dimanche 15 octobre 2017

Baccade

Baccade c'est un jeu de cartes où il va vous falloir rassembler de charmants cochonnets dodus à souhait et de jolies patates tout aussi sympathiques.

En première approximation Baccade pourrait donc passer pour un bête jeu des 7 familles, mais que nenni ! D'une part on a le droit de panacher sa famille, moitié cochons-moitié patates, et d'autre part, des cartes spéciales vont venir chambouler la partie en cours.

Au final, Baccade vient donc ajouter un peu de peps dans un jeu (les 7 familles donc) qui me fait d'ordinaire mourir d'ennui, permet de passer un chouette moment avec vos plus jeunes joueurs, et cerise sur la soupière, les illustrations sur les cartes sont absolument ravissantes. Tout cela en fait un petit classique qui aura toute sa place dans votre sac de voyage avec les nains.

Baccade, un jeu pour grogner de plaisir à partir de 5 ans.


dimanche 8 octobre 2017

Super Sauvage (Histoire d'un bichon libre)


Pipo est un joli bichon blanc, un mignon toutou, un tout petit chouchou à sa maman. Mais Pipo a aussi sa dignité. Alors quand sa maîtresse envisage de l'envoyer au salon de coiffure, sa décision est prise.

Pipo se casse.

À lui la liberté et les grands espaces, Pipo veut redevenir sauvage, et je dirais même plus, SUPER sauvage.

Enfin bon, la liberté c'est bien beau, mais c'est pas du gâteau. Heureusement, la route de Pipo va croiser celle d'Attila, un chat qui s'y connait en sauvagerie et saura le guider sur le chemin de la liberté.

Ou pas

Super Sauvage, c'est l'histoire d'une émancipation à hauteur de bichon, avec en accompagnement une super bande-son, et qui remplit à merveille le programme inscrit sur la couverture de l'album, Ukulélé, Aventure & Rock'n'roll, yeah baby !

Super Sauvage, de Dorothée de Monfreid avec des musiques de Tony Truant, un album super attachant à partir de 5 ans.
(que limite à la fin j'avais trop envie d'adopter un bichon tout choupi alors qu'en vrai j'aime même pas les chiens, c'est dire)

dimanche 1 octobre 2017

Dad

Après la délicieuse Mamette, qui faisait déjà la joie de Superchouette, son auteur Nob a décidé de changer de génération avec la série Dad, qui se penche sur la vie quotidienne d'une père célibataire. 

Ancien beau gosse désormais rangé des voitures, Dad s'occupe des ses quatre filles nées de quatre mères différentes : Pandora la toujours sérieuse, Ondine qui brise les coeurs au collège, Roxane la sportive et Bébérénice l'adorable bout de chou. La série chronique avec beaucoup de délicatesse l'ensemble des petits moments qui font la vie d'un parent, que ce soit les instants de complicité tendres, comme les remarques vachardes que notre progéniture est capable de balancer l'air de rien. 

La série est aussi un portrait de père atypique dans la BD, où les stéréotypes de genre ont encore la vie dure, notamment quand il s'agit de montrer des pères en costard qui rentrent claqués du boulot et des mères l'aspirateur à la main (oui, Boule & Bill et Cédric, c'est bien à vous que je pense !). Dad est d'ailleurs à ma connaissance la seule série qui montre avec tant de détails l'ensemble des tâches associées à la vie de parent au foyer (ménage, linge, courses, cuisine etc...) et qui sont d'ordinaire complètement invisibilisées. Je ne dis pas que vos enfants prendront soudainement conscience du boulot que vous abattez à la maison en lisant un album, mais ça peut toujours servir de point de départ à une saine discussion le jour où ils hurleront une fois de plus à l'esclavage parce que vous leur aurez demandé de mettre la table (ben quoi, on peut toujours rêver non ?)

Dad, de Nob, une très belle série sur la vie de famille à partir de 7 ans.


dimanche 24 septembre 2017

Aliénor Mandragore

Aller aux champignons avec son vieux papa bougon et écouter d'une oreille distraite ses leçons de mycologie, ce sont des choses qui pourraient arriver à n'importe quelle petite fille.

Mais ensuite, tuer son vieux papa d'un cri de mandragore, et se retrouver harcelée par son fantôme pour trouver un sort de résurrection fissa avant que l'Ankou ne l'embarque définitivement, ça c'est nettement moins courant.

C'est pourtant ce qui attend Aliénor, fille de Merlin l'enchanteur (en personne et surtout en esprit pour la majeure partie de l'album), qui va devoir apprendre à faire sans son papounet et surtout en sorte que son papounet revienne parmi les vivants au plus vite. Une mission qui, on l'imagine bien, ne va pas s'avérer de tout repos.

Aliénor Mandragore éclaire sous un jour nouveau les mythes arthuriens et les légendes bretonnes en y insufflant un vent de fantaisie qui vient joyeusement ébouriffer tout le petit peuple de Brocéliande. Ici on craque pour cette héroïne et le récit de son apprentissage pas piqué des hannetons.

Aliénor Mandragore, de Séverine Gauthier  et Thomas Labourot, des aventures ensorcelantes à découvrir dès 8 ans.


dimanche 17 septembre 2017

Colt Express

Le 11 juillet 1899, 10 heures du matin. L'Express de l'Union Pacific vient de quitter Folsom au Nouveau-Mexique avec 47 passagers à son bord. Quelques minutes plus tard, on entend des bruits de pas précipités sur le toit, puis les premiers coups de feu. Des bandits armés jusqu'aux dents braquent sans pitié les voyageurs afin de s'accaparer leurs effets personnels.

Bonne nouvelle, en tant que joueur, vous faites justement partie des bandits (et faut avouer que c'est nettement plus fun) et votre objectif se résume à ces quelques mots:

Prends l'oseille et tire-toi

Enfin, ça c'est la théorie.

La pratique va s'avérer un chouia plus compliquée, puisqu'à bord du train voyagent également un shérif, qu'il va bien sur falloir éviter de croiser, et puis aussi vos petits camarades truands, qui n'hésiteront pas à vous tirer dessus ou à essayer de vous dépouiller à la première occasion.

Colt Express est un jeu doublement original. Par sa mécanique d'abord, on monte un plan à plusieurs en amont, puis on le regarde se dérouler (spoiler, on n'est pas dans Ocean's 11, il risque d'y avoir des surprises). Mais également par son matériel de jeu (un véritable petit train à deux niveaux) qui sert parfaitement le thème. Du coup quand on ouvre la boite pour la première fois on est un peu intimidé par la quantité de trucs à monter et mettre en place, et puis en fait le jeu est très rapide à prendre en main, avec un parfait équilibre de stratégie et de coups tordus

Colt Express, pour vivre une vie de brigand, à partir de 9 ans.


dimanche 10 septembre 2017

Folanimos

Soit douze animaux tout mélangés, tout étalés sur la table, chacun d'entre eux est formé d'un corps et d'une tête dépareillés.

OK

Maintenant, chaque joueur à son tour pioche une carte, dessus une tête, ou un corps d'animal.

Et il faut faire un cri.

Facile ?

Pas tant que ça, parce que le cri à pousser, ça n'est pas celui de l'animal sur la carte, mais celui qui est associé au dit animal dans les cartes étalées sur table.

Par exemple, si on s'appuie sur l'image suivante :

Je viens de piocher une tête de grenouille, donc là je crie, je crie ????

Mèèèèèèèè !
(parce que le corps de ma grenouille est associé à une tête de mouton)

Ok, c'est bon, je pense que vous avez compris le principe.

Donc voilà, Folanimos, c'est un petit jeu au principe simplissime, mais étonnamment retord quand il s'agit de le mettre en pratique, que ce soit pour les petits ou pour les grands et qui promet un paquet de fous rires à enchaîner les cris d'animaux jusqu'à trouver le bon.

Folanimos, un jeu simple et bien marrant, à partir de 4 ans.


dimanche 3 septembre 2017

Maître Renard

Maître Renard cherche celui qui saura se montrer son digne héritier. 

Pour prendre la succession du célèbre chapardeur il faudra vous montrer à la hauteur, mais attention ! Aller piquer des bestioles à la ferme ça n'est pas si simple, loin de là, car notre voleur agit de nuit, et quand on n'y voit goutte, ça n'est pas toujours si facile de distinguer une poule d'un canard et un cochon d'une vache (si, si, je vous assure...).

En pratique, chaque joueur revet un masque de renard, avant d'entendre la mission du soir (un fromage, un poisson, un cheval ou que sais-je quel autre animal). Après c'est parti ! Chacun plonge la main dans la basse-cour à la recherche d'animaux à piocher et il faut être le premier à rassembler un butin complet.

Maître Renard est donc un jeu de reconnaissance tactile, mais où les formes des figurines à reconnaître ont été subtilement travaillées pour n'être pas si faciles que ça à distinguer les unes des autres. Donc c'est un vrai challenge d'être à la fois rapide et précis pour accomplir sa mission. Surtout qu'à chaque tour, de nouveaux pions "ruse" apparaissent dans le jeu, qui viennent corser l'affaire (en permettant de piquer le butin d'un autre joueur par exemple).

Ce mécanisme de jeu malin et original est superbement servi par un très beau matériel de jeu, que ce soit les figurines donc, mais aussi les illustrations sur les cartes et la boite qui font immédiatement envie. Dernier point notable, Maître Renard est un jeu conçu suite à une réflexion sur le handicap de son créateur Frédéric Vuagnat, et il est parfaitement accessible à une personne non voyante sans aucune adaptation de matériel, ce qui est en fait rarissime (voire inexistant ? Je n'ai aucun autre exemple dans ma ludothèque) dans le monde du jeu. Alors certes on ne fait pas un bon jeu avec de bonnes intentions et d'ailleurs je n'ai découvert cette particularité de Maître Renard qu'après l'avoir testé, mais en l'occurence, cette contrainte initiale sur l'accessibilité du jeu a abouti à une très grande réussite qui saura plaire à tous.

Maître Renard, un jeu épatant à partir de 7 ans.

vendredi 1 septembre 2017

Superchouette best-of !

Après deux mois de vacances, voici donc notre sélection annuelle de musique/film/jeux qui continuent à enchanter la superchouette marmaille :
  • En vue d'un concert à l'automne (et de la sortie du tome 3), on a redécouvert le toujours excellent Enfantillages 2 d'Aldebert, qui fait la joie de toute la famille à chaque fois qu'on prend la route (faut nous entendre beugler DU GROS SON dans la voiture à chaque fois que le morceau passe...)
  • Pour la poésie, on s'est re-re-re-revu le magnifique Chant de la mer (un film qui a d'ailleurs aussi une très belle bande son)
  • Alors que ses aînées sont désormais passées à des jeux plus pointus, n°3 nourrit depuis peu une passion sans limites pour le Labyrinthe, qu'elle nous ressort donc à la moindre occasion. Ce jeu c'est tellement un classique je crois qu'on y jouera encore quand on aura des petits enfants.
(Du Gros Son, la chanson qui va bien pout pogoter avec tes nains)

samedi 1 juillet 2017

Summer of Siouperchouette

C'est reparti pour nos deux mois de congés annuels durant lesquels on va partir à la pêche aux idées pour la superchouette marmaille.

Cette année on vous laisse avec quelques nouveautés parues dans des séries qu'on aime et qu'on a déjà chroniquées sur le blog :

  • Les jeux du Siècle, second tome des Mystères de Larispem, cette fois les choses sérieuses commencent pour nos jeunes héros qui vont en voir des vertes et des pas mures (et le roman s'achève sur un cliffhanger de folaïe, mamamia, je sais pas comment je vais encore tenir un an moi !)
  • La mémoire de Babel, troisième tome de la Passe-Miroir, la série est toujours éblouissante d'inventivité et de poésie (et là aussi on conclut avec un sacré bon suspense de derrière les fagots).
  • L'Armée des steppes, sixième tome de Bjorn le Morphir, notre héros poursuit ses aventures afin de sauver son royaume et ça n'est pas de tout repos !
Avec tout ça, il ne nous reste plus qu'à vous souhaiter un superbe été et de superchouettes lectures !

dimanche 25 juin 2017

Monster Ghost


Monster Ghost commence comme un jeu de loto standard : On lance le dé, on retourne une pièce avec le monstre indiqué par le dé, et on pose le fantôme ainsi découvert sur sa carte. Sauf que les fantômes, il en existe six différents et qu'il est interdit d'en avoir deux identiques pour compléter sa carte. Donc au fur et à mesure que la partie avance, le jeu se transforme en memory, et il va falloir se souvenir de quel fantôme est caché sous quel monstre pour arriver au but.


Encore un petit jeu simple et très joliment réalisé par Djeco, et pour lequel n°3 (5 ans) a eu un gros coup de coeur. Cerise sur le gâteau (hanté), on peut aussi moduler les règles pour adapter le niveau de difficulté aux petits joueurs, ce qui vous permettra d'en profiter sur la durée.

Monster Ghost, un jeu de monstres gentils pour s'amuser à partir de quatre ans.

dimanche 18 juin 2017

Kingdomino

Dans Kingdomino vous bâtissez votre  royaume en posant des dominos (jusque là tout va bien, on aurait même pu s'en douter vu le nom du jeu). 

La subtilité, c'est qu'au lieu de piocher lesdits dominos au hasard, vous pouvez tenter de choisir ceux qui vous rapporteront les plus de points, mais attention ! Les premiers servis seront ensuite les derniers !

De prime abord le jeu me faisait plutôt penser à Carcassonne (un folklore médiéval bien illustré et des tuiles à poser), mais il a le grand mérite de se jouer en parties brèves (un royaume c'est 12 dominos et pas un de plus) qui permettent une prise en main rapide. Et surtout, la mécanique de jeu qui donne de la visibilité sur les deux prochains tours à venir est assez originale et très intéressante. Celle-ci confère au jeu un bon équilibre entre chance et stratégie qui le rend accessible à tous.

Kingdomino, pour construire le royaume le plus beau, à partir de 8 ans (et aussi pour les grands)

dimanche 11 juin 2017

Poules, renards, vipères

 Bon, en apparence tout est simple, dans le jeu y'a des poules, des renards et des vipères :

  • Si vous avez des poules, vous pouvez manger des vipères.
  • Si vous avez des renards vous pouvez manger des poules.
  • Si vous avez des vipères, vous pouvez manger des renards.
À moins, bien sur, que ce ne soit les autres joueurs qui vous boulottent vos cartes...


Voilà un petit jeu qui ne paye pas de mine (le packaging est mignon sans plus), choisi un peu au hasard par fille n°2 (7 ans 1/2), mais qui s'est avéré très sympathique pour jouer avec des enfants. Les manches sont courtes et nécessitent plus de subtilité qu'on ne l'imaginerait de prime abord. Il faut en effet savoir poser ses cartes au bon moment, ni trop tôt ou vous vous les ferez manger, ni trop tard ou elles vous resteront en main, et anticiper sur l'épuisement de la pioche qui marque le fin de la manche. Bref, c'est un chouette jeu familial pour des soirées animées.

Poules, renards, vipères, un jeu qui rend un peu chèvre, à partir de 7 ans.

dimanche 4 juin 2017

Les Cahiers d'Esther

Esther a 10 ans, vit à Paris, fréquente une école privée, et chaque semaine, elle raconte des épisodes de sa vie quotidienne, avec sa mère (plutôt sympa), son père (l'idole de ses jours) et son frère aîné (un ado tout blaireau).

Après La vie secrète des jeunes et Le retour au collège, Riad Sattouf continue donc sa radiographie de la jeunesse contemporaine en se penchant sur une petite fille (presque une pré-adolescente) et fait mouche à nouveau. Mais cette fois-ci le regard affuté de Sattouf se double d'une tendresse inédite pour sa jeune protagoniste (par contre le frangin ado en prend plein la tronche, déjà parce qu'on ne se refait pas, et d'autre part parce que j'imagine que sa petite soeur ne le loupe pas dans ses comptes-rendus hebdomadaires...). Au final, les histoires d'Esther sont à l'image de la couverture de l'album, en équilibre entre naïveté, drôlerie, une certaine cruauté impitoyable et parfois aussi du grand n'importe quoi difficilement compréhensible à nos yeux d'adultes.

Chez nous ce livre a pris une saveur toute particulière, puisque n°1, ma lectrice testeuse, a le même âge et le même prénom que l'héroïne de Sattouf  (la vérité !). Du coup on a pas mal discuté de l'album ensemble, et j'ai pu constater que mon Esther partage les mêmes préoccupation que son alter-ego de papier (et notamment de savoir quand elle aura enfin un téléphone), même si elle m'a rassurée sur le fait que dans son école, on ne dit pas autant de gros-mots quand même (Oh ça va, je peux bien la croire encore un peu hein...).

Les cahiers d'Esther (deux tomes déjà sortis, pour 10 et 11 ans), de Riad Sattouf, une BD à partager avec son pré-adolescent à partir de 10 ans.


dimanche 28 mai 2017

Le Worldshaker

Le Worldshaker est un navire-monde, une immense carcasse métallique qui héberge près de douze mille personnes. Ce bateau à vapeur gigantesque et en mouvement perpétuel transporte ce qui reste de l'aristocratie britannique après que des décennies de guerres aient ravagé le vieux continent. Tout en haut on y trouve les classes supérieurs, oisives et servies par le petit peuple des Larbins, créatures silencieuses et manifestement lobotomisées. Loin en bas, ce sont les Immondes, esclaves modernes enfermés dans les cales du navire et tout juste bons à le faire tourner.

Colbert (on dit Col) Porpentine a 16 ans, et il fait partie de la haute. De la très haute même, puisqu'il est destiné à prendre un jour la suite de son grand-père, commandeur suprême du Worldshaker. Mais une nuit, Col fait la connaissance de Riff (tout court), Immonde en fuite, et voilà que son monde bascule. Col va découvrir la part d'ombre de l'univers parfait où il a grandi jusqu'ici (et accessoirement que sa mamie-gâteau préférée émarge au club des joyeux psychopathes). Dans les soutes du navire la révolte gronde, que va-t-il advenir du Worldshaker ?

Voilà un très chouette roman placé dans une ambiance victorienne steampunk, mais dont les préoccupations sont profondément contemporaines. On y trouve également deux beaux portraits d'adolescents qui vont faire leurs premiers pas dans une vie d'adulte, avec une héroïne remarquable. Vive, maline et culottée, Riff est tout simplement irrésistible, qui n'aurait pas envie de faire la révolution à ses côtés ?

Le Worldshaker (et sa suite Le Liberator), de Richard Harland, un roman qui vous embarque pour une sacrée aventure dès 10 ans.

dimanche 21 mai 2017

Le loup en slip

Quand du haut de sa tanière au dessus de la forêt, le loup lance son hurlement, les animaux ont les chocottes, les foies, la pétoche, les jetons, la frousse, des sueurs froides et le trouillomètre à zéro.

Bref, vous voyez le tableau.

La forêt a peur.

Mais la peur du loup, voyez vous, c'est un business qui tourne, pièges, alarmes, clôtures, brigade ou karaté anti-loup, il y a de quoi s'enrichir pour qui a le sens des affaires.

Et puis un jour, le loup descend dans la forêt.

En slip.

Avec des rayures rouges et blanches le slip.

Vous avez déjà eu peur d'un loup en slip vous ?

Ben voilà.

Ce volume hybride, à mi-chemin entre la bande-dessinée et l'album, est une petite merveille d'humour et d'intelligence qui vient tordre le coup aux clichés sur le grand méchant loup et ce par la seule force d'une slip à rayures. Avouez que ça n'est pas commun et que ça mérite bien une petite lecture !

Le loup en slip, de Wilfrid Lupano et Mayana Itoïz, un album réjouissant à lire de 5 à 100 ans.


PS pour les grands : les amateurs de bande-dessinée auront bien sur reconnu le nom du théâtre de marionnettes de la série (excellente) Les vieux fourneaux. En cadeau bonux à la fin de l'album, on retrouvera donc deux pages dessinées par Paul Cauuet avec les trois vieux briscards héros de la série mère.

dimanche 14 mai 2017

Songe à la douceur

Il y a dix ans, Tatiana (qui en avait quatorze) a aimé Eugène (qui en avait dix-sept), mais Eugène ne voulait pas.

Et puis dix ans plus tard, les revoilà, et cette fois-ci, Eugène se dit, Tatiana, pourquoi pas ?

Le pitch du roman vous rappelle vaguement quelque chose ? 

C'est normal (ou pas, personnellement j'y connais que dalle en littérature russe), puisqu'il s'agit d'une adaptation contemporaine, et en vers libres, du roman Eugène Oneguine de Pouchkine (et de l'opéra éponyme de Tchaikovski). Mais nul besoin de connaître l'oeuvre originale pour apprécier pleinement ce roman d'une infinie délicatesse où la narratrice nous présente les tourments de ses jeunes héros avec tendresse, mais aussi lucidité et juste ce qu'il faut d'humour. 

Un roman dont la poésie s'incarne dans les mots que l'on voit danser au fil des pages dans une mise en scène de toute beauté. Un roman qui nous rend amoureux de l'idée même d'amour. Enfin je voudrais souligner toute l'intelligence de la nouvelle fin imaginée par l'auteure (dans l'histoire d'origine, Tatiana, mal mariée, renonce à l'amour d'Eugène pour des raisons d'honneur et du coup tout le monde finit malheureux nous voilà bien tiens), sans céder au happy ending naïf, la conclusion version 2016 du roman de Tatiana et d'Eugène sait laisser des portes ouvertes et démontre magnifiquement l'intemporalité de leur histoire.

Songe à la douceur, de Clémentine Beauvais, une invitation vers un voyage intérieur à entreprendre dès 13 ans.

dimanche 7 mai 2017

Luna Viva

Luna a 17 ans, elle vit quasi séquestrée par un frangin psychopathe dans une roulotte au fond de la fête foraine où elle tire les cartes toute la journée. Quand nous faisons sa connaissance elle se remet tout juste d'une tentative de suicide aux barbituriques.

En résumé, la vie de Luna, c'est pas la joie.

Et puis voilà que Falcone, le chef du clan de forains de Luna, décide d'inscrire la diseuse d'avenir au grand Tournois des Voyantes. Sous la houlette d'Izabella, soeur du boss et voyante de renom, notre héroïne va parcourir un long chemin à la découverte d'elle même, des ses dons de voyance pas communs, mais aussi des dangers qui l'entourent (parce que comme dit le sage, un grand pouvoir entraîne de grandes responsabilités).

Luna Viva est un roman surprenant et captivant (ça fait bien longtemps que je ne m'étais pas couchée à deux heures du matin à cause d'un bouquin dévoré d'une seule traite) auquel je ne m'attendais guère (vu qu'une fois de plus je l'ai embarqué à la médiathèque sur la seule base de sa jolie couverture et d'un résumé lacunaire en quatrième). Situé dans un univers atypique (le monde des gens du voyage, forains, gitans, tziganes ou roms), le roman nous fait rencontrer en plus de son héroïne profondément attachante une galerie de personnages puissants et difficiles à oublier. Attention tout de même, bien qu'il s'agisse d'un roman jeunesse, la mélancolie et la tristesse profonde qui se dégagent des premiers chapitres du livre (lorsque le moral de Luna est au plus bas), ainsi que la dureté des relations entre Luna et son frère aîné (le psychopathe), en font un ouvrage peu adapté aux lecteurs les plus jeunes.

Luna Viva, d'Aurélie Benattar, un roman envoûtant à dévorer dès 14 ans.

dimanche 30 avril 2017

Prince !

Prince a 8 ans (comme tous les petits garçons de son âge) et un prénom pas des plus évidents à porter. 

C'est vrai quoi, normalement, les princes c'est beau, grand et fort, et ça parcourt le monde sur un beau destrier blanc à la recherche de princesses à sauver. Mais notre Prince à nous, sa came ce sont les comédies musicales et les tartes aux fraises, autant vous dire qu'on est loin du compte. Alors pour devenir un prince, un vrai, notre héros décide de partir à l'aventure, flanqué d'une fine équipe composé de Patuta, fée bricoleuse en bleu de travail de son état, et Ragon, le dragon nain avec des yeux en forme de coeur.

Joyeux, jazzy et jubilatoire, Prince ! dépoussière les contes musicaux et redistribue les cartes de l'orchestre avec malice. Le basson lassé de jouer les grands-père incarne cette fois le héros, le tuba prête ses flonflons à la fée Patuta, et c'est une flute qui donne sa voix au dragon. Bref, tout les clichés sont mélangés et c'est pour le mieux. Cerise sur le gâteau, la narration est assurée par la formidable Nicole Ferroni, dont la gouaille fait merveille tout au long du disque. Bref, c'est un rudement chouette album que voilà, et comme le dit la chanson de nos héros,

Les cases c'est vous que ça rassure, la vie est belle hors les murs !

Prince !, composé par Sophie Boeuf et illustré par Isabelle Fournier, un conte qui enchantera les enfants dès 4 ans.

En cadeaux bonux, je vous mets la vidéo de présentation de l'album par Ferroni herself:


Et vous pouvez écouter des extraits sur le site de l'éditeur.

dimanche 23 avril 2017

Retrouve-moi dans Paris

En cinq doubles pages  fourmillant de détails, ce grand album cartonné emmène petits et grands à la découverte de la capitale. Aux lecteurs de retrouver au fil des pages les personnages emblématiques de la culture française et de la vie parisienne (de Coco Chanel à Marie Curie en passant par un des balayeurs en vert) dans un périple plein d'humour et qui ne sera pas de tout repos.

Dans la famille on a découvert les albums de Judith Drews il y a quatre ans, lors d'un voyage à Stockholm. Depuis notre collection s'est agrandie avec Berlin, puis Barcelone, et on les trouve toujours aussi chouettes. Les livres sont parfaits pour permettre aux jeunes voyageurs de s'approprier la ville, et la dizaine de petits personnages qui évoluent d'une page à l'autre amène des tas lectures différentes où l'on repérera à chaque passage de nouveaux détails.

Retrouve-moi à Paris (mais aussi à Londres, Berlin, Barcelone ou Stockholm), de Judith Drews, un voyage épatant à faire dès trois ans.



dimanche 16 avril 2017

Le labo

Des iguanodons à la spintronique en passant par le Musée du Louvre, Jean-Yves Duhoo est allé rendre visite à dix laboratoire de recherche couvrant des sujets très variés et a laissé les scientifiques lui expliquer leur métier au quotidien. Cette bande-dessinée est le compte-rendu de ces visites et met ces travaux de recherche de pointe accessibles à tous. 

De base, Jean-Yves Duhoo n'est pas plus scientifique que ses lecteurs, mais il a réalisé un travail de transcription remarquable, réussissant à rendre compte avec clarté des enjeux associés à chacune des recherches présentées en seulement deux doubles pages, et avec même une petite pointe d'humour à la fin. Pour ceux qui veulent en savoir plus, l'album comprend également en annexe des pages qui décrivent plus en détail les sujets de recherche introduits dans la bande-dessiné. Bref, c'est clair, précis, c'est de la bonne bande-dessinée et de la très bonne vulgarisation (foi de chercheuse) et c'est à mettre entre toutes les mains .

Le labo, de Jean-Yves Duhoo, un chouette BD pour découvrir les sciences à partir de 12 ans.


dimanche 9 avril 2017

Wazabi

Dans Wazabi, le principe de base est simple, vous démarrez avec quatre dés, dont vous devez vous débarrasser. Pour ce faire, vous pouvez soit les fourguer à vos adversaires (via le tirage de dés qui va bien), soit les retirer du jeu grâce aux pouvoirs des cartes que vous avez piochées. 

Le problème c'est que moins on a de dés, plus il est difficile d'activer une carte.

L'autre problème c'est que certaines de ces cartes ont le pouvoir de tout chambouler le jeu (du genre, vous pensiez presque y être, et tout le monde échange ses dés, et hop, c'est reparti comme en quarante), donc il va falloir rester vigilant jusqu'au bout !

Wazabi est donc un chouette petit jeu d'ambiance, très facile d'accès, avec des parties courtes et rythmées et des retournement de situation qui évitent la monotonie. Son seul défaut du point de vue familial est un packaging assez moche qui dessert beaucoup le jeu. On l'a offert à Noël à fille aînée (10 ans), et il lui a fallu trois mois avant d'accepter de jouer avec et de s'apercevoir qu'il était très chouette. Donc ne faites pas comme nous, gagnez du temps et ne vous laissez pas arrêter pas un graphisme pas très emballant.

Wazabi, un jeu qui ne manque pas piquant, à partir de 8 ans.

dimanche 2 avril 2017

L'école maternelle

C'est quoi une école ? 
Qu'est ce qu'on y fait de sa journée ? 
On y apprend quoi ? 
Comment c'est la vie en collectivité ?

Autour des ces grandes questions, cette imagier joliment illustré à huit mains vient répondre aux interrogations des tous petits. Ici on l'a offert à n°3 quelques mois avant sa rentrée en maternelle, ce qui lui a permis de mieux comprendre la quotidien de ses aînées déjà scolarisées. Une fois entrée en petite section on l'a encore beaucoup parcouru car il lui servait de support pour nous raconter sa vie en classe. Et maintenant qu'elle est chez les moyens on le ressort toujours régulièrement. Bref, à la maison c'est notre album de référence sur la vie en maternelle.

J'apprécie également le gros travail qui a été fait dans les illustrations sur la diversité des personnages. Que ce soit en ce qui concerne le genre, au fil des pages on trouve autant de papas que de mamans, de maîtres que de maîtresses, ou en terme de représentation des minorités, on trouve autant d'enfants racisés que blancs, ainsi que des enfants en situation de handicap. C'est un album vraiment inclusif, il semble que ce soit souvent le cas des ouvrages de chez Milan, mais c'est suffisamment rare en édition jeunesse pour être souligné.

L'école maternelle, illustré par Benjamin Bécue, Anouk Ricard, Emmanuel Ristord et Gaëlle Souppart, un album pour accompagner les petits à partir de deux ans et pour un bon moment.
 


dimanche 26 mars 2017

Dix petits amis déménagent

Sur la page de gauche, une maison, meublée et pleine d'enfants. Sur la page de droite une autre maison, vide celle-là. Entre, une page représentant les deux façades avec des découpes pour les fenêtres (qui permettent donc de jeter un coup d'oeil dans la maison derrière la page). À chaque page tournée, c'est un des enfants qui passe dans la maison de droite, emportant avec lui une partie du mobilier et de la décoration. 

Une fois l'album fini, la maison de gauche est vidée est celle de droite est remplie, mais si votre jeune lecteur le souhaite, rien ne vous empêche de repartir dans l'autre sens !

Dix petits amis, fait parti de ses albums sans paroles, simples et efficaces, qui se prêtent à de multiples utilisations. C'est un livre à compter bien sur, mais on peut également travailler sur l'observation, en repérant les pièces de mobilier qui changent de maison, s'amuser à faire coucou par les fenêtres, ou encore inventer une histoire à chacun des petits personnages. Bref, c'est le genre d'album qui risque d'occuper vos petits lecteurs pour un bon moment.

Dix petits amis déménagent, de Mitsumasa Anno, un album sur lequel compter à partir de 3 ans.


dimanche 19 mars 2017

Ma vie de Courgette

Icare, dit Courgette, a neuf ans et suite au décès de sa mère (alcoolique et maltraitante), le petit garçon se retrouve seul et se voit placé aux Fontaines, un foyer d'accueil. Inutile de préciser que les enfants qu'il y retrouve ont rejoint le foyer pour des raisons bien loin d'êtres réjouissantes. Pourtant, cette petite bande de cabossés va apprendre à se reconstruire doucement, avec humour et solidarité.

Ma vie de Courgette a beau être un (magnifique) film d'animation en stop motion, son propos est loin d'être léger, et on y est finalement plus près de Ken Loach ou des frères Dardenne que des studios AardmannMalgré tout, ce film reste profondément émouvant et lumineux, éclairé par l'humour de ses protagonistes, et parle avec délicatesse de résilience, d'amitié et de familles.

Quand j'ai découvert le synopsis du film, j'ai longuement hésité avant de n'y emmener que fille aînée (10 ans), car je trouvait que le sujet était trop dur pour n°2 (7 ans). Mais quelques semaines plus tard elle est allée le voir avec son centre des loisirs et est revenue très heureuse. Donc au final je dirais que ce film est visible à partir 7 ans, parce qu'il est d'une grande intelligence et aussi plein d'humour, MAIS en contrepartie il faut être prêt à passer du temps avec les jeunes spectateurs qui se poseraient des questions sur les thèmes abordés (maltraitance, abandon etc...).

Ah et aussi prévoyez des mouchoirs pour votre soirée DVD (pas forcément pour les plus jeunes, mais plutôt pour les parents d'ailleurs).

Ma vie de Courgette, réalisé par Claude Barras, un film très beau (et parfois rigolo), qu'on peut voir dès 7 ans.

dimanche 12 mars 2017

Zootopie

Judy Hopps est une lapine. Et par conséquent son papa, sa maman, et sa (très) nombreuse fratrie n'ont qu'une ambition pour elle, la voir rejoindre l'entreprise de culture de carottes familiale. Mais voilà, Judy a d'autres rêves, à savoir servir la justice, et pour ce faire elle va intégrer les rangs de la police de Zootopie, immense métropole où cohabitent en paix (vraiment ?) des centaines d'espèces de mammifères différents.

Les effectifs de ladite police étant trustés par des espèces disons, quelque peu plus massives (grands fauves, buffle, rhinocéros et autres animaux maousses), Judy se retrouve reléguée à la circulation. Mais il en faut plus pour décourager notre héroïne à longues oreilles, qui va se retrouver à mener l'enquête sur une mystérieuse disparition animale en compagnie de Nick Wild, un renard roublard. Or quand on est un lapin, un renard, c'est pas exactement le genre de bestiau qu'on choisirait spontanément pour se binômer. Bref, la grande ville va réserver un sacré paquet de surprises à l'agent Hopps.

Zootopie est une réussite à tous les niveaux : un univers riche, des personnages attachants avec leur part de contradictions, un scénario malin avec des retournements qu'on ne voit pas venir et un humour omniprésent (la scène dans le club d'animaux nudistes est juste inénarrable). Le film contient également son lot de clins d'oeil à destinations des plus grands, ce qui en fait un choix idéal pour une très chouette soirée familiale.

Zootopie, un film vraiment chouette et pas bête, à découvrir dès 6 ans.