vendredi 19 octobre 2018

Superchouettes sorties cinéma pour les vacances

En cette veille de vacances de la Toussaint, voici trois films que l'on soupçonne très fortement d'être superchouettes, puisqu'ils ont pour auteurs des habitués de ce blog, et qui sauront ravir les enfants sans pour autant gaver leurs parents.
  • On commence avec celle qui sera sans doute la star des vacances, et qui signe le retour de Michel Ocelot sur grand écran, la merveilleuse Dilili à Paris, qui nous emmène faire un voyage au temps de la Belle Époque (et mon cinéma de quartier, qui est toujours de bon conseil, me dit que c'est à partir de 7 ans).

Pour les plus jeunes (3-6 ans) on a le choix entre deux programmes de courts métrages :
  • Le rat scélérat, est une nouvelle adaptation d'un album de Julia Donaldson et Axel Scheffer, par le même studio qui a déjà brillamment adapté le Gruffalo (et d'autres contes des mêmes auteurs), donc a priori on ne peut en penser que du bon.
  • La Grande aventure de Non-Non rassemble trois courts métrages autour de Non-Non l'ornitorynque, adoable personnage crée par Magali le Huche, autrice jeunesse souvent présente sur ce blog, et dont on apprécie beaucoup les aventures de papier.

dimanche 14 octobre 2018

L'île aux mensonges

Faith Sunderly a 14 ans et est la fille soumise et dévouée d'un pasteur naturaliste de l'Angleterre victorienne. Afin de fuir des rumeurs de fraude concernant les recherches paternelles, toute la petite famille (père, mère, oncle, Faith et son petit frère) se retrouve exilée sur une petite île battue par les vents au large des côtes anglaises. L'accueil sur place n'est pas des plus chaleureux et les choses se corsent encore plus quand le révérend Sunderly est retrouvé mort. Faith va alors devoir braver les interdits que l'époque fait peser sur son genre pour enquêter sur la disparition de son père et faire éclater la vérité au grand jour.

L'île aux mensonges est un remarquable thriller victorien, baigné d'une atmosphère vénéneuse, et qui nous plonge au coeur d'une société dont les convictions sur les origines de l'humanité ont été violemment secouées par la récente publication des travaux de Darwin. Ce contexte scientifique tout particulier se double également une réflexion fine sur la place réduite que cette même société daignait accorder aux femmes. Faith n'a rien d'une rebelle dans l'âme et s'efforce initialement de remplir consciencieusement ses devoirs filiaux. Mais comment ne pas être révoltée face à l'étroitesse du destin que sa famille lui réserve ? La résolution du mystère paternel s'accompagnera donc d'une émancipation libératrice pour notre héroïne. Par ailleurs les personnages féminins présents dans le roman sont particulièrement intéressants dans la mesure où ils s'avèrent tous plus complexes que ce que l'on pourrait soupçonner au premier abord, chaque femme devant trouver une stratégie qui lui est propre pour exister au sein du carcan victorien.

L'île aux mensonges, de Frances Hardinge, un roman captivant à dévorer à partir de 12 ans.

PS : Frances Hardinge est déjà l'autrice de huit romans jeunesse (enfin plutôt jeune adulte), dont seulement trois ont fait l'objet d'une traduction en français (deux romans chez Gallimard, un chez l'Atalante), je croise donc les doigts pour que les autres arrivent bien vite dans nos librairies et bibliothèques !

mercredi 10 octobre 2018

Superchouette automne !

Quelques nouveautés du semestre dans les séries qu'on aime sur Superchouette :

  • Le tome 3 des Mystères de Larispem vient de sortir. L'élixir ultime conclue en beauté cette formidable trilogie aux accents verniens.
  • On est également ravi·e·s de retrouver les Bergères Guerrières pour un deuxième tome qui nous plonge cette fois au coeur de l'action, après un T1 plutôt introductif, et nous permet d'en savoir plus sur les origines de la menace qui rode... 
  • Enfin, le T11 de Princesse Sara voit notre héroïne en fâcheuse posture. Fort heureusement elle est secondée d'une bande d'ami·e·s prêt·e·s à tout pour la sortir de là (dont une Lavinia plus irrésistible que jamais et qui est bien partie pour devenir mon personnage préféré de la série...)

dimanche 7 octobre 2018

Pizza Rush

Attention, attention, la pizzeria va ouvrir ! 
L'heure du coup de feu approche ! 
Allez c'est parti en cuisine ! 
Hop hop hop ! 
Une végétarienne, une formaggi, une margharita, une bambino et que ça saute !

Dans Pizza Rush, les joueur·se·s incarnent une équipe de pizzaiolo dont l'objectif est de satisfaire un maximum de client·e·s en six minutes et pas une de plus. Selon les effectifs de votre équipe (autant vous prévenir de suite, jouer à moins de trois c'est carrément chaud patate), il faudra donc répartir les différents postes en fonctions des points forts de chaque joueur. Au service il faut mémoriser les commandes de chaque tablée, en cuisine pouvoir fabriquer les pizzas à la vitesse de l'éclair, et en caisse on ne s'embrouille pas avec l'addition.

Il s'agit donc d'un jeu coopératif, où les joueur·se·s forment une équipe unique, proposé par la petite maison Belugames qui est spécialiste en la matière.

Je vais vous avouer un truc, moi d'ordinaire les jeux coopératifs ça me gave. D'une part parce que j'ai un mauvais fond et mon grand bonheur dans l'existence c'est de piler mes adversaires. Et d'autre part, parce que pendant la plupart des jeux coopératifs testés jusqu'ici, je m'ennuyais ferme en attendant mollement mon tour dans l'espoir de sauver un vague trésor. Ici le combo durée limitée/tout le monde joue en même temps fonctionne à merveille et il n'y a pas de temps mort pendant les six petites minutes que dure le sablier. On se prend même plutôt un bon gros shoot d'adrénaline, donc je ne suis pas mécontente que les parties ne durent pas plus longtemps (et puis on a toujours la possibilité de recommencer pour améliorer son score).

Un autre intérêt du jeu c'est qu'il est vraiment accessible sur une grande gamme de tranches d'âge. Ici on colle n°3 (qui est encore non lectrice) à la fabrication des pizza pendant que n°2 prend les commandes et n°1 fait des calculs à la caisse. Si vous jouez avec des plus grand·e·s, il est possible de passer en mode expert (avec des client·e·s capricieux·ses, qui changent d'avis ou n'ont pas de monnaie) ce qui complique sacrément la donne. Actuellement, notre seul souci c'est que n°2 a un peu tendance à se prendre au jeu et se met à hurler sur ses soeurs dans le feu de l'action :

Allez on s'active en cuisine là ! 
Elle est où ma bambino ! 
Allez plus vite !

Bref, c'est pas une boite à sortir si vous êtes fatigué·e·s, mais le reste du temps on passe de bons moments en famille avec.

Pizza Rush, un jeu sympa mais un parfois peu stressant, à partir de 6 ans (si vous êtes nombreux·ses vous pouvez même intégrer des plus jeunes en les associant à un·e adulte)

dimanche 30 septembre 2018

Rien n'arrête Sophie

Sophie Germain est née à Paris, à l'aube de la révolution française, et l'on imagine bien qu'à l'époque, on ne destinait pas les jeunes filles à de brillantes études de mathématiques. 

Pourtant rien n'arrêtera notre héroïne dans sa passion peu ordinaire, qu'il s'agisse d'user treize ans durant d'un pseudonyme masculin afin de pouvoir correspondre avec les plus grands mathématiciens de son époque, ou de plancher pendant six ans sur la modélisation des vibration pour finalement décrocher le grand prix de l'Académie des sciences (je vous laisse deviner le nombre de femmes ayant gagné ledit prix avant elle... très exactement la tête à Toto).

Bref, Sophie Germain est une grande figure de l'histoire des sciences, et c'est une joie de découvrir cette destinée hors du commun dans ce très chouette album jeunesse, où les illustrations délicieusement rétro de Barbara Mc Clintock (déjà beaucoup appréciées dans Dahlia et la série Adèle et Simon) parviennent à transcrire avec poésie et délicatesse toute la beauté du langage mathématique.

Rien n'arrête Sophie, de Cheryl Bardoe et Barbara Mc Clintock, une héroïne pour nous changer de Marie Curie, à découvrir à partir de 7 ans.

dimanche 23 septembre 2018

Les cavaliers de l'apocadispe

Les cavaliers de l'apocadispe sont trois écoliers turbulents dont les aventures à la fois hilarantes et lamentables font la très grande joie des lecteur·rice·s  (de tout âge) de Spirou (dont nous sommes) depuis une dizaine d'année. 

Dans cette fine équipe on trouve... euh, on trouve quoi au fait ?

  • Une sorte de koala avec des lunettes, qui est un peu le meneur de bande, et du coup il a pas de nom.
  • Jé, un perroquet crétin, pas le dernier pour avoir des idées idiotes.
  • Olive, un poulet (enfin, je crois) terrorisé et avec en permanence la tête de celui qui se demande comment il a pu se fourrer dans un pétrin pareil.
Partant de situations pourtant ordinaires (une visite de classe au musée, un cours de sport, le départ à la retraite d'une prof, une partie de foot ou un pique-nique en forêt), notre petite troupe montre un talent unique pour se retrouver dans du grand n'importe quoi complètement absurde.

J'appréciais déjà énormément l'humour foutraque de Libon dans Tralaland, Mais là c'est encore le niveau au dessus. Depuis trois ans qu'on est abonnés à Spirou à la maison, c'est clairement une des séries qui me remplit le plus de joie à la lecture du magazine, et en lisant l'album j'ai commencé à éclater de rire à la page 4 pour ensuite pouffer continuellement jusqu'à la quatrième de couverture. Quand je vois le joli petit n°1 gravé sur la tranche, je n'ai qu'un espoir, que ce premier recueil soit le début d'une très très longue série d'albums...

Les cavaliers de l'apocadispe, de Libon, une sacrément drôle de vision de l'enfance à savourer dès 8 ans

dimanche 16 septembre 2018

Gobbit

Dans la jungle, terrible jungle, il y a des mouchtiks (chi, ch'est comme cha qu'on dit), des caméléons, des serpents et des gorilles. Et chacun peut être une proie, ou un prédateur, voir parfois les deux : Les mouchtiks se font boulotter par les caméléons, qui eux même servent de quatre-heure aux serpents, et les gorilles, qui sont de gros bourrins, écrasent joyeusement tout ce petit monde.

Dans une partie de Gobbit, il vous faudra donc, au fil du dévoilement des cartes :

  • Manger les proies (mouchtik ou caméléon) des autres joueurs, si elles sont de la même couleur que votre prédateur (caméléon ou serpent), en tapant dessus.
  • Protéger votre proie des prédateurs qui viennent les attaquer.
  • Exploser toutes les cartes qui passent si vous avez un gorille.
  • Et bien sur ne pas s'emmêler les pinceaux en tapant à tort et à travers, sous peine de sanctions.
Gobbit est donc un petit jeu de rapidité dans le même esprit que l'inusable Jungle Speed, avec quelques variantes amusantes, comme le fait que l'on peut attaquer plusieurs joueurs simultanément (il faudra donc développer son agilité des deux mains) et la possibilité de jouer en mode expert en suivant les indications supplémentaires présentes au dos des cartes. Ici le jeu a très vite été adopté par l'ensemble de la famille (mention bonus aux jolies illustrations rigolotes) et sa petite boite nous a accompagnés tout au long de l'été.

Gobbit, un jeu de chez Oldchap Games, pour découvrir la loi de la jungle à partir de 6 ans.


Gare au goriiiiiiiiilleuh....


dimanche 9 septembre 2018

Papy Mammouth

Du fond des âges (le paléolithique ça commence à bien dater) et de sa grotte quelque part en Europe, Papy Mammouth vient nous conter son histoire et celle de ses descendants. 

Alors nous, gentil·le·s lecteur·rice·s, sommes convié·e·s à venir le rejoindre auprès du feu pendant qu'il déroule devant nous les grandes heures de l'humanité, au fil des générations successives...

En sept époques et cinquante chapitres constitués chacun d'une double page texte/illustration, voici un drôle de documentaire, que l'on peut tout aussi bien engouffrer d'une traite ou lire doucement, une page à la fois, soir après soir. Le récit fait à la première personne, les illustrations tout en rondeur et les traits d'humour du narrateur renforcent notre sentiment proximité avec celui-ci et viennent nous rappeler qu'au delà des siècles de conflits, l'humanité reste une seule et grande famille.

Papy Mammouth, de Dieter Böge et Bernd Mölck-Tassel, une belle histoire de l'humanité (européenne) où se plonger dès 8 ans.