non ?)

Dad, de Nob, une très belle série sur la vie de famille à partir de 7 ans.