29 octobre 2017

Mysterium


Nous sommes dans les années 20, au coeur de la lande écossaise, médium de renom, vous venez d'être invité·e au manoir de lord MacDowell pour élucider un assassinat vieux de cinquante ans. Il va donc falloir établir le contact avec le fantôme de la victime, et surtout réussir à interpréter les visions qu'il va vous envoyer pour enfin identifier le ou la coupable, ainsi que les circonstances du crime.


Jeu atypique, Mysterium est une sorte de croisement entre un Cluedo et Dixit. Il faut donc trouver un·e meurtrier·e, un lieu et une arme. Mais au lieu de traîner ses basques d'une pièce à l'autre en faisant des propositions au hasard, on s'appuie sur les visions transmises par le fantôme qui sont parfois sacrément cryptiques (il faut dire aussi que le pauvre fait ce qu'il peut avec ce qu'il a dans sa main). Personnellement je n'aime pas le Cluedo, mais j'adore Dixit et j'adore tout autant Mysterium, qui a d'ailleurs été adopté par tous les enfants de la famille (même celles n'ayant officiellement pas l'âge requis pour y jouer). Malgré son thème quelque peu anxiogène (et néanmoins parfait pour Halloween), Mysterium est donc un excellent jeu familial, d'autant qu'il est coopératif et que les participant·e·s sont donc incité·e·s à dialoguer et échanger leurs impressions durant les parties (dont la durée est limitée, un autre bon point qu'il convient de souligner). 

Ma seule recommandation serait de réserver le rôle du fantôme à un·e joueur·se expérimenté·e. Chez nous tout le monde veut toujours faire le fantôme, mais force est de constater que quand c'est la petite dernière qui s'y colle, les explications derrière ses visions sont particulièrement tarabiscotées et ça complique notoirement la donne. Remarquez on peut aussi voir ça comme une façon de pimenter le jeu, celui-ci changeant pas mal de style selon qu'on joue avec un fantôme de 40 ou de 8 ans...

Enfin, il faut également mentionner que le matériel est magnifique, avec des illustrations gothiques à souhait et très riches (pour permettre de multiples associations d'idées avec les visions) qui viennent parfaitement servir la thématique du jeu.

Mystérium, une histoire de fantôme qui va vous hanter, pour les détectives en herbe à partir de 10 ans (bon, et avant aussi, faudra juste un peu adapter).


En fait c'était l'institutrice dans la salle de bains avec une machine à écrire qui avait fait le coup.
Ben amuse toi bien pour faire deviner ça tiens...

22 octobre 2017

Princesse Sara

Dans les parents lecteurs de ce blog, je pense qu'on est nombreux.ses à avoir été biberonné.e.s à Princesse Sara, la petite fille qui savait rester digne et courageuse dans l'adversité, que ce soit via le roman original de Frances Hodgson Burnett, ou/et surtout via la série animée japonaise diffusée sur les écrans français dans les années 80.

Bon, soyons franc.he.s, quand les filles m'ont ramené de la médiathèque les premiers tomes de l'adaptation en BD de la série, je craignais un peu le pire :
  • De une, parce que les récits du style Contre mauvaise fortune bon coeur à destination des petites filles pour bien leur faire accepter leur destin (moisi) avec le sourire, c'est moyennement ma came.
  • Et de deux, parce que l'univers Manga/Steampunk/Girly dans lequel la série a été transposée me laissait un peu perplexe.
Et puis, d'épisode en épisode, il faut bien admettre que tou.te.s les membres de la maisonnée (papa compris) sont progressivement tombé.e.s sous le charme. Déjà parce que sur le plan visuel le style du dessin est très riche (avec un travail impressionnant sur la garde-robe des personnages et les automates omniprésents dans le récit). Et puis surtout, parce qu'à partir du tome 5, Sara et sa bande de potes sont désormais adultes, ce qui permet de faire gagner de la profondeur aux personnages. Notre héroïne se mue en ingénieure mécanicienne de génie qui sait mener sa barque comme elle l'entend, et on a même la joie de retrouver l'horrible Lavinia, devenue une adorable peste attachiante à souhait. 

Bref les autrices ont su faire grandir la série avec talent, et celle-ci a définitivement quitté les rivages de Culculland pour un univers plus sombre et qui s'apparente plus à Jules Verne (d'ailleurs remercié en ouverture du tome 10) qu'à Candy.

Princesse Sara, d'Audrey Alwett, Nora Moretti et Marina Duclos, une série beaucoup plus jolie, à découvrir à partir de 7 ans.

Et puis franchement, une série dont la couverture cite le My Fair Lady de Cukor ne peut fondamentalement pas être mauvaise.

15 octobre 2017

Baccade

Baccade c'est un jeu de cartes où il va vous falloir rassembler de charmants cochonnets dodus à souhait et de jolies patates tout aussi sympathiques.

En première approximation Baccade pourrait donc passer pour un bête jeu des 7 familles, mais que nenni ! D'une part on a le droit de panacher sa famille, moitié cochons-moitié patates, et d'autre part, des cartes spéciales vont venir chambouler la partie en cours.

Au final, Baccade vient donc ajouter un peu de peps dans un jeu (les 7 familles donc) qui me fait d'ordinaire mourir d'ennui, permet de passer un chouette moment avec vos plus jeunes joueurs, et cerise sur la soupière, les illustrations sur les cartes sont absolument ravissantes. Tout cela en fait un petit classique qui aura toute sa place dans votre sac de voyage avec les nains.

Baccade, un jeu pour grogner de plaisir à partir de 5 ans.


08 octobre 2017

Super Sauvage (Histoire d'un bichon libre)


Pipo est un joli bichon blanc, un mignon toutou, un tout petit chouchou à sa maman. Mais Pipo a aussi sa dignité. Alors quand sa maîtresse envisage de l'envoyer au salon de coiffure, sa décision est prise.

Pipo se casse.

À lui la liberté et les grands espaces, Pipo veut redevenir sauvage, et je dirais même plus, SUPER sauvage.

Enfin bon, la liberté c'est bien beau, mais c'est pas du gâteau. Heureusement, la route de Pipo va croiser celle d'Attila, un chat qui s'y connait en sauvagerie et saura le guider sur le chemin de la liberté.

Ou pas

Super Sauvage, c'est l'histoire d'une émancipation à hauteur de bichon, avec en accompagnement une super bande-son, et qui remplit à merveille le programme inscrit sur la couverture de l'album, Ukulélé, Aventure & Rock'n'roll, yeah baby !

Super Sauvage, de Dorothée de Monfreid avec des musiques de Tony Truant, un album super attachant à partir de 5 ans.

(que limite à la fin j'avais trop envie d'adopter un bichon tout choupi alors qu'en vrai j'aime même pas les chiens, c'est dire)

01 octobre 2017

Dad

Après la délicieuse Mamette, qui faisait déjà la joie de Superchouette, son auteur Nob a décidé de changer de génération avec la série Dad, qui se penche sur la vie quotidienne d'un père célibataire. 

Ancien beau gosse désormais rangé des voitures, Dad s'occupe des ses quatre filles nées de quatre mères différentes : Pandora la toujours sérieuse, Ondine qui brise les coeurs au collège, Roxane la sportive et Bébérénice l'adorable bout de chou. La série chronique avec beaucoup de délicatesse l'ensemble des petits moments qui font la vie d'un parent, que ce soit les instants de complicité tendres, comme les remarques vachardes que notre progéniture est capable de balancer l'air de rien. 

La série est aussi un portrait de père atypique dans la BD, où les stéréotypes de genre ont encore la vie dure, notamment quand il s'agit de montrer des pères en costard qui rentrent claqués du boulot et des mères l'aspirateur à la main (oui, Boule & Bill et Cédric, c'est bien à vous que je pense !). Dad est d'ailleurs à ma connaissance la seule série qui montre avec tant de détails l'ensemble des tâches associées à la vie de parent au foyer (ménage, linge, courses, cuisine etc...) et qui sont d'ordinaire complètement invisibilisées. Je ne dis pas que vos enfants prendront soudainement conscience du boulot que vous abattez à la maison en lisant un album, mais ça peut toujours servir de point de départ à une saine discussion le jour où ils hurleront une fois de plus à l'esclavage parce que vous leur aurez demandé de mettre la table (ben quoi, on peut toujours rêver non ?)

Dad, de Nob, une très belle série sur la vie de famille à partir de 7 ans.


24 septembre 2017

Aliénor Mandragore

Aller aux champignons avec son vieux papa bougon et écouter d'une oreille distraite ses leçons de mycologie, ce sont des choses qui pourraient arriver à n'importe quelle petite fille.

Mais ensuite, tuer son vieux papa d'un cri de mandragore, et se retrouver harcelée par son fantôme pour trouver un sort de résurrection fissa avant que l'Ankou ne l'embarque définitivement, ça c'est nettement moins courant.

C'est pourtant ce qui attend Aliénor, fille de Merlin l'enchanteur (en personne et surtout en esprit pour la majeure partie de l'album), qui va devoir apprendre à faire sans son papounet et surtout en sorte que son papounet revienne parmi les vivants au plus vite. Une mission qui, on l'imagine bien, ne va pas s'avérer de tout repos.

Aliénor Mandragore éclaire sous un jour nouveau les mythes arthuriens et les légendes bretonnes en y insufflant un vent de fantaisie qui vient joyeusement ébouriffer tout le petit peuple de Brocéliande. Ici on craque pour cette héroïne et le récit de son apprentissage pas piqué des hannetons.

Aliénor Mandragore, de Séverine Gauthier  et Thomas Labourot, des aventures ensorcelantes à découvrir dès 8 ans.


17 septembre 2017

Colt Express

Le 11 juillet 1899, 10 heures du matin. L'Express de l'Union Pacific vient de quitter Folsom au Nouveau-Mexique avec 47 passagers à son bord. Quelques minutes plus tard, on entend des bruits de pas précipités sur le toit, puis les premiers coups de feu. Des bandits armés jusqu'aux dents braquent sans pitié les voyageurs afin de s'accaparer leurs effets personnels.

Bonne nouvelle, en tant que joueur, vous faites justement partie des bandits (et faut avouer que c'est nettement plus fun) et votre objectif se résume à ces quelques mots:

Prends l'oseille et tire-toi

Enfin, ça c'est la théorie.

La pratique va s'avérer un chouia plus compliquée, puisqu'à bord du train voyagent également un shérif, qu'il va bien sur falloir éviter de croiser, et puis aussi vos petits camarades truands, qui n'hésiteront pas à vous tirer dessus ou à essayer de vous dépouiller à la première occasion.

Colt Express est un jeu doublement original. Par sa mécanique d'abord, on monte un plan à plusieurs en amont, puis on le regarde se dérouler (spoiler, on n'est pas dans Ocean's 11, il risque d'y avoir des surprises). Mais également par son matériel de jeu (un véritable petit train à deux niveaux) qui sert parfaitement le thème. Du coup quand on ouvre la boite pour la première fois on est un peu intimidé par la quantité de trucs à monter et mettre en place, et puis en fait le jeu est très rapide à prendre en main, avec un parfait équilibre de stratégie et de coups tordus

Colt Express, pour vivre une vie de brigand, à partir de 9 ans.


10 septembre 2017

Folanimos

Soit douze animaux tout mélangés, tout étalés sur la table, chacun d'entre eux est formé d'un corps et d'une tête dépareillés.

OK

Maintenant, chaque joueur à son tour pioche une carte, dessus une tête, ou un corps d'animal.

Et il faut faire un cri.

Facile ?

Pas tant que ça, parce que le cri à pousser, ça n'est pas celui de l'animal sur la carte, mais celui qui est associé au dit animal dans les cartes étalées sur table.

Par exemple, si on s'appuie sur l'image suivante :

Je viens de piocher une tête de grenouille, donc là je crie, je crie ????

Mèèèèèèèè !
(parce que le corps de ma grenouille est associé à une tête de mouton)

Ok, c'est bon, je pense que vous avez compris le principe.

Donc voilà, Folanimos, c'est un petit jeu au principe simplissime, mais étonnamment retord quand il s'agit de le mettre en pratique, que ce soit pour les petits ou pour les grands et qui promet un paquet de fous rires à enchaîner les cris d'animaux jusqu'à trouver le bon.

Folanimos, un jeu simple et bien marrant, à partir de 4 ans.

03 septembre 2017

Maître Renard

Maître Renard cherche celui qui saura se montrer son digne héritier. 

Pour prendre la succession du célèbre chapardeur il faudra vous montrer à la hauteur, mais attention ! Aller piquer des bestioles à la ferme ça n'est pas si simple, loin de là, car notre voleur agit de nuit, et quand on n'y voit goutte, ça n'est pas toujours si facile de distinguer une poule d'un canard et un cochon d'une vache (si, si, je vous assure...).

En pratique, chaque joueur revet un masque de renard, avant d'entendre la mission du soir (un fromage, un poisson, un cheval ou que sais-je quel autre animal). Après c'est parti ! Chacun plonge la main dans la basse-cour à la recherche d'animaux à piocher et il faut être le premier à rassembler un butin complet.

Maître Renard est donc un jeu de reconnaissance tactile, mais où les formes des figurines à reconnaître ont été subtilement travaillées pour n'être pas si faciles que ça à distinguer les unes des autres. Donc c'est un vrai challenge d'être à la fois rapide et précis pour accomplir sa mission. Surtout qu'à chaque tour, de nouveaux pions "ruse" apparaissent dans le jeu, qui viennent corser l'affaire (en permettant de piquer le butin d'un autre joueur par exemple).

Ce mécanisme de jeu malin et original est superbement servi par un très beau matériel de jeu, que ce soit les figurines donc, mais aussi les illustrations sur les cartes et la boite qui font immédiatement envie. Dernier point notable, Maître Renard est un jeu conçu suite à une réflexion sur le handicap de son créateur Frédéric Vuagnat, et il est parfaitement accessible à une personne non voyante sans aucune adaptation de matériel, ce qui est en fait rarissime (voire inexistant ? Je n'ai aucun autre exemple dans ma ludothèque) dans le monde du jeu. Alors certes on ne fait pas un bon jeu avec de bonnes intentions et d'ailleurs je n'ai découvert cette particularité de Maître Renard qu'après l'avoir testé, mais en l'occurence, cette contrainte initiale sur l'accessibilité du jeu a abouti à une très grande réussite qui saura plaire à tous.

Maître Renard, un jeu épatant à partir de 7 ans.

01 septembre 2017

Superchouette best-of !

Après deux mois de vacances, voici donc notre sélection annuelle de musique/film/jeux qui continuent à enchanter la superchouette marmaille :
  • En vue d'un concert à l'automne (et de la sortie du tome 3), on a redécouvert le toujours excellent Enfantillages 2 d'Aldebert, qui fait la joie de toute la famille à chaque fois qu'on prend la route (faut nous entendre beugler DU GROS SON dans la voiture à chaque fois que le morceau passe...)
  • Pour la poésie, on s'est re-re-re-revu le magnifique Chant de la mer (un film qui a d'ailleurs aussi une très belle bande son)
  • Alors que ses aînées sont désormais passées à des jeux plus pointus, n°3 nourrit depuis peu une passion sans limites pour le Labyrinthe, qu'elle nous ressort donc à la moindre occasion. Ce jeu c'est tellement un classique je crois qu'on y jouera encore quand on aura des petits enfants.
(Du Gros Son, la chanson qui va bien pout pogoter avec tes nains)