dimanche 9 octobre 2016

La passe-miroir

Petit bout de femme réservé et solitaire, toujours accompagnée de son écharpe caractérielle (si, c'est possible), Ophélie est une animiste. Comme tous les membres de sa famille, elle possède le don d'animer les objets manufacturés. Mais elle est aussi dotée de deux facultés un peu particulières. D'une part Ophélie est une liseuse, à savoir qu'il lui suffit de poser sa main nue sur un objet pour lire toute son histoire (et celle de ses propriétaires par la même occasion) depuis sa fabrication. D'autre part c'est une passe-miroir, faculté bien pratique pour se déplacer d'un endroit à l'autre par miroirs interposés, mais qui peut s'avérer risquée et vous laisser dans des situations scabreuses avec une partie du corps coincée d'un côté et l'autre à quelques kilomètres de là. Ophélie en sait quelque chose, qu'un accident de miroir durant son enfance a justement rendue d'une maladresse pathologique...


Bref.

Quand ses aventures débutent, notre héroïne vient de se retrouvée fiancée à l'insu de son plein gré à Thorn, un grand escogriffe taiseux et psychorigide qui appartient à la pas franchement sympathique famille du clan des dragons (que genre à côté les animistes sont une variété de bisounours un peu excentriques). La voilà donc expédiée à l'autre bout du monde, dans la Citacielle, panier de crabes impitoyable et glacé, où une aristocratie dégénérée se tire en permanence dans les pattes pour gagner les faveurs d'un dieu apathique doté des capacités cérébrales d'un poisson rouge. Entre les complots assassins et la belle-famille meurtrière, c'est peu dire que la période de fiançailles ne va pas s'avérer de tout repos pour Ophélie, qui va devoir trouver en elle des ressources insoupçonnées pour faire face à tout ce dawa (et je suis polie), et au passage apprivoiser un fiancé revêche mais pas si mauvais bougre dans le fond (enfin, si on le compare à sa famille de psychopathes quoi, disons que tout est relatif).

Le premier tome de La Passe-Miroir ayant gagné le concours du premier roman Gallimard Jeunesse en 2012, j'avais déjà vu de nombreuses critiques élogieuses passer à son sujet, mais pour être honnête c'est surtout sa belle couverture avec ses écritures brillantes qui m'a séduite à la médiathèque. Initialement je l'ai pris pour moi, pensant éventuellement le filer ensuite à fille aînée s'il me plaisait. En pratique, elle l'a piqué dans ma valise le premier jour des vacances, dévoré en trois jours (alors que c'est un bon gros pavé), et j'ai suivi son exemple les trois jours suivants. Ensuite comme on était incapables de résister au suspense insoutenable qui clôt le premier tome, on a acheté le second pendant les vacances au lieu d'attendre sagement notre retour pour l'emprunter.

Bref, dit plus simplement, La Passe-Miroir est notre énorme coup de coeur des vacances et même de l'année côté roman (ok, y'a aussi les Petites Reines). L'univers développé par Christelle Dabos est d'une richesse et d'un poésie absolument merveilleuses. Les personnages sont profonds, complexes et attachants, on pense à eux encore longtemps après avoir refermé les livres et maintenant j'attends comme une âme en peine la sortie du troisième tome (quatre sont prévus au total) pour retrouver Ophélie, Thorn et tout l'univers fabuleux qui les entoure.

La Passe-Miroir, de Christelle Dabos, une série qui va vous emmener très très loin, à dévorer à partir de 12 ans.


2 commentaires:

Chofie a dit…

Zut, j'ai effacé un commentaire à l'insu de mon plein gré !

Donc pour le gentil lecteur qui me demandait si ça irait pour un gros lecteur de 10 ans, la réponse est oui, très certainement. Chez nous fille aînée (9 ans et demi) a englouti les deux tomes en trois jours chacun pendant les vacances.

catherine31 a dit…

et en plus, maintenant, c'est en poche (au moins le tome 1, le 2, je ne sais pas...!!)