samedi 1 juillet 2017

Summer of Siouperchouette

C'est reparti pour nos deux mois de congés annuels durant lesquels on va partir à la pêche aux idées pour la superchouette marmaille.

Cette année on vous laisse avec quelques nouveautés parues dans des séries qu'on aime et qu'on a déjà chroniquées sur le blog :

  • Les jeux du Siècle, second tome des Mystères de Larispem, cette fois les choses sérieuses commencent pour nos jeunes héros qui vont en voir des vertes et des pas mures (et le roman s'achève sur un cliffhanger de folaïe, mamamia, je sais pas comment je vais encore tenir un an moi !)
  • La mémoire de Babel, troisième tome de la Passe-Miroir, la série est toujours éblouissante d'inventivité et de poésie (et là aussi on conclut avec un sacré bon suspense de derrière les fagots).
  • L'Armée des steppes, sixième tome de Bjorn le Morphir, notre héros poursuit ses aventures afin de sauver son royaume et ça n'est pas de tout repos !
Avec tout ça, il ne nous reste plus qu'à vous souhaiter un superbe été et de superchouettes lectures !

dimanche 25 juin 2017

Monster Ghost


Monster Ghost commence comme un jeu de loto standard : On lance le dé, on retourne une pièce avec le monstre indiqué par le dé, et on pose le fantôme ainsi découvert sur sa carte. Sauf que les fantômes, il en existe six différents et qu'il est interdit d'en avoir deux identiques pour compléter sa carte. Donc au fur et à mesure que la partie avance, le jeu se transforme en memory, et il va falloir se souvenir de quel fantôme est caché sous quel monstre pour arriver au but.


Encore un petit jeu simple et très joliment réalisé par Djeco, et pour lequel n°3 (5 ans) a eu un gros coup de coeur. Cerise sur le gâteau (hanté), on peut aussi moduler les règles pour adapter le niveau de difficulté aux petits joueurs, ce qui vous permettra d'en profiter sur la durée.

Monster Ghost, un jeu de monstres gentils pour s'amuser à partir de quatre ans.

dimanche 18 juin 2017

Kingdomino

Dans Kingdomino vous bâtissez votre  royaume en posant des dominos (jusque là tout va bien, on aurait même pu s'en douter vu le nom du jeu). 

La subtilité, c'est qu'au lieu de piocher lesdits dominos au hasard, vous pouvez tenter de choisir ceux qui vous rapporteront les plus de points, mais attention ! Les premiers servis seront ensuite les derniers !

De prime abord le jeu me faisait plutôt penser à Carcassonne (un folklore médiéval bien illustré et des tuiles à poser), mais il a le grand mérite de se jouer en parties brèves (un royaume c'est 12 dominos et pas un de plus) qui permettent une prise en main rapide. Et surtout, la mécanique de jeu qui donne de la visibilité sur les deux prochains tours à venir est assez originale et très intéressante. Celle-ci confère au jeu un bon équilibre entre chance et stratégie qui le rend accessible à tous.

Kingdomino, pour construire le royaume le plus beau, à partir de 8 ans (et aussi pour les grands)

dimanche 11 juin 2017

Poules, renards, vipères

 Bon, en apparence tout est simple, dans le jeu y'a des poules, des renards et des vipères :

  • Si vous avez des poules, vous pouvez manger des vipères.
  • Si vous avez des renards vous pouvez manger des poules.
  • Si vous avez des vipères, vous pouvez manger des renards.
À moins, bien sur, que ce ne soit les autres joueurs qui vous boulottent vos cartes...


Voilà un petit jeu qui ne paye pas de mine (le packaging est mignon sans plus), choisi un peu au hasard par fille n°2 (7 ans 1/2), mais qui s'est avéré très sympathique pour jouer avec des enfants. Les manches sont courtes et nécessitent plus de subtilité qu'on ne l'imaginerait de prime abord. Il faut en effet savoir poser ses cartes au bon moment, ni trop tôt ou vous vous les ferez manger, ni trop tard ou elles vous resteront en main, et anticiper sur l'épuisement de la pioche qui marque le fin de la manche. Bref, c'est un chouette jeu familial pour des soirées animées.

Poules, renards, vipères, un jeu qui rend un peu chèvre, à partir de 7 ans.

dimanche 4 juin 2017

Les Cahiers d'Esther

Esther a 10 ans, vit à Paris, fréquente une école privée, et chaque semaine, elle raconte des épisodes de sa vie quotidienne, avec sa mère (plutôt sympa), son père (l'idole de ses jours) et son frère aîné (un ado tout blaireau).

Après La vie secrète des jeunes et Le retour au collège, Riad Sattouf continue donc sa radiographie de la jeunesse contemporaine en se penchant sur une petite fille (presque une pré-adolescente) et fait mouche à nouveau. Mais cette fois-ci le regard affuté de Sattouf se double d'une tendresse inédite pour sa jeune protagoniste (par contre le frangin ado en prend plein la tronche, déjà parce qu'on ne se refait pas, et d'autre part parce que j'imagine que sa petite soeur ne le loupe pas dans ses comptes-rendus hebdomadaires...). Au final, les histoires d'Esther sont à l'image de la couverture de l'album, en équilibre entre naïveté, drôlerie, une certaine cruauté impitoyable et parfois aussi du grand n'importe quoi difficilement compréhensible à nos yeux d'adultes.

Chez nous ce livre a pris une saveur toute particulière, puisque n°1, ma lectrice testeuse, a le même âge et le même prénom que l'héroïne de Sattouf  (la vérité !). Du coup on a pas mal discuté de l'album ensemble, et j'ai pu constater que mon Esther partage les mêmes préoccupation que son alter-ego de papier (et notamment de savoir quand elle aura enfin un téléphone), même si elle m'a rassurée sur le fait que dans son école, on ne dit pas autant de gros-mots quand même (Oh ça va, je peux bien la croire encore un peu hein...).

Les cahiers d'Esther (deux tomes déjà sortis, pour 10 et 11 ans), de Riad Sattouf, une BD à partager avec son pré-adolescent à partir de 10 ans.


dimanche 28 mai 2017

Le Worldshaker

Le Worldshaker est un navire-monde, une immense carcasse métallique qui héberge près de douze mille personnes. Ce bateau à vapeur gigantesque et en mouvement perpétuel transporte ce qui reste de l'aristocratie britannique après que des décennies de guerres aient ravagé le vieux continent. Tout en haut on y trouve les classes supérieurs, oisives et servies par le petit peuple des Larbins, créatures silencieuses et manifestement lobotomisées. Loin en bas, ce sont les Immondes, esclaves modernes enfermés dans les cales du navire et tout juste bons à le faire tourner.

Colbert (on dit Col) Porpentine a 16 ans, et il fait partie de la haute. De la très haute même, puisqu'il est destiné à prendre un jour la suite de son grand-père, commandeur suprême du Worldshaker. Mais une nuit, Col fait la connaissance de Riff (tout court), Immonde en fuite, et voilà que son monde bascule. Col va découvrir la part d'ombre du l'univers parfait où il a grandi jusqu'ici (et accessoirement que sa mamie-gâteau préférée émarge au club des joyeux psychopathes). Dans les soutes du navire la révolte gronde, que va-t-il advenir du Worldshaker ?

Voilà un très chouette roman placé dans une ambiance victorienne steampunk, mais dont les préoccupations sont profondément contemporaines. On y trouve également deux beaux portraits d'adolescents qui vont faire leurs premiers pas dans une vie d'adulte, avec une héroïne remarquable. Vive, maline et culottée, Riff est tout simplement irrésistible, qui n'aurait pas envie de faire la révolution à ses côtés ?

Le Worldshaker (et sa suite Le Liberator), de Richard Harland, un roman qui vous embarque pour une sacrée aventure dès 10 ans.

dimanche 21 mai 2017

Le loup en slip

Quand du haut de sa tanière au dessus de la forêt, le loup lance son hurlement, les animaux ont les chocottes, les foies, la pétoche, les jetons, la frousse, des sueurs froides et le trouillomètre à zéro.

Bref, vous voyez le tableau.

La forêt a peur.

Mais la peur du loup, voyez vous, c'est un business qui tourne, pièges, alarmes, clôtures, brigade ou karaté anti-loup, il y a de quoi s'enrichir pour qui a le sens des affaires.

Et puis un jour, le loup descend dans la forêt.

En slip.

Avec des rayures rouges et blanches le slip.

Vous avez déjà eu peur d'un loup en slip vous ?

Ben voilà.

Ce volume hybride, à mi-chemin entre la bande-dessinée et l'album, est une petite merveille d'humour et d'intelligence qui vient tordre le coup aux clichés sur le grand méchant loup et ce par la seule force d'une slip à rayures. Avouez que ça n'est pas commun et que ça mérite bien une petite lecture !

Le loup en slip, de Wilfrid Lupano et Mayana Itoïz, un album réjouissant à lire de 5 à 100 ans.


PS pour les grands : les amateurs de bande-dessinée auront bien sur reconnu le nom du théâtre de marionnettes de la série (excellente) Les vieux fourneaux. En cadeau bonux à la fin de l'album, on retrouvera donc deux pages dessinées par Paul Cauuet avec les trois vieux briscards héros de la série mère.

dimanche 14 mai 2017

Songe à la douceur

Il y a dix ans, Tatiana (qui en avait quatorze) a aimé Eugène (qui en avait dix-sept), mais Eugène ne voulait pas.

Et puis dix ans plus tard, les revoilà, et cette fois-ci, Eugène se dit, Tatiana, pourquoi pas ?

Le pitch du roman vous rappelle vaguement quelque chose ? 

C'est normal (ou pas, personnellement j'y connais que dalle en littérature russe), puisqu'il s'agit d'une adaptation contemporaine, et en vers libres, du roman Eugène Oneguine de Pouchkine (et de l'opéra éponyme de Tchaikovski). Mais nul besoin de connaître l'ouvre originale pour apprécier pleinement ce roman d'une infinie délicatesse où la narratrice nous présente les tourments de ses jeunes héros avec tendresse, mais aussi lucidité et juste ce qu'il faut d'humour. 

Un roman dont la poésie s'incarne dans les mots que l'on voit danser au fil des pages dans une mise en scène de toute beauté. Un roman qui nous rend amoureux de l'idée même d'amour. Enfin je voudrais souligner toute l'intelligence de la nouvelle fin imaginée par l'auteure (dans l'histoire d'origine, Tatiana, mal mariée, renonce à l'amour d'Eugène pour des raisons d'honneur et du coup tout le monde finit malheureux nous voilà bien tiens), sans céder au happy ending naïf, la conclusion version 2016 du roman de Tatiana et d'Eugène sait laisser des portes ouvertes et démontre magnifiquement l'intemporalité de leur histoire.

Songe à la douceur, de Clémentine Beauvais, une invitation vers un voyage intérieur à entreprendre dès 13 ans.