mercredi 29 avril 2020

Les Aventures de Robin des Bois

Avant la version 2010 de Ridley Scott,
Avant Kevin Costner en 1991,
Avant le renard de Walt Disney en 1973,
Et avant tout plein d'autres variantes,

Il y a le Robin des Bois de Michael Curtiz interprété par Errol Flynn en 1938, aka, la mère de tous les films avec des types en collants verts qui crapahutent dans la forêt.

Je ne dirai pas que le film n'a pas vieilli, bien sur qu'il a vieilli, il a quand même 82 ans ! 

Forcément,  sur le plan féministe on n'est pas au top, et ce vibrant plaidoyer monarchiste a quelque peu fait tiquer ma progéniture. Mais ça reste un oldie but goodie

On notera d'ailleurs que la Lady Marian incarnée par Olivia de Haviland (qui, à l'heure où j'écris ces lignes, est encore vivante et âgée de 103 ans !) est nettement plus proactive que la renarde disneyenne, puisqu'elle va espionner le vil prince Jean et sauver le bon roi Richard au péril de sa vie. La flamboyance du technicolor, la musique entrainante de Korngold (qui lui a valu un Oscar en 1939), la gouaille de Flynn et la touche d'humour via les personnages secondaires font de ce film un véritable intemporel du cinéma que l'on partage encore joyeusement avec les nouvelles générations.

Les Aventures de Robin des Bois, des types en collants qui vous mettent en joie, à regarder en famille dès 6 ans.


Et en cadeau bonux pour les plus grands, un chouette podcast qui raconte la genèse pas banale de la musique du film :

dimanche 26 avril 2020

Télémaque

On connaît le pitch (qui a tout de même quelques siècles), 14 ans après son départ pour la guerre de Troie (alors que celle-ci s'est achevée il y a quatre ans), Ulysse n'est toujours pas rentré au bercail. À Ithaque, les prétendants qui convoitent la reine Pénélope (et aussi accessoirement le trône) se bousculent au portillon, et Télémaque, le fils adolescent d'Ulysse attend toujours le retour de son père.

C'est alors que le jeune prince décide de se faire la malle et de partir à la recherche du paternel disparu. Le voilà donc embarqué pour un long périple semé d'embûches, où son destin croisera celui d'une princesse en fuite, d'un jeune cyclope et d'une multitude de créatures fantastiques et parfois sacrément dangereuses...

J'ai d'abord été sceptique devant cette énième relecture de l'Odyssée (initialement prépubliée dans le magazine Spirou), et puis finalement toute la famille est tombée sous le charme. Les auteurs ont fait un gros travail de documentation pour écrire ce voyage de Télémaque sur les trace de son père, ce qui permet de retrouver les épisodes clés de l'Odyssée (cyclopes, sirènes et métamorphoses...) avec une chouette touche d'humour en plus. On aime aussi beaucoup le personnage de Polycaste, la fille de Nestor, une princesse maline et dégourdie, bien décidée à échapper à sa condition de monnaie d'échange diplomatique. Face à un Télémaque sympathoche mais pas toujours fut'fut', c'est clairement elle le cerveau de la petite bande. Côté graphismes le style entre ligne claire et manga des dessins de Kenny Ruiz apporte beaucoup de dynamisme au récit.

Télémaque, de Kid toussaint et Kenny Ruiz, une chouette relecture de l'Odyssée en BD, pour voyager dès 9 ans.

mercredi 22 avril 2020

Ghostbusters 2016

L'an dernier, on a voulu se faire une soirée DVD Oldie but Goodie avec les filles et on leur a montré le premier Ghostbusters (1984).

Spoiler : Ne faites pas ça chez, vous, j'ai jamais été aussi embarrassée devant ma progéniture, j'avais envie de m'excuser toutes les deux minutes de leur montrer un daube pareille (et Dieu sait qu'en terme de cinéphilie on place pas la barre très haut pour les films familiaux).

Le film, qui s'ouvre sur une scène où Bill Murray (dont le personnage est juste un blaireau de la pire espèce, et je surveille mon langage parce qu'on est sur un blog jeunesse) drague une étudiante, est une longue suite de moments malaisants. On a le droit a des scènes de harcèlement (toujours par le perso de Bill Murray, qui est également un gros forceur) et des concours de masculinité toxique à tous les plans, auxquels viennent s'ajouter une mise en scène indigente et des effets visuels immondes qui vous feront saigner les rétines (je signale qu'en 1984 la premier etrilogie Star Wars était déjà sortie, donc on savait faire nettement mieux que ça en terme d'effets spéciaux).

Donc si vous voulez passer un bon moment avec vos enfants devant une histoire de fantômes, je conseille fortement de plutôt regarder le reboot 2016 de Ghostbusters, qui LUI est vraiment drôle, et dépourvu de blagues sexistes toutes les deux secondes. Le duo comique formé par Kristen Wiig et Melissa McCarty est très chouette, comme toute le reste de l'équipe d'ailleurs, y'a de l'humour, de l'action et tout plein de sororité. Un vrai feel-good movie à regarder en famille pour se changer les idées.

Et puis y'a aussi Chris Hemsworth (l'interprète de Thor dans les Marvel) qui joue Kevin, le secrétaire beau gosse et demeuré, et c'est à hurler de rire.

Ghostbusters 2016, parce que parfois les madeleines vintage sont toutes rancies et il faut savoir les bazarder à la poubelle, un film à partager avec les enfants dès 8 ans.

dimanche 19 avril 2020

Isabella Bird, Femme exploratrice

Henrietta, ma chère petite soeur, 
à l'heure où je t'écris je voyage dans cet étrange pays
qu'on appelle ''Le Japon"...

En mai 1878, Isabella Bird, aventurière britannique ayant déjà publié les récits de ses voyages aux États-Unis, en Australie et à Hawai, arrive au Japon pour un périple de plusieurs mois. Son objectif est de voyager hors des sentiers battus en direction du nord du pays, à la rencontre des populations Aïnous. Accompagnée d'Ito, son guide interprète taiseux mais plein de ressources, notre exploratrice n'est pas au bout de ses surprises.

Librement inspirée des lettres écrites par la vrai Isabella Bird à sa soeur, cette série de manga atypique nous emmène à la découverte du Japon de l'ère Meiji et joue astucieusement sur deux niveaux d'étonnement. Celui d'Isabella face à un pays dont elle ignore tout, mais aussi celui des populations locales face à cette étrangère qui voyage seule. L'héroïne enthousiaste, résolue mais aussi souvent naïve forme également un très beau duo avec Ito, dont la personnalité est nettement plus réservée. Les graphismes reprennent les codes du manga classique, mais intègrent également des images inspirées des illustrations japonaises de l'époque, ce qui renforce le côté immersif du récit.

Isabella Bird, Femme exploratrice, de Taiga Sassa, un héroïne étonnante et un voyage trépidant à découvrir dès 10 ans.
(série en cours, 5 tomes parus à ce jour)


mercredi 15 avril 2020

Monty Python : Sacré Graal !

En 1975 une bande de joyeux trublions d'outre-Manche portant l'improbable nom de Monty Python sortait un film désormais culte, Sacré Graal !, où ils donnaient leur vision de la légende arthurienne.

Et c'était pas triste.

Sacré Graal ! c'est vraiment le tout premier film qui m'a fait éclater de rire sur mon canapé. Pendant la semaine qui a suivi le premier visionnage, j'étais incapable de seulement penser à la phrase Fetchez la vache ! sans pouffer de rire. Et plus de 20 ans après ça me fait toujours autant d'effet.

Alors que le film fête ses 45 ans, sur Super Chouette on s'est logiquement demandé si le chevalier bagarreur, les Français teigneux, les hirondelles africaines et les lapins tueurs pouvaient encore amuser les enfants du 21ème siècle et la réponse est un grand OUI.

Ici nos filles (6, 9 et 12 ans) ont commencé à éclater de rire dès les premières minutes et le générique d'ouverture sans queue ni tête, après quoi ça a été un continuum jusqu'à la fin du film. Bien sur je recommande fortement le visionnage en VO sous-titrée, quitte à expliquer certaines blagues aux jeunes spectateur·rice·s qui auraient encore du mal à suivre les sous-titres. De toute façon le film contient des tonnes de gags visuels qui pourront les faire rire même sans suivre les dialogues. Et comme ça il·elle·s auront aussi la joie de découvrir de nouvelles blagues à chaque fois que vous le re-re-regarderez ensemble !

Monty Python : Sacré Graal !, le film le plus drôle de l'histoire du cinéma, à faire découvrir à ses enfants dès 6 ans.

PS : Et après ça, si vous cherchez encore comment passer le temps pendant le confinement vous pouvez bien sur embrayer sur l'intégrale de Kaamelott, qui est un peu la fille spirituelle, mais bien française, de Sacré Graal !, et qui marche très bien avec les enfants (et les 4 premiers livres sont visibles gratuitement en replay ici)

 

dimanche 12 avril 2020

La bonne aventure

Ombline partage ses journées entre la bibliothèque où elle travaille et un appartement au sixième étage où elle vit seule avec deux perruches.

Pierre, artiste lunaire, vit quant à lui au cinquième étage, en tête à tête avec son grand-père empaillé (dit comme ça c'est assez glauque, mais en fait ça va, même si c'est pas trop la fête hein).

Ces deux là sombrent chacun de leur côté dans la solitude et la mélancolie et on se demande bien ce qui leur permettra un jour de refaire surface.

Quand j'ai emprunté La bonne aventure à la médiathèque, un peu au hasard sur la base d'une jolie couverture et d'une présentation en quatrième de couverture assez évasive, j'attendais un roman d'aventures dans un Paris dystopique du genre de Larispem.

Que nenni.

En fait j'ai bien eu Larispem pour la ville toute d'acier et de zinc, mais croisée avec Amélie Poulain et l'Écume des jours pour la poésie. En fin de compte, le roman propose un récit envoutant et onirique qui nous invite à une aventure toute intérieure. L'histoire est parfaitement portée par une écriture fluide et délicate qui rend le livre difficile à poser une fois que l'on a commencé sa lecture. Si bien que même l'ado, d'ordinaire seulement intéressée par les seuls récits de Baston et Dragons, a été finalement touchée par ce drôle de roman inattendu et ses deux héros tout cabossés du dedans.

La bonne aventure, de Fabrice Colin, un voyage intérieur à entreprendre dès 13 ans.

mercredi 8 avril 2020

50 nuances d'Austen


(oui, oui, je vous rassure, on est toujours sur un blog jeunesse !)

En septembre dernier, les éditions Soleil ont sorti le premier tome d'une version en bande dessinée d'Orgueil et Préjugés. Celle-ci a énormément plu à fille n°2 (10 ans), si bien qu'on a discuté du roman et que je lui ai finalement proposé de regarder son adaptation filmée (la version de 2005 avec Keira Knightley). 

Et c'est là que j'ai réalisé que le film était parfaitement adapté à un jeune public. Il y a des personnages hauts en couleur, des rebondissements, et même si parfois les dialogues sont un peu trop alambiqués pour les enfants, ils contiennent un certain nombre de vacheries qui ont réjoui les 3 filles de la maisonnée...

Bref, voici un petit post Jane Austen pour les nuls, afin de faire découvrir la plus fabuleuse des autrices anglaises à votre progéniture avant même qu'elle puisse s'attaquer aux romans !
  • Les cinq filles de Mrs Bennet, le premier tome de la version BD par Aurore au dessin et à l'adaptation du scénario (on attend la suite avec hâte !). Notez qu'il existe également une version manga du roman mais je ne l'ai pas encore lue (mais c'est aussi une piste intéressante).
  • Pride & Prejudice, le film de 2005. Une adaptation cinéma très élégante avec Keira Knightley tout en délicatesse dans le rôle de Lizzie.
  • Bride & Prejudice (mal traduit en France par Coup de foudre à Bollywood), une adaptation à la sauce indienne de 2004, avec la sublime Aishwarya Rai. Si vous voulez une version un peu plus péchue et chantante (par contre on perd en subtilité, c'est sur)
  • Pour les inconditionnel·le·s du roman il y a aussi l'adaptation culte en mini-série de 6 épisodes de la BBC, avec Colin Firth juste parfait en Mr. Darcy. Alors que les films sont accessibles dès 7-8 ans, là je pense que ce sera difficile à montrer avant le collège. Mais ça peut être une très bonne façon de faire travailler leur anglais à vos ados...
  • Et si vos enfants mordent à l'hameçon et en redemandent, n'hésitez pas à enchaîner avec l'adaptation filmée de Sense & Sensibility (Raison et Sentiments) de Ang Lee avec son casting 3 étoiles (Emma Thompson, Hugh Grant, Alan Severus Snape Rickman et une toute jeune Kate Winslet), qui est également parfaitement adaptée aux plus jeunes (à partir de 8 ans quoi).

dimanche 5 avril 2020

Les papas animaux

On a tou·te·s déjà entendu parler des papous papas (parfois) à poux, et aussi des poux papas, mais dans le monde animal on rencontre plein d'autres papas : Insectes, poissons, batraciens ou mammifères, chaque espèce a sa façon bien à elle de veiller sur sa progéniture.

Papas enceints, papas gynécos, papas solos, ou en duo, papas gâteaux ou papas costauds, au foyer ou en vadrouille, tous les papas sont dans la nature. Et ce joli petit album aux belles illustrations en technicolor nous propose de venir faire leur connaissance. Histoire de constater une fois pour toute que dans le monde animal, le soin des enfants n'incombe pas qu'aux mamans !

De Fleur Daugey, on avait déjà beaucoup apprécié Le livre des animaux magiques. On est également sous le charme de ce nouveau documentaire animalier qui vient nous présenter une foison de comportements naturels et pourtant encore bien méconnus.

Les papas animaux, de Fleur Daugey et Bruno Gibert, des papas en veux-tu en voilà, à découvrir dès 5 ans.

mercredi 1 avril 2020

Papy fait de la résistance

Paris, 1941, la très bourgeoise mais fantasque famille Bourdelle se retrouve contrainte d'héberger un officier allemand, ce qui ne fait guère leur affaire d'autant qu'ils sont également impliqués dans la résistance à l'ennemi...

Oui, on est le 1er avril, non ce billet n'est pas une blague.

Tant qu'à faire d'être coincé·e·s à la maison avec les enfants, on va en profiter pour regarder quelques classiques du cinéma (par forcément destinés à la jeunesse) avec eux. Et comme Papy fête ses 37 ans cette année, on peut désormais le classer dans lesdits classiques (et si vous aviez un doute sur le sujet, allez donc demander à votre progéniture si 37 ans c'est pas vieux...)

Alors bien sur, comme toute comédie française des années 80, le film a les défauts de son âge. C'est pas toujours très fin, très subtil ou de très bon goût, et c'est pas sur que les enfants comprennent toutes les blagues.

Mais c'est drôle, vraiment. Jacqueline Maillan est parfaite, la troupe du Splendid est déchaînée, et le film monte crescendo vers un énorme n'importe quoi final qui réjouira le jeune public.

Bon le seul souci, c'est que si vos enfants réagissent comme les miennes, après vous être parti·e·s pour passer le reste du confinement à écouter Jacques Villeret chanter Je n'ai pas changé en imitant Montand avec un accent allemand...

Papy fait de la résistance, une comédie vintage à papa, qui marche du tonnerre auprès des enfants dès 6 ans.