07 avril 2013

Lubie

Le jeune Jan Breughel est orphelin depuis ses dix ans, et peintre comme son frère aîné, sa grand-mère et son papa. Du papa en question (Peter Breughel l'ancien, un type dont vous avez pitêtre déjà entendu parler...), il tient un pot de peinture rouge "sang-dragon" qu'il n'a osé ouvrir qu'une seule fois. Terrorisé par la myriade de démons qui s'en sont enfuis, il l'a refermé fissa et se consacre désormais à la peinture de verts paradis et d'inoffensifs bouquets de fleurs.

Mais chaque année pour son anniversaire, voilà que Lubie, une petite démone échappée du pot de rouge, revient le hanter encore et encore : "Jan, Jan, quand donc cesseras tu de peindre ces niaiseries ? Où sont donc passés les monstres et diableries de ton père ? "

Une fois de plus je rends grâce à ma librairie préférée de m'avoir permis de découvrir cet album par le biais d'une rencontre organisée avec l'auteur. Les illustrations de ce livre qui mélangent peinture et photographies des outils du peintres sont absolument superbes et méritent chacune qu'on s'y attarde. Le texte qui les accompagne est très poétique et l'histoire donne envie d'en savoir plus sur ce peintre (et du coup une visite au Louvre est prévue avec fille aînée pour aller contempler ses œuvres "en vrai")

Lubie, de Frédéric Clément, un bien bel ouvrage à découvrir dès 6 ans.



31 mars 2013

Ariol

Ariol est un sympatoche petit âne bleu avec des lunettes qui lui mangent tout le visage, il vit avec ses parents et les albums de la série BD portant son nom nous parlent de sa vie quotidienne, entre famille (les vacances chez les grands-parents au bord de la mer), amis (le meilleur copain d'Ariol est un cochon turbulent) et amours (Ariol soupire en secret pour Pétula la jolie vache).

Bien sur je n'ai pas encore eu le temps de me pencher en détail sur le domaine de la BD jeunesse (mais avec les enfants qui grandissent, ça ne saurait tarder), mais je trouve tout de même que cette série est assez remarquable par rapport à ce que j'ai pu lire enfant. Ce qui m'a frappée c'est le grand réalisme du monde qui entoure Ariol. Certes, tous les personnages sont des animaux (ânes, cochons, vache, chèvre, cheval ou même moucheron...), mais les décors et les situations où ils évoluent sont extrêmement riches et fourmillent de petits détails assez inhabituels dans des publications jeunesses qui sont souvent plutôt simplettes. Ariol et ses tracas enfantins occupent bien-sur le cœur de la série, mais on perçoit en filigrane des relations complexes entre les adultes qui l'entourent. Du coup j'ai relu tous les albums deux fois : Une première fois avec ma fille, et un seconde toute seule dans mon coin pour en profiter pleinement.

Ariol, de Marc Boutavant et Emmanuel Guibert, de la belle BD jeunesse à partir de 6 ans.

Le grain de sel féministe de Chofie : Comme dit précédemment, je pense qu'Ariol c'est le haut de gamme de la BD jeunesse. Néanmoins, je regrette que les personnages féminins y soient aussi pauvres et soumis aux clichés habituels : Maman en cuisine, mamie pâtissière, peste coquette et intello à lunette... 
Je le comprends assez bien dans la mesure où les histoires sont inspirées des souvenirs d'enfance des auteurs, et sont donc le reflet d'un monde profondément inégalitaire. Cette série nous montre donc les choses telles qu'elles sont. Mais je pense que la force de la littérature (jeunesse ou non) c'est aussi de pouvoir nous montrer le monde tel qu'il devrait être, et dans cette perspective rien n'interdisait d'introduire des personnages féminins forts et indépendants qui manquent un peu à cette série.

24 mars 2013

Boucle d'or et les sept ours nains

Un beau soir que les sept ours nains (un peu crétins) s'en rentraient du boulot (Haï hi ! Haï ho !), les voilà qu'ils découvrent une géante endormie en train de taper l'incruste dans leur piaule. Pas cool du tout ça.  Pour s'en débarrasser ils décident donc de faire appel au prince tueur de géants du château d'à côté, qui était à l'origine tailleur de son état... 

Vont suivre diverses aventures rocambolesques, où l'on croisera, entre autres, un joueur de flûte et ses rats, une pomme empoisonnée, un cochon bâtisseur de maisons en briques et le petit Poucet et ses six frangins, le tout dans une atmosphère joyeusement foutraque.

Gros gros coup de cœur pour cette drôle de série BD découverte à l'école de fille aînée. On s'est empressés d'emprunter les trois premiers tomes à la médiathèque et toute la famille s'est régalée. Dans la catégorie "contes en vrac", les albums sont une vraie réussite et ils amuseront particulièrement les jeunes lecteurs déjà bien familiers des personnages de contes de fées classiques que l'on redécouvre ici sous un nouveau jour.

Les sept ours nains (quatre tomes à l'heure actuelle), une chouette série d’Émile Bravo, dès 6 ans ça fait rire ton marmot.

17 mars 2013

Faites la queue !

Qu'est ce qui peut bien réunir dans une file d'attente, bien ordonnés par taille, de la toute petite grenouille au grand éléphant, pas moins de cinquante animaux divers et variés, de la belette au zebre en passant par le koala ?

Les voilà donc tous (plus ou moins) sagement réunis dans ce drôle d'inventaire que les enfants découvrent au fur et à mesure de l'album, jusqu'à la surprise finale. Et c'est vrai qu'elle valait rudement le coup d'attendre ! 

Et à la fin de l'album le petit lecteur réagira comme les animaux qu'il a découvert : On recommence ?

Faites la queue !, de Tomoko Ohmura, un chouette bestiaire à découvrir dès trois ans.

10 mars 2013

Mon premier tour de France : L'atlas des 5-8 ans

 Je cherchais un atlas de France pour aider nos deux grande filles (3 et 6 ans) à se retrouver dans les différents voyages que l'on peut faire en cours d'année et pendant l'été : Où est ce qu'on habite ? Et les grands-parents ? Et nos copains lyonnais ? Et les vacances à la montagne, c'est où ?

Je suis tombée un peu par hasard (ok, ok, j'avoue, je l'ai pris parce qu'il était en occase) sur cet album de chez Milan et au final je le trouve vraiment chouette et bien pensé (i.e. je trouve qu'il vaut l'achat même au prix fort). Le pays est divisé en grandes régions (nord, est, ouest, centre...) et à chaque fois on a une présentation de la région avec ses sites principaux, puis une carte "sérieuse", avec notamment un transparent pour faire apparaitre les différents départements, couplée avec une carte plus "rigolote" comprenant tout plein de petits dessins de toutes les choses (monuments, gastronomie, sites naturels, légendes...) que l'on peut rencontrer dans la région concernée. C'est à la fois instructif et ludique, et surtout c'est très sympa à regarder en compagnie des enfants.

On se sert aussi de l’atlas pour aider les filles à reconstituer notre périple à chaque fois que le papa ou moi devons nous absenter quelques jours pour le boulot. Elles peuvent ainsi se rendre compte de la distance parcourue (Loin, pas loin ? En avion ou en train ?) et elles peuvent imaginer les villes ou les paysages que nous avons vu, ça leur fait une chouette lecture le soir en attendant le retour du parent absent.

Mon premier tour de France, aux éditions Milan, un atlas qu'il est bien pour voyager dès trois ans.



03 mars 2013

Tous les petits

Tous les petits, c'est un chouette livre paravent cartonné que l'on peut déplier pour entourer bébé, sur chaque page on trouve une couleur, une image de bébé mignon à croquer et un tout petit poème à raconter. De l'autre côté il y a encore des poèmes et des couleurs.

Tous les petits, c'est une belle idée de livre premier âge réalisée par Jeanne Ashbé, donc on appréciait déjà les tendres Lou et Mouf à la maison.

Tous les petits, si j'en crois les cris d'extase de n°3 (11 mois) à chaque fois qu'on le sort, c'est clairement un réussite dans la catégorie "mes premiers livres" (attention si vous l'empruntez à votre médiathèque, risque de mordillage/machouillage élevé par un bébé ravi).

Tous les petits, une bonne idée lecture dès que bébé tient assis.

24 février 2013

Fifi Brindacier

Alors, dans la famille "rouquine qui dépote", aujourd'hui je voudrais Fifi Brindacier.

Fifi, elle a deux tresses et des taches de rousseurs.
Fifi, sa maman est au ciel et son papa est pirate et roi des mers du sud.
Fifi, elle vit seule avec un cheval et un petit singe.
Fifi, elle est super forte, même qu'elle peut porter son cheval d'une seule main.

Fifi, ses aventures ont débuté en 1945, et c'est peu dire qu'à l'époque des héroïnes de sa trempe, ben ça courait pas les étagères de littérature jeunesse. Même que la traduction française (car Fifi nous vient de Suède, where else ?) fut longtemps caviardée car on trouvait la petite rouquine un peu trop subversive et impertinente vis à vis des adultes. Il aura donc fallu attendre 1995 pour qu'elle puisse enfin obtenir une traduction française plus fidèle à son tempérament de feu.

Bon ok, pour être tout à fait honnête, Fifi je l'inviterais pas à la maison, car elle nous collerait un dawa monstre et je suis un (tout petit) peu trop psychorigide pour y survivre.

Mais Fifi, c'est aussi la nouvelle idole de mes filles, qui chaque soir me réclament un nouveau chapitre des ses aventures. Et parce qu'elle les fait rire et rêver, parce qu'elle leur montre qu'on peut être une petite fille ET mener sa vie comme on l'entend sans que personne ne vienne nous dicter ce qui est convenable et ce qui ne l'est pas, Fifi, elle a droit à ma gratitude éternelle. 

Fifi Brindacier, de la grande Astrid Lindgren, une héroïne à aimer dès 6 ans.

17 février 2013

Salade de cafards

Pour faire une bonne salade composée, c'est facile, vous posez les cartes ingrédients les unes après les autres en nommant ceux-ci à voix haute :
  • Tomates !
  • Poivrons !
  • Salade !
  • Chou-fleur ! (Chou-fleur ? Si, si, en fait cru c'est super bon !)
Mais voilà que des cafards trainent dans la cuisine, alors parfois certains légumes sont interdits. Si on pioche une carte de légume interdit, c'est pas grave ! Il n'y a qu'à en annoncer un autre ni vu ni connu (mais sans bafouiller et en gardant le rythme s'il vous plait):
  • Tomates !
  • Poivrons !
  • Sa... euh non, chou-fleur !
  • Poivrons !
  • etc...
Ultime contrainte, on n'annonce jamais deux fois de suite le même légume (la variété dans les salades y'a que ça de vrai) :
  • Tomates !
  • To...euh non, poivrons !
  • Chou-fleur !
  • Sa.. euh non (légume interdit), ch... raaah non (légume qui vient d'être cité)! Tomates ! 
Et donc en fait très vite, ben ça devient n'importe quoi. Parce qu'il y a le légume que vos yeux voient, celui-ci que vos oreilles viennent d'entendre, sans compter le légume interdit par les cafards, et au final votre cerveau tout embrouillé a bien du mal à choisir rapidement le bon ingrédient pour cette maudite salade. Bref, on devient dingue, mais on rigole aussi beaucoup. (et si vous avez rien compris, y'a une chouette vidéo sur le site de l'éditeur)

Au final vous avez un petit jeu très amusant pour toute la famille, la prise en main et la compréhension des règles sont très rapides, mais ça ne vous empêchera pas de vous emmêler les pinceaux à la première occasion : Tom.. euh non, Sal.. raah non ! Po... raah non plus, Chou-fleur, raaaaaah non ! Tomates !!!! 

Salade de cafards, le jeu qui te rend chèvre (chaud ?), à partir de 6 ans.

10 février 2013

Mon village

Je suis une grande fan du très beau blog de la talentueuse Delphine Doreau, et il m'arrive souvent de rêver devant les tutos qu'elle propose pour se fabriquer des petites maisons en papier toutes mignonnes. Sauf que n'étant pas super douée des ciseaux et de la colle (et aussi un peu feignassou sur les bord, ok, ok), jusque là je m'étais contentée de rêver. 

Et puis pour ses 6 ans, j'ai offert à fille aînée Mon Village, un album qui permet de construire un village donc, avec des feuilles en papier cartonnées prédécoupées pour les bâtiments et les personnages. Eh ben je peux vous dire que ce fut un coup de cœur pour la mère comme pour la fille. Je crois que j'ai jamais vu un truc aussi choupi de mon existence, en plus le montage est super facile à faire ce qui ne gâche rien. Cerise sur le gâteau, si comme moi vous détestez manipuler de la colle (je m'en fous toujours plein les doigts et à la fin c'est dégueu), on peut aussi tout assembler avec du scotch, ça marche très bien (et pour une visite en photos du résultat final, on peut faire un tour par là). 

Gros, gros, succès aussi auprès des copines de fille aînée qui ont chacune fabriqué une des maisonnettes lors de sa fête d'anniversaire, y'en a même une qu'a essayé discrétos de nous barboter le bouquin, mais j'avais l’œil non mais ho !

Un dernier détail qui compte, le prix (ben oui c'est le genre d'ouvrage que vous pouvez difficilement emprunter à votre médiathèque). Le livre est vendu 11€90, et franchement, compte tenu de la qualité (beauté et praticité) et de la quantité de l'ouvrage (17 maisons, soit de quoi occuper plusieurs enfants pour un moment) je trouve ça remarquablement raisonnable.

Mon Village, par Delphine Doreau, un livre pour occuper les petites mains de ton nain dès 6 ans.

03 février 2013

L'ours et les fées pipelettes

D'un côté on a les fées pipelettes, les bien-nommées. Trois petites coquines qui enquillent les âneries jusqu'à se faire envoyer en punition au bout du bout du monde.

Dans ce bout du bout du monde il y a un ours. Un ours solitaire, bourru et bougon, qui a pris l'habitude de se parler tout seul. 

Comme on pouvait s'y attendre, les débuts de la cohabitation entre l'ours et les fées est orageux. Mais doucement, chaque partie va apprivoiser l'autre et il sera bien dur de se quitter quand la punition sera levée...

Voilà un joli conte, tout tendre et qui me touche toujours, sans doute parce qu'à la maison j'ai mon propre trio de fées pipelettes...

L'ours et les fées pipelettes, Anne-Isabelle Lacassagne et Emilio Urberuaga, une belle histoire à lire dès trois ans.