dimanche 14 mai 2017

Songe à la douceur

Il y a dix ans, Tatiana (qui en avait quatorze) a aimé Eugène (qui en avait dix-sept), mais Eugène ne voulait pas.

Et puis dix ans plus tard, les revoilà, et cette fois-ci, Eugène se dit, Tatiana, pourquoi pas ?

Le pitch du roman vous rappelle vaguement quelque chose ? 

C'est normal (ou pas, personnellement j'y connais que dalle en littérature russe), puisqu'il s'agit d'une adaptation contemporaine, et en vers libres, du roman Eugène Oneguine de Pouchkine (et de l'opéra éponyme de Tchaikovski). Mais nul besoin de connaître l'ouvre originale pour apprécier pleinement ce roman d'une infinie délicatesse où la narratrice nous présente les tourments de ses jeunes héros avec tendresse, mais aussi lucidité et juste ce qu'il faut d'humour. 

Un roman dont la poésie s'incarne dans les mots que l'on voit danser au fil des pages dans une mise en scène de toute beauté. Un roman qui nous rend amoureux de l'idée même d'amour. Enfin je voudrais souligner toute l'intelligence de la nouvelle fin imaginée par l'auteure (dans l'histoire d'origine, Tatiana, mal mariée, renonce à l'amour d'Eugène pour des raisons d'honneur et du coup tout le monde finit malheureux nous voilà bien tiens), sans céder au happy ending naïf, la conclusion version 2016 du roman de Tatiana et d'Eugène sait laisser des portes ouvertes et démontre magnifiquement l'intemporalité de leur histoire.

Songe à la douceur, de Clémentine Beauvais, une invitation vers un voyage intérieur à entreprendre dès 13 ans.

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