dimanche 17 juin 2018

Codenames


Les membres les plus agé·e·s du lectorat de ce blog se souviennent peut-être de feu Pyramide, jeu télévisé où il fallait faire deviner à un·e coéquipier·e un mot à l'aide d'un seul autre. 

Codenames reprend ce principe de base en vous faisant incarner une équipe d'espion·ne·s, sauf que cette fois c'est toute une série de mots (8 à 9) qu'il vous faudra deviner, et qu'il faudra y parvenir avant que l'équipe adverse ne complète sa propre mission.


La subtilité, c'est donc que vous allez pouvoir faire deviner plusieurs mots d'un coup à vos partenaires, un exemple en image :

Disons que sur ce jeu là, il vous faut faire deviner Licorne et Magie

Vous pouvez alors tenter l'indice suivant : Fantastique, 2 
(le 2 indiquant le nombre de mots concernés par votre indice) 

Il faudra cependant espérer que votre partenaire ne réponde pas Ange (ben quoi ? ça colle avec l'indice aussi !), auquel cas vous perdez la main et c'est au tour de l'adversaire de jouer.

La difficulté consiste donc à bien peser les risques, en essayant de faire deviner un seul (mais c'est plus lent) ou plusieurs (mais c'est plus dangereux) mots à la fois.

Le jeu est très rapide à prendre en main et à mettre en place, avec des petites parties rapides (15 minutes) mais que l'on a très vite envie d'enchaîner une fois qu'on a compris le principe.

Codenames, un jeu malin pour se triturer les méninges, à partir de, euh... 

Alors ça c'est une bonne question. L'éditeur dit 14 ans, Martin Vidberg (dont j'apprécie beaucoup les avis éclairés) dit plutôt 12 ans, moi j'ai vu des joueurs expérimentés de 9 ans très bien s'en sortir. 

Donc là ça va vraiment dépendre de vos petits joueurs maison et de leur familiarité avec les jeux de vocabulaire. Mais vous pouvez aussi faire des équipes familiales alliant enfants et adultes et dans ce cas je pense que le jeu est accessible dès 8 ans.


dimanche 10 juin 2018

Les incroyables rencontres de Jo

Jo est un petit garçon ordinaire qui vit à Olympeville, où le sport est roi. Chacune de ses aventures nous conte une rencontre avec un·e enfant qui deviendra plus tard un·e grand·e champion·ne olympique.

Moi qui suis une non sportive pratiquante, je dois dire que j'ai vraiment beaucoup apprécié cette série de petits romans écrits par Astrid Guyart, qui est elle même escrimeuse olympique (du coup je dois remercier au passage l'éditeur pour cette jolie découverte, parce qu'à la base je ne me serais jamais penchée spontanément sur ces livres). 

Jo n'est pas un chef ou un sportif accompli. C'est un petit garçon avec ses faiblesses et ses défauts, et c'est ce qui le rend vraiment attachant. Mais il a comme grande qualité d'être ouvert et à l'écoute des autres, ce qui va lui permettre d'apprendre beaucoup des enfants dont il croisera la route. Cette série va donc bien au delà d'une vision simpliste du sport, qui tournerait entièrement autour de la performance et de la simple force physique, et nous parle aussi de solidarité, de persévérance ou de stratégie. Chaque ouvrage est complétée par un petit carnet qui nous présente plus en détail la discipline abordée dans le roman et l'athlète qui l'a inspiré. Enfin, cerise sur la gâteau, les quatre tomes actuels de la série sont parfaitement paritaires, avec deux sportives et deux sportifs mis à l'honneur, et pourront donc être appréciés de toutes et de tous.

Les incroyables rencontres de Jo, d'Astrid Guyart et illustrés par Olivier Loyen, de très chouettes premiers romans, pour tou·te·s les sportif·ve·s en herbe à partir de 7 ans.


dimanche 3 juin 2018

Merveilleux voisins

Dans ce quartier de moutons au quotidien bien moutonnier, il faut le dire franchement, on se fait un peu ch***.

Ici tout est gris, du bitume des trottoirs au zinc des toitures, gris et uniforme comme la population ovine, qui semble pourtant s'accommoder de cette vie tristounette.

Et puis au fils des saisons les choses vont doucement changer. Loups, vaches, cigognes, cochons, singes ou éléphants viennent s'installer dans le quartier, et cette diversité insuffle une nouvelle vie  à ces deux immeubles où tout tournait au ralenti.

À travers le regard d'un mouton moins pantouflard que ses semblables, ce très bel album nous conte le passage du gris à la couleur d'un quartier endormi qui se voit ainsi renaître grâce à une population bariolée. Cette fable sur la tolérance et l'ouverture aux autres est magnifiquement servie par des illustrations riches et joyeuses, où chaque double page montre une étape supplémentaire dans le retour à la vie des immeubles où loge notre héros. C'est typiquement le genre d'ouvrage que l'on peut relire encore et encore en y découvrant à chaque fois des nouveautés, tant chaque page regorge de petits détails.

Merveilleux voisins, d'Hélène Lasserre et Gilles Bonotaux, un album où l'on a envie de poser ses malles, à explorer à partir de 6 ans.


mercredi 30 mai 2018

Entre

Ce mercredi on va parler d'un objet culturel un peu atypique sur ce blog, à savoir un podcast.

Chaque mercredi, sous la forme d'une courte pastille d'une dizaine de minutes maximum, Entre donne la parole à Justine, une pré-adolescente entrée en sixième en septembre dernier.

Justine nous parle de ses parents (séparés), de la vie au collège (pas toujours facile), des ses amours (compliquées). Sa voix est juste, drôle et touchante, et chez nous, tout le monde a adopté Justine. Au point que Entre est désormais un incontournable rendez-vous familial hebdomadaire. Tous les mercredis après dîner, on se réunit dans le salon pour écouter le nouvel épisode de la semaine. Et après on discute longuement avec fille aînée (en sixième elle aussi) et ses soeurs, en comparant le vécu de Justine et le leur. Cette émission est devenue notre porte d'entrée vers l'adolescence et un très chouette moment de partage avec les enfants.

Entre, un podcast de Charlotte Pudlowski produit par Louis Media, quelques minutes de délicatesse à partager tous les mercredis avec ses adolescent·e·s.



PS : Et si les aventures de Justine vous plaisent autant qu'à nous, il vous reste encore 2 jours (!) pour participer au crowdfunding lancé par Louie Media et soutenir ce super chouette studio !

dimanche 27 mai 2018

Poules, renards, vipères


Une île, trois peuples, à la fois proies d'une part et prédateurs de l'autre, un équilibre fragile.

Ce postulat bien connu des cours de récré (et d'un chouette jeu de carte) est le point de départ d'une trilogie qui va voir la formation d'une amitié atypique entre Albin le poussin courageux, Zora la renarde intrépide, et Célis le vipéreau discret. Ces trois héros vont découvrir qu'une double menace, écologique et politique, plane sur toute la population de l'île, et que la survie des trois peuples repose sur leur capacité à s'unir et à collaborer. Dans cette aventure pleine de rebondissements, notre trio recevra le soutien d'une belle galerie de personnages à plumes, à poil ou à écailles, et chacun devra apprendre à surmonter ses peurs et dépasser ses préjugés.

Voilà une très chouette série à la fois appréciée par n°1 (11 ans) et n°2 (8 ans), qui s'étaient jetées sur les deux premiers tomes (sortis à l'automne et en janvier dernier) et me réclamaient avec impatience le troisième. Celui-ci vient de sortir et elles ont fait main basse dessus sitôt qu'il avait passé notre porte d'entrée. Maintenant que j'ai enfin pu le récupérer, je confirme qu'il est parfaitement à la hauteur de ses prédécesseurs et cloture en beauté cette trilogie animalière.

Poules, renards, vipères, une série de Paul Ivoire, et très joliment illustrée par Miss Paty, trois tomes à dévorer dès 8 ans.


 
En plus ils ont fait un trailer en mode Game of Thrones pour la série.
Si c'est pas la classitude ultime ça ? 

dimanche 20 mai 2018

La tribu qui pue

Planquée au coeur de la forêt, vit la Tribu-qui-pue, joyeuse commune autogérée d'enfants vivants à poil, où les plus grands prennent soin des plus petits, où on s'allie aux animaux et on apprend à lire sur les emballages jetés par ces crados d'adultes dans la rivière.

Et où on ne se lave pas aussi. Mais bon, comme les animaux chlinguent tout autant c'est pas bien grave.

Mais la Tribu-qui-pue n'a pas toujours été tranquille. Il y a quatre ans elle a du déjouer les plans machiavéliques d'Yvonne Carré, directrice d'orphelinat psychorigide et bien décidée à nettoyer cette bande de petits sauvageons au karcher. C'était sans compter sur le courage et la vivacité de la cheffe de tribu, Fanette Ducoup, petite par la taille, grande par la bravoure, qui a su tirer ses congénères d'affaire. 

Voilà un énorme coup de coeur pour toute la famille. Non seulement l'album a été immédiatement adopté à la maison par toute la smala (qui pue, un peu, parfois). Mais fille n°2 (8 ans) s'est également empressée de le faire découvrir à ses copains. Comment résister à cette histoire d'apprentis zadistes qui fouettent, certes, mais aussi qui fleurent bon la liberté, avec un texte formidablement servi par les dessins pleins de fantaisie de Magali Le Huche (avec une mention spéciale à Robert, le poney arc-en-ciel).

La Tribu-qui-pue, d'Élise Gravel et Magali Le Huche, un album libérateur à dévorer dès 6 ans.


dimanche 13 mai 2018

L'étrange vie de Nobody Owens

Nobody (on dit Bod) Owens a été recueilli bébé par un couple de fantômes, après que sa famille a été exterminée par assassin mystérieux. Il va donc grandir dans l'enceinte d'un cimetière à l'abandon, dont il a été nommé citoyen libre, ce qui lui permet d'y déambuler à sa guise et d'explorer des lieux interdits au commun des mortels.

C'est peu dire que l'enfance de Nobody Owens ne va ressembler à aucune autre.

Le titre original de ce roman de Neil Gaiman c'est The graveyard book, Le livre du cimetière, qui vient faire référence à cet autre classique de l'enfance déracinée qu'est le Livre de la jungle. Là aussi, on va retrouver une galerie de personnages hauts en couleurs, fantômes aux principes éducatifs un peu vintage, loup-garou, goules ou sorcières, et un univers fantasque où rode sans-cesse le danger. Chapitre après chapitre, le roman voit grandir son héros jusqu'à son passage à l'âge adulte et son retour chez les vivants.

J'étais déjà une grande fan des romans adultes de Gaiman, mais sa production jeunesse me laissait jusque là plus perplexe. Il faut dire que fille aînée avait été durablement traumatisée après avoir vu Coraline au cinéma avec sa classe de CE1 (pour info, tout magnifique dessin-animé qu'il soit, Coraline n'est PAS un film adapté à des enfants de 7 ans). 5 ans plus tard la voilà remise de ses émotions et elle a beaucoup aimé ce beau roman mélancolique, où l'inquiétante étrangeté typique du style de Gaiman fait merveille.

L'étrange vie de Nobody Owens, de Neil Gaiman un drôle de roman envoutant à découvrir dès 11 ans.

dimanche 6 mai 2018

Sherlock, Lupin et moi

Août 1870, Irène Adler, jeune fille de bonne famille de 12 ans, est en vacances à Saint Malo avec sa mère, et ça craint. Il faut dire aussi que pour cette ado au caractère bien trempé, les conventions sociales auxquelles elle est tenue de s'astreindre sont une plaie. Heureusement pour elle, notre héroïne va bientôt faire la connaissance de deux garçons aussi vifs d'esprit que différents de caractère, et qui répondent au doux noms de Sherlock Holmes et Arsène Lupin. Les aventures de notre trio d'enquêteurs juniors ne font alors que commencer...

Cette jolie série de romans s'appuie sur le récit à la première personne d'Irène (un personnage féminin que l'on peut rencontrer dans les aventures de Sherlock Holmes), qui nous permet de découvrir une autre facette de ces deux monstres sacrés du roman policier que sont Holmes et Lupin. On suit donc avec plaisir les péripéties de nos détectives en culottes courtes, qui vont nous emmener de la Bretagne à Londres au cours de quatre aventures pleines de rebondissement.

Bien que parsemés de clins d'oeil aux séries mères, les romans sont parfaitement accessibles aux lecteurs n'ayant encore jamais rencontré les personnages d'Holmes et de Lupin. Ils constituent même une porte d'entrée parfaite pour découvrir ensuite les aventures du génial détective et du gentleman cambrioleur une fois ceux-ci devenus adultes. Petite cerise sur le gâteau, l'édition française de la série est particulièrement soignée, avec des très belles illustrations délicieusement rétros de Iacopo Bruno en couverture (première et quatrième) et en ouverture de chaque chapitre

Sherlock, Lupin et moi, par Irène Adler (ou plutôt Pierdomenico Baccalario et Alessandro Gatti), une série trépidante à découvrir dès 10 ans.