dimanche 16 avril 2017

Le labo

Des iguanodons à la spintronique en passant par le Musée du Louvre, Jean-Yves Duhoo est allé rendre visite à dix laboratoire de recherche couvrant des sujets très variés et a laissé les scientifiques lui expliquer leur métier au quotidien. Cette bande-dessinée est le compte-rendu de ces visites et mets ces travaux de recherche de pointe accessibles à tous. 

De base, Jean-Yves Duhoo n'est pas plus scientifique que ses lecteurs, mais il a réalisé un travail de transcription remarquable, réussissant à rendre compte avec clarté des enjeux associés à chacune des recherches présentée en seulement deux doubles pages, et avec même une petite pointe d'humour à la fin. Pour ceux qui veulent en savoir plus, l'album comprend également en annexe des pages qui décrivent plus en détail les sujets de recherche présentés dans la bande-dessiné. Bref, c'est clair, précis, c'est de la bonne bande-dessinée et de la très bonne vulgarisation (foi de chercheuse) et c'est à mettre entre toutes les mains .

Le labo, de Jean-Yves Duhoo, un chouette BD pour découvrir les sciences à partir de 12 ans.


dimanche 9 avril 2017

Wazabi

Dans Wazabi, le principe de base est simple, vous démarrez avec quatre dés, dont vous devez vous débarrasser. Pour ce faire, vous pouvez soit les fourguer à vos adversaires (via le tirage de dés qui va bien), soit les retirer du jeu grâce aux pouvoirs des cartes que vous avez piochées. 

Le problème c'est que moins on a de dés, plus il est difficile d'activer une carte.

L'autre problème c'est que certaines de ces cartes ont le pouvoir de tout chambouler le jeu (du genre, vous pensiez presque y être, et tout le monde échange ses dés, et hop, c'est reparti comme en quarante), donc il va falloir rester vigilant jusqu'au bout !

Wazabi est donc un chouette petit jeu d'ambiance, très facile d'accès, avec des parties courtes et rythmées et des retournement de situation qui évitent la monotonie. Son seul défaut du point de vue familial est un packaging assez moche qui dessert beaucoup le jeu. On l'a offert à Noël à fille aînée (10 ans), et il lui a fallu trois mois avant d'accepter de jouer avec et de s'apercevoir qu'il était très chouette. Donc ne faites pas comme nous, gagnez du temps et ne vous laissez pas arrêter pas un graphisme pas très emballant.

Wazabi, un jeu qui ne manque pas piquant, à partir de 8 ans.

dimanche 2 avril 2017

L'école maternelle

C'est quoi une école ? 
Qu'est ce qu'on y fait de sa journée ? 
On y apprend quoi ? 
Comment c'est la vie en collectivité ?

Autour des ces grandes questions, cette imagier joliment illustré à huit mains vient répondre aux interrogations des tous petits. Ici on l'a offert à n°3 quelques mois avant sa rentrée en maternelle, ce qui lui a permis de mieux comprendre la quotidien de ses aînées déjà scolarisées. Une fois entrée en petite section on l'a encore beaucoup parcouru car il lui servait de support pour nous raconter sa vie en classe. Et maintenant qu'elle est chez les moyens on le ressort toujours régulièrement. Bref, à la maison c'est notre album de référence sur la vie en maternelle.

J'apprécie également le gros travail qui a été fait dans les illustrations sur la diversité des personnages. Que ce soit en ce qui concerne le genre, au fil des pages on trouve autant de papas que de mamans, de maîtres que de maîtresses, ou en terme de représentation des minorités, on trouve autant d'enfants racisés que blancs, ainsi que des enfants en situation de handicap. C'est un album vraiment inclusif, il semble que ce soit souvent le cas des ouvrages de chez Milan, mais c'est suffisamment rare en édition jeunesse pour être souligné.

L'école maternelle, illustré par Benjamin Bécue, Anouk Ricard, Emmanuel Ristord et Gaëlle Souppart, un album pour accompagner les petits à partir de deux ans et pour un bon moment.
 


dimanche 26 mars 2017

Dix petits amis déménagent

Sur la page de gauche, une maison, meublée et pleine d'enfants. Sur la page de droite une autre maison, vide celle-là. Entre, une page représentant les deux façades avec des découpes pour les fenêtres (qui permettent donc de jeter un coup d'oeil dans la maison derrière la page). À chaque page tournée, c'est un des enfants qui passe dans la maison de droite, emportant avec lui une partie du mobilier et de la décoration. 

Une fois l'album fini, la maison de gauche est vidée est celle de droite est remplie, mais si votre jeune lecteur le souhaite, rien ne vous empêche de repartir dans l'autre sens !

Dix petits amis, fait parti de ses albums sans paroles, simples et efficaces, qui se prêtent à de multiples utilisations. C'est un livre à compter bien sur, mais on peut également travailler sur l'observation, en repérant les pièces de mobilier qui changent de maison, s'amuser à faire coucou par les fenêtres, ou encore inventer une histoire à chacun des petits personnages. Bref, c'est le genre d'album qui risque d'occuper vos petits lecteurs pour un bon moment.

Dix petits amis déménagent, de Mitsumasa Anno, un album sur lequel compter à partir de 3 ans.


dimanche 19 mars 2017

Ma vie de Courgette

Icare, dit Courgette, a neuf ans et suite au décès de sa mère (alcoolique et maltraitante), le petit garçon se retrouve seul et se voit placé aux Fontaines, un foyer d'accueil. Inutile de préciser que les enfants qu'il y retrouve ont rejoint le foyer pour des raisons bien loin d'êtres réjouissantes. Pourtant, cette petite bande de cabossés va apprendre à se reconstruire doucement, avec humour et solidarité.

Ma vie de Courgette a beau être un (magnifique) film d'animation en stop motion, son propos est loin d'être léger, et on y est finalement plus près de Ken Loach ou des frères Dardenne que des studios AardmannMalgré tout, ce film reste profondément émouvant et lumineux, éclairé par l'humour de ses protagonistes, et parle avec délicatesse de résilience, d'amitié et de familles.

Quand j'ai découvert le synopsis du film, j'ai longuement hésité avant de n'y emmener que fille aînée (10 ans), car je trouvait que le sujet était trop dur pour n°2 (7 ans). Mais quelques semaines plus tard elle est allée le voir avec son centre des loisirs et est revenue très heureuse. Donc au final je dirais que ce film est visible à partir 7 ans, parce qu'il est d'une grande intelligence et aussi plein d'humour, MAIS en contrepartie il faut être prêt à passer du temps avec les jeunes spectateurs qui se poseraient des questions sur les thèmes abordés (maltraitance, abandon etc...).

Ah et aussi prévoyez des mouchoirs pour votre soirée DVD (pas forcément pour les plus jeunes, mais plutôt pour les parents d'ailleurs).

Ma vie de Courgette, réalisé par Claude Barras, un film très beau (et parfois rigolo), qu'on peut voir dès 7 ans.

dimanche 12 mars 2017

Zootopie

Judy Hopps est une lapine. Et par conséquent son papa, sa maman, et sa (très) nombreuse fratrie n'ont qu'une ambition pour elle, la voir rejoindre l'entreprise de culture de carottes familiale. Mais voilà, Judy a d'autres rêves, à savoir servir la justice, et pour ce faire elle va intégrer les rangs de la police de Zootopie, immense métropole où cohabitent en paix (vraiment ?) des centaines d'espèces de mammifères différents.

Les effectifs de ladite police étant trustés par des espèces disons, quelque peu plus massives (grands fauves, buffle, rhinocéros et autres animaux maousses), Judy se retrouve reléguée à la circulation. Mais il en faut plus pour décourager notre héroïne à longues oreilles, qui va se retrouver à mener l'enquête sur une mystérieuse disparition animale en compagnie de Nick Wild, un renard roublard. Or quand on est un lapin, un renard, c'est pas exactement le genre de bestiau qu'on choisirait spontanément pour se binômer. Bref, la grande ville va réserver un sacré paquet de surprises à l'agent Hopps.

Zootopie est une réussite à tous les niveaux : un univers riche, des personnages attachants avec leur part de contradictions, un scénario malin avec des retournements qu'on ne voit pas venir et un humour omniprésent (la scène dans le club d'animaux nudistes est juste inénarrable). Le film contient également son lot de clins d'oeil à destinations des plus grands, ce qui en fait un choix idéal pour une très chouette soirée familiale.

Zootopie, un film vraiment chouette et pas bête, à découvrir dès 6 ans.

dimanche 5 mars 2017

C'est ma cuillère !

C'est midi, c'est ravioli, heu non, c'est déjeuner avec Mamie. 

Du coup Chloé et Lili entreprennent de mettre une jolie table et Lili sort sa belle cuillère dorée, celle de quand elle était petite.

Ah mais non, mais pas du tout ! La cuillère dorée elle était d'abord à Chloé, quand elle était petite !
(même qu'elle était petite avant Lili, non mais)

S'ensuit une bataille épique dans la maison entre les frangines pour la possession de la cuillère dorée. On est au bord de l'apocalypse quand maman débarque.

Sapristi, mais c'est sa cuillère dorée de quand elle était petite !

Bon, voilà mamie qui arrive, et elle, elle en dit quoi de la cuillère dorée à votre avis ?

Voilà un joli petit album qui parle avec humour et tendresse de transmission familiale et de conflits dans les fratries autour d'une situation qui sentira fortement le vécu dans toutes les familles multipares...

C'est ma cuillère !, de Karine Dupont-Belrhali et illustré par Laurent Simon, l'histoire d'un conflit vieux comme les cuillères dorées, à découvrir dès 4 ans.

dimanche 26 février 2017

Les mystères de Larispem

Imaginez.

En 1871, la Commune de Paris (appelée désormais seconde révolution) ne s'est pas achevée par le massacre de la semaine sanglante, mais par la victoire des Communards sur les Versaillais.

Paris n'est plus. La ville lumière répond désormais au nom de Larispem (soit son surnom en argot des bouchers), une cité-état indépendante dominée par la caste des bouchers, dirigée par les héros révolutionnaires d'hier, et dominée par la figure de Jules Verne, dont les inventions fabuleuses font la réputation de la ville et l'admiration du monde entier.

Notre histoire commence en 1899, à l'orée de ce nouveau siècle nous faisons la connaissance de Carmine, apprentie bouchère de caractère, Liberté, mécanicienne de génie bien qu'un peu timorée, et Nathanaël, orphelin largué à l'avenir incertain. Ces trois là vont se retrouver mêlés au terrible complot ourdi par les Frères de Sang, une société secrète d'aristocrates exilés loin de la ville lors de la révolution et bien décidés à prendre leur vengeance.

Les Mystères de Larispem est le gagnant de la deuxième édition du Concours du premier roman Gallimard Jeunesse, ce qui signifie qu'il lui incombait la très lourde tâche de succéder à l'excellentissime Passe-Miroir, ce qui n'est clairement pas du gâteau. Lucie Pierrat-Pajot remporte le challenge haut la main, avec un roman feuilleton rétro-futuriste situé dans un univers foisonnant et fascinant. Le seul reproche que l'on puisse faire à ce premier tome est d'être essentiellement introductif et de nous laisser sur un suspense haletant (en même temps c'est bien là le signe d'un roman feuilleton réussi non ?). Heureusement pour les petits lecteurs impatients, le tome 2 est annoncé pour mai 2017, autant vous dire que chez nous on est sur les starting-blocks pour découvrir la suite...

Les Mystères de Larispem, une série de Lucie Pierrat-Pajot dont on se régale à partir de 12 ans.