dimanche 10 décembre 2017

Bulle et Bob préparent Noël

À la maison on est de grand·e·s fans de la série de livres-CD Bulle et Bob. Plutôt que des histoires, les albums présentent comme des tranches de vie d'un frère et d'une soeur autour des choses qui font la vie quotidienne des petits : la cuisine, le jardin, les déguisement, l'école ou la plage. Le récit est entrecoupé de courtes comptines entraînantes et parfaitement interprétées par Nathalie Tual. Cerise sur le gâteau, les albums sont merveilleusement illustrés par Ilya Green avec des couleurs lumineuses et tendres.

Cet opus de Noël ne déroge pas à la règle et décrit à merveille toute la tension de décembre en attendant que le jour J arrive enfin. Pendant qu'il fait froid dehors, l'album constitue donc une parenthèse parfaite pour la saison, ronde, chaude et douce, à écouter en se serrant tou·te·s ensemble sur le canapé du salon.

Bulle et Bob préparent Noël, de Nathalie Tual et Ilya Green, une petite bulle de délicatesse pour les yeux et les oreilles à découvrir dès 4 ans.

PS : Et pour découvrir des extraits des très chouettes chansons de l'album, on peut se rendre sur le site de Didier Jeunesse.

dimanche 3 décembre 2017

Bergères guerrière

Il y a dix ans, tous les hommes valides du village ont été mobilisés pour une guerre aux confins du royaume et dont il ne sont jamais revenus. Les femmes restées sur place se sont donc organisées et ont fondé l'ordre des Bergères Guerrières, de redoutables combattantes (montées sur des boucs géants) chargées de protéger la région. 

Molly a dix ans, elle fait partie de la dernière génération d'enfants nés avant le départ des hommes, et s'apprête à commencer sa formation de Bergère Guerrière avec son groupe de copines, et sous le regard envieux de Liam, son meilleur ami (et interdit d'apprentissage puisqu'il est un garçon).

Comme on peut s'y attendre, l'aventure est au bout du chemin pour notre petite troupe, et permettra à chacune (et chacun) de grandir et de trouver sa place au sein de l'ordre comme au village.

Bergères Guerrières est un très beau récit d'apprentissage, où s'entrecroisent humour, scènes d'actions et des moments plus intimistes (parce que c'est pas toujours facile pour nos héros pré-ados de se construire avec un père absent), le tout servi par un graphisme superbe, qui vient rappeler les enluminures celtiques de Brendan et le secret de Kells. À la maison on est tou·te·s immédiatement tombé·e·s sous le charme de Molly la rouquine et ses copines (qui ont chacune un caractère bien trempé) et  les filles m'ont immédiatement réclamé la suite en refermant ce premier opus. Pas de bol pour elles (et moi aussi), il faudra un peu patienter avant que n'arrive le tome 2 de ce qui est prévu pour être une trilogie.

Bergères Guerrières, par Jonathan Garnier et Amélie Fléchais, une histoire extraordinaire pour partir à l'aventure (à dos de bouc) à partir de 8 ans.

dimanche 26 novembre 2017

À qui est ce squelette ?


Il est caché au regard et pourtant indispensable à chacun de nous, et sans lui nous n'irions pas bien loin. 

Cet inconnu parfois effrayant, parfois comique, c'est le squelette. C'est aussi le fil conducteur de cet album qui a choisi un point de vue original pour aborder la fabuleuse diversité du vivant. Grâce à ce livre vous saurez donc tout sur le squelette, des os qui protègent (comme la boite crânienne qui abrite notre petit cerveau), des dents qui permettent de s'alimenter, ou des membres articulés pour se déplacer, comment tout cela va-t-il varier d'une espèce à l'autre ?

Les belles illustrations de Renaud Vigourd viennent élégamment illustrer un texte très clair, avec un ingénieux système de volets à soulever où l'on voit d'abord le squelette, et ensuite son heureux propriétaire. Au final ce livre vient réhabiliter un élément injustement méconnu de notre anatomie et trop longtemps relégué aux histoires d'horreurs. Il était grand temps que le squelette sorte du placard !

À qui est ce squelette ?, d'Henri Cap, Raphaël Martin et Renaud Vigourd, un album réjouissant et néanmoins instructif, pour s'émerveiller dès 8 ans.

PS : Pour les petits franciliens, on ne saurait trop conseiller une sortie à la fabuleuse Galerie de Paléontologie et d'Anatomie Comparée du Museum qui viendra compléter à la perfection la lecture de cet album.

PPS : Ce chouette gif animé vient du site de Renaud Vigourd où l'on pourra admira plein d'autres pages de l'album.

dimanche 19 novembre 2017

Les règles... quelle aventure !


On est est 2017, environ 50% de la population mondiale est en possession d'un utérus et est, a été, ou sera un jour concernée par les règles. Et pourtant, c'est bien la première fois que je trouve un ouvrage consacré au sujet et spécialement dédié aux jeunes adolescentes (alors qu'on parle d'un phénomène qui les touche environ 20% du temps).

Les règles... quelle aventure ! est donc un livre unique et nécessaire. Riche, rigoureux et rigolo avec ses illustrations punchy, il vient redire à ses jeunes lectrices (et lecteurs, car on ne saurait trop conseiller de le faire aussi passer aux frère, pères, cousins, amis... de l'entourage), que les règles c'est un phénomène parfaitement normal (et signe de bonne santé). Ce livre nous apprend donc tout sur les règles, leur histoire, leur origine biologique et aussi comment les gérer au quotidien, en rappelant au passage que ça n'est ni sale, ni la honte, et qu'il est temps d'en finir avec les clichés ridicules et d'écrire nos propres règles ! 

Personnellement je suis vraiment ravie qu'un tel livre existe enfin et je l'ai immédiatement offert à fille aînée (10 ans). Parce que même si elle n'est pas encore concernée, je suis heureuse de savoir que le jour venu, si elle le souhaite, elle pourra y trouver des réponses honnêtes, bienveillantes et dépourvues de clichées à toutes ses questions sur le sujet.

Les règles... quelle aventure !, d'Elise Thiebaut illustré par Mirion Malle, un livre épatant, à mettre entre toutes les mains à partir de 10 ans.

PS : Et pour lesgrand·e·s lecteur·rice·s qui souhaiteraient en savoir encore plus sur le sujet, Elise Thiebaut a également écrit Ceci est mon sang, un ouvrage adulte sur les règles.

dimanche 12 novembre 2017

Copain des geeks

La collection documentaire Copain existe chez Milan existe depuis, euh... on dira pudiquement longtemps, puisqu'enfant je lisais déjà Copain des bois. Dans ce dernier tome sorti au printemps 2017, Jean-Noël et Nathalie Lafargue invitent les jeunes lecteur·rice·s à découvrir le vaste monde du numérique en partant de l'ordinateur et en rayonnant ensuite vers les périphériques associés et les logiciels, pour finir avec l'internet et un passage par la culture geek. C'est le premier ouvrage jeunesse que je rencontre sur cette thématique et c'est un vrai coup de maître.

L'ensemble est remarquablement complet et parfaitement pédagogique. Le livre propose notamment de nombreux tutoriaux permettant de passer à l'action avec des logiciels libres ou gratuits soigneusement répertoriés en début d'ouvrage. Pour dire les choses simplement, chez nous fille aînée a reçu ce livre au début de l'été, juste avant sa rentrée en 6ème, et elle ne le quitte plus depuis. Plus généralement c'est vraiment un bouquin parfait pour préparer une entrée au collège et je pense qu'il conviendrait aussi très bien à des adultes souhaitant se familiariser un peu plus avec le monde du numérique (genre les grands-parents de vos collégien·ne·s).

Dernier point positif (et pas des moindre), j'ai déjà souligné l'importance accordée à la diversité des représentations dans les albums de chez Milan. C'est également le cas dans Copain des geeks, et on appréciera tout particulièrement l'égale représentation des filles et des garçons au fil des pages. Ainsi, le cahier pratique en fin de livre qui présente les métiers associés au numérique prend bien soin de nous parler autant de Gabriel le game designer que de Blanche la développeuse informatique. Un choix appréciable qui vient tordre le cou aux clichés genrés associés au numérique.

Copain de Geeks, par Nathalie et Jean-Noël Lafargue, judicieusement illustré par Manu Callejon, un ouvrage sur le numérique vraiment pour tous de 9 à 99 ans.


dimanche 5 novembre 2017

Les mondes invisibles des animaux microscopiques

Venez donc regarder de plus près sur notre peau, entre les grains de sable, sur la taie d'oreiller, dans une touffe de mousse ou un recoin de la cuisine !

Partout, ça grouille d'une nuée d'animaux microscopiques, et cet album nous invite à faire leur connaissance via des grandes doubles pages (qui sont des agrandissement d'échantillons d'à peine quelques millimètres) sur lesquelles fourmille tout un petit peuple d'animaux dont on préfèrerait parfois ignorer l'existence. Happé.e.s par les superbes illustrations d'Hélène Rajcak (dont on avait déjà apprécié le magnifique Animalia), on se retrouve captivé.e.s par ces univers microscopique, un peu entre dégoût et fascination il faut bien le dire.

La ballade se conclut par un lexique et une brève histoire de la microscopie qui permettent d'en savoir un peu plus sur les drôles de bestioles présentées dans l'album.  Et une fois celui-ci refermé, vous pourrez au choix vous faire offrir un microscope à Noël afin de poursuivre vos explorations, ou bien faire bouillir vos draps à 90°C, empoigner l'aspirateur pour récurer à fond la cuisine et ainsi évacuer la vision de l'enfer offerte par les pages 12 et 16 (je suis encore hantée par le gros plan sur la taie d'oreiller couverte d'acariens, rien que d'écrire ces lignes ça me donne envie envie de ressortir mon flacon d'eau de Javel).

Les mondes invisibles des animaux microscopiques, par Hélène Rajcak et Damien Laverdunt, embarquez pour un voyage passionnant (mais parfois éprouvant) à partir de 9 ans.

Et parce que les enfants n'ont peur de rien (eux), l'album s'est vu décerner (à très juste titre) le Prix Goût des Sciences du livre scientifique jeunesse 2017 par un jury de collégiens.

dimanche 29 octobre 2017

Mysterium


Nous sommes dans les années 20, au coeur de la lande écossaise, médium de renom, vous venez d'être invité·e au manoir de lord MacDowell pour élucider un assassinat vieux de cinquante ans. Il va donc falloir établir le contact avec le fantôme de la victime, et surtout réussir à interpréter les visions qu'il va vous envoyer pour enfin identifier le ou la coupable, ainsi que les circonstances du crime.


Jeu atypique, Mysterium est une sorte de croisement entre un Cluedo et Dixit. Il faut donc trouver un·e meurtrier·e, un lieu et une arme. Mais au lieu de traîner ses basques d'une pièce à l'autre en faisant des propositions au hasard, on s'appuie sur les visions transmises par le fantôme qui sont parfois sacrément cryptiques (il faut dire aussi que le pauvre fait ce qu'il peut avec ce qu'il a dans sa main). Personnellement je n'aime pas le Cluedo, mais j'adore Dixit et j'adore tout autant Mysterium, qui a d'ailleurs été adopté par tous les enfants de la famille (même celles n'ayant officiellement pas l'âge requis pour y jouer). Malgré son thème quelque peu anxiogène (et néanmoins parfait pour Halloween), Mysterium est donc un excellent jeu familial, d'autant qu'il est coopératif et que les participant·e·s sont donc incité·e·s à dialoguer et échanger leurs impressions durant les parties (dont la durée est limitée, un autre bon point qu'il convient de souligner). 

Ma seule recommandation serait de réserver le rôle du fantôme à un·e joueur·se expérimenté·e. Chez nous tout le monde veut toujours faire le fantôme, mais force est de constater que quand c'est la petite dernière qui s'y colle, les explications derrière ses visions sont particulièrement tarabiscotées et ça complique notoirement la donne. Remarquez on peut aussi voir ça comme une façon de pimenter le jeu, celui-ci changeant pas mal de style selon qu'on joue avec un fantôme de 40 ou de 8 ans...

Enfin, il faut également mentionner que le matériel est magnifique, avec des illustrations gothiques à souhait et très riches (pour permettre de multiples associations d'idées avec les visions) qui viennent parfaitement servir la thématique du jeu.

Mystérium, une histoire de fantôme qui va vous hanter, pour les détectives en herbe à partir de 10 ans (bon, et avant aussi, faudra juste un peu adapter).


En fait c'était l'institutrice dans la salle de bains avec une machine à écrire qui avait fait le coup.
Ben amuse toi bien pour faire deviner ça tiens...

dimanche 22 octobre 2017

Princesse Sara

Dans les parents lecteurs de ce blog, je pense qu'on est nombreux.ses à avoir été biberonné.e.s à Princesse Sara, la petite fille qui savait rester digne et courageuse dans l'adversité, que ce soit via le roman original de Frances Hodgson Burnett, ou/et surtout via la série animée japonaise diffusée sur les écrans français dans les années 80.

Bon, soyons franc.he.s, quand les filles m'ont ramené de la médiathèque les premiers tomes de l'adaptation en BD de la série, je craignais un peu le pire :
  • De une, parce que les récits du style Contre mauvaise fortune bon coeur à destination des petites filles pour bien leur faire accepter leur destin (moisi) avec le sourire, c'est moyennement ma came.
  • Et de deux, parce que l'univers Manga/Steampunk/Girly dans lequel la série a été transposée me laissait un peu perplexe.
Et puis, d'épisode en épisode, il faut bien admettre que tou.te.s les membres de la maisonnée (papa compris) sont progressivement tombé.e.s sous le charme. Déjà parce que sur le plan visuel le style du dessin est très riche (avec un travail impressionnant sur la garde-robe des personnages et les automates omniprésents dans le récit). Et puis surtout, parce qu'à partir du tome 5, Sara et sa bande de potes sont désormais adultes, ce qui permet de faire gagner de la profondeur aux personnages. Notre héroïne se mue en ingénieure mécanicienne de génie qui sait mener sa barque comme elle l'entend, et on a même la joie de retrouver l'horrible Lavinia, devenue une adorable peste attachiante à souhait. 

Bref les autrices ont su faire grandir la série avec talent, et celle-ci a définitivement quitté les rivages de Culculland pour un univers plus sombre et qui s'apparente plus à Jules Verne (d'ailleurs remercié en ouverture du tome 10) qu'à Candy.

Princesse Sara, d'Audrey Alwett, Nora Moretti et Marina Duclos, une série beaucoup plus jolie, à découvrir à partir de 7 ans.

Et puis franchement, une série dont la couverture cite le My Fair Lady de Cukor ne peut fondamentalement pas être mauvaise.

dimanche 15 octobre 2017

Baccade

Baccade c'est un jeu de cartes où il va vous falloir rassembler de charmants cochonnets dodus à souhait et de jolies patates tout aussi sympathiques.

En première approximation Baccade pourrait donc passer pour un bête jeu des 7 familles, mais que nenni ! D'une part on a le droit de panacher sa famille, moitié cochons-moitié patates, et d'autre part, des cartes spéciales vont venir chambouler la partie en cours.

Au final, Baccade vient donc ajouter un peu de peps dans un jeu (les 7 familles donc) qui me fait d'ordinaire mourir d'ennui, permet de passer un chouette moment avec vos plus jeunes joueurs, et cerise sur la soupière, les illustrations sur les cartes sont absolument ravissantes. Tout cela en fait un petit classique qui aura toute sa place dans votre sac de voyage avec les nains.

Baccade, un jeu pour grogner de plaisir à partir de 5 ans.


dimanche 8 octobre 2017

Super Sauvage (Histoire d'un bichon libre)


Pipo est un joli bichon blanc, un mignon toutou, un tout petit chouchou à sa maman. Mais Pipo a aussi sa dignité. Alors quand sa maîtresse envisage de l'envoyer au salon de coiffure, sa décision est prise.

Pipo se casse.

À lui la liberté et les grands espaces, Pipo veut redevenir sauvage, et je dirais même plus, SUPER sauvage.

Enfin bon, la liberté c'est bien beau, mais c'est pas du gâteau. Heureusement, la route de Pipo va croiser celle d'Attila, un chat qui s'y connait en sauvagerie et saura le guider sur le chemin de la liberté.

Ou pas

Super Sauvage, c'est l'histoire d'une émancipation à hauteur de bichon, avec en accompagnement une super bande-son, et qui remplit à merveille le programme inscrit sur la couverture de l'album, Ukulélé, Aventure & Rock'n'roll, yeah baby !

Super Sauvage, de Dorothée de Monfreid avec des musiques de Tony Truant, un album super attachant à partir de 5 ans.
(que limite à la fin j'avais trop envie d'adopter un bichon tout choupi alors qu'en vrai j'aime même pas les chiens, c'est dire)

dimanche 1 octobre 2017

Dad

Après la délicieuse Mamette, qui faisait déjà la joie de Superchouette, son auteur Nob a décidé de changer de génération avec la série Dad, qui se penche sur la vie quotidienne d'une père célibataire. 

Ancien beau gosse désormais rangé des voitures, Dad s'occupe des ses quatre filles nées de quatre mères différentes : Pandora la toujours sérieuse, Ondine qui brise les coeurs au collège, Roxane la sportive et Bébérénice l'adorable bout de chou. La série chronique avec beaucoup de délicatesse l'ensemble des petits moments qui font la vie d'un parent, que ce soit les instants de complicité tendres, comme les remarques vachardes que notre progéniture est capable de balancer l'air de rien. 

La série est aussi un portrait de père atypique dans la BD, où les stéréotypes de genre ont encore la vie dure, notamment quand il s'agit de montrer des pères en costard qui rentrent claqués du boulot et des mères l'aspirateur à la main (oui, Boule & Bill et Cédric, c'est bien à vous que je pense !). Dad est d'ailleurs à ma connaissance la seule série qui montre avec tant de détails l'ensemble des tâches associées à la vie de parent au foyer (ménage, linge, courses, cuisine etc...) et qui sont d'ordinaire complètement invisibilisées. Je ne dis pas que vos enfants prendront soudainement conscience du boulot que vous abattez à la maison en lisant un album, mais ça peut toujours servir de point de départ à une saine discussion le jour où ils hurleront une fois de plus à l'esclavage parce que vous leur aurez demandé de mettre la table (ben quoi, on peut toujours rêver non ?)

Dad, de Nob, une très belle série sur la vie de famille à partir de 7 ans.


dimanche 24 septembre 2017

Aliénor Mandragore

Aller aux champignons avec son vieux papa bougon et écouter d'une oreille distraite ses leçons de mycologie, ce sont des choses qui pourraient arriver à n'importe quelle petite fille.

Mais ensuite, tuer son vieux papa d'un cri de mandragore, et se retrouver harcelée par son fantôme pour trouver un sort de résurrection fissa avant que l'Ankou ne l'embarque définitivement, ça c'est nettement moins courant.

C'est pourtant ce qui attend Aliénor, fille de Merlin l'enchanteur (en personne et surtout en esprit pour la majeure partie de l'album), qui va devoir apprendre à faire sans son papounet et surtout en sorte que son papounet revienne parmi les vivants au plus vite. Une mission qui, on l'imagine bien, ne va pas s'avérer de tout repos.

Aliénor Mandragore éclaire sous un jour nouveau les mythes arthuriens et les légendes bretonnes en y insufflant un vent de fantaisie qui vient joyeusement ébouriffer tout le petit peuple de Brocéliande. Ici on craque pour cette héroïne et le récit de son apprentissage pas piqué des hannetons.

Aliénor Mandragore, de Séverine Gauthier  et Thomas Labourot, des aventures ensorcelantes à découvrir dès 8 ans.


dimanche 17 septembre 2017

Colt Express

Le 11 juillet 1899, 10 heures du matin. L'Express de l'Union Pacific vient de quitter Folsom au Nouveau-Mexique avec 47 passagers à son bord. Quelques minutes plus tard, on entend des bruits de pas précipités sur le toit, puis les premiers coups de feu. Des bandits armés jusqu'aux dents braquent sans pitié les voyageurs afin de s'accaparer leurs effets personnels.

Bonne nouvelle, en tant que joueur, vous faites justement partie des bandits (et faut avouer que c'est nettement plus fun) et votre objectif se résume à ces quelques mots:

Prends l'oseille et tire-toi

Enfin, ça c'est la théorie.

La pratique va s'avérer un chouia plus compliquée, puisqu'à bord du train voyagent également un shérif, qu'il va bien sur falloir éviter de croiser, et puis aussi vos petits camarades truands, qui n'hésiteront pas à vous tirer dessus ou à essayer de vous dépouiller à la première occasion.

Colt Express est un jeu doublement original. Par sa mécanique d'abord, on monte un plan à plusieurs en amont, puis on le regarde se dérouler (spoiler, on n'est pas dans Ocean's 11, il risque d'y avoir des surprises). Mais également par son matériel de jeu (un véritable petit train à deux niveaux) qui sert parfaitement le thème. Du coup quand on ouvre la boite pour la première fois on est un peu intimidé par la quantité de trucs à monter et mettre en place, et puis en fait le jeu est très rapide à prendre en main, avec un parfait équilibre de stratégie et de coups tordus

Colt Express, pour vivre une vie de brigand, à partir de 9 ans.


dimanche 10 septembre 2017

Folanimos

Soit douze animaux tout mélangés, tout étalés sur la table, chacun d'entre eux est formé d'un corps et d'une tête dépareillés.

OK

Maintenant, chaque joueur à son tour pioche une carte, dessus une tête, ou un corps d'animal.

Et il faut faire un cri.

Facile ?

Pas tant que ça, parce que le cri à pousser, ça n'est pas celui de l'animal sur la carte, mais celui qui est associé au dit animal dans les cartes étalées sur table.

Par exemple, si on s'appuie sur l'image suivante :

Je viens de piocher une tête de grenouille, donc là je crie, je crie ????

Mèèèèèèèè !
(parce que le corps de ma grenouille est associé à une tête de mouton)

Ok, c'est bon, je pense que vous avez compris le principe.

Donc voilà, Folanimos, c'est un petit jeu au principe simplissime, mais étonnamment retord quand il s'agit de le mettre en pratique, que ce soit pour les petits ou pour les grands et qui promet un paquet de fous rires à enchaîner les cris d'animaux jusqu'à trouver le bon.

Folanimos, un jeu simple et bien marrant, à partir de 4 ans.


dimanche 3 septembre 2017

Maître Renard

Maître Renard cherche celui qui saura se montrer son digne héritier. 

Pour prendre la succession du célèbre chapardeur il faudra vous montrer à la hauteur, mais attention ! Aller piquer des bestioles à la ferme ça n'est pas si simple, loin de là, car notre voleur agit de nuit, et quand on n'y voit goutte, ça n'est pas toujours si facile de distinguer une poule d'un canard et un cochon d'une vache (si, si, je vous assure...).

En pratique, chaque joueur revet un masque de renard, avant d'entendre la mission du soir (un fromage, un poisson, un cheval ou que sais-je quel autre animal). Après c'est parti ! Chacun plonge la main dans la basse-cour à la recherche d'animaux à piocher et il faut être le premier à rassembler un butin complet.

Maître Renard est donc un jeu de reconnaissance tactile, mais où les formes des figurines à reconnaître ont été subtilement travaillées pour n'être pas si faciles que ça à distinguer les unes des autres. Donc c'est un vrai challenge d'être à la fois rapide et précis pour accomplir sa mission. Surtout qu'à chaque tour, de nouveaux pions "ruse" apparaissent dans le jeu, qui viennent corser l'affaire (en permettant de piquer le butin d'un autre joueur par exemple).

Ce mécanisme de jeu malin et original est superbement servi par un très beau matériel de jeu, que ce soit les figurines donc, mais aussi les illustrations sur les cartes et la boite qui font immédiatement envie. Dernier point notable, Maître Renard est un jeu conçu suite à une réflexion sur le handicap de son créateur Frédéric Vuagnat, et il est parfaitement accessible à une personne non voyante sans aucune adaptation de matériel, ce qui est en fait rarissime (voire inexistant ? Je n'ai aucun autre exemple dans ma ludothèque) dans le monde du jeu. Alors certes on ne fait pas un bon jeu avec de bonnes intentions et d'ailleurs je n'ai découvert cette particularité de Maître Renard qu'après l'avoir testé, mais en l'occurence, cette contrainte initiale sur l'accessibilité du jeu a abouti à une très grande réussite qui saura plaire à tous.

Maître Renard, un jeu épatant à partir de 7 ans.

vendredi 1 septembre 2017

Superchouette best-of !

Après deux mois de vacances, voici donc notre sélection annuelle de musique/film/jeux qui continuent à enchanter la superchouette marmaille :
  • En vue d'un concert à l'automne (et de la sortie du tome 3), on a redécouvert le toujours excellent Enfantillages 2 d'Aldebert, qui fait la joie de toute la famille à chaque fois qu'on prend la route (faut nous entendre beugler DU GROS SON dans la voiture à chaque fois que le morceau passe...)
  • Pour la poésie, on s'est re-re-re-revu le magnifique Chant de la mer (un film qui a d'ailleurs aussi une très belle bande son)
  • Alors que ses aînées sont désormais passées à des jeux plus pointus, n°3 nourrit depuis peu une passion sans limites pour le Labyrinthe, qu'elle nous ressort donc à la moindre occasion. Ce jeu c'est tellement un classique je crois qu'on y jouera encore quand on aura des petits enfants.
(Du Gros Son, la chanson qui va bien pout pogoter avec tes nains)

samedi 1 juillet 2017

Summer of Siouperchouette

C'est reparti pour nos deux mois de congés annuels durant lesquels on va partir à la pêche aux idées pour la superchouette marmaille.

Cette année on vous laisse avec quelques nouveautés parues dans des séries qu'on aime et qu'on a déjà chroniquées sur le blog :

  • Les jeux du Siècle, second tome des Mystères de Larispem, cette fois les choses sérieuses commencent pour nos jeunes héros qui vont en voir des vertes et des pas mures (et le roman s'achève sur un cliffhanger de folaïe, mamamia, je sais pas comment je vais encore tenir un an moi !)
  • La mémoire de Babel, troisième tome de la Passe-Miroir, la série est toujours éblouissante d'inventivité et de poésie (et là aussi on conclut avec un sacré bon suspense de derrière les fagots).
  • L'Armée des steppes, sixième tome de Bjorn le Morphir, notre héros poursuit ses aventures afin de sauver son royaume et ça n'est pas de tout repos !
Avec tout ça, il ne nous reste plus qu'à vous souhaiter un superbe été et de superchouettes lectures !

dimanche 25 juin 2017

Monster Ghost


Monster Ghost commence comme un jeu de loto standard : On lance le dé, on retourne une pièce avec le monstre indiqué par le dé, et on pose le fantôme ainsi découvert sur sa carte. Sauf que les fantômes, il en existe six différents et qu'il est interdit d'en avoir deux identiques pour compléter sa carte. Donc au fur et à mesure que la partie avance, le jeu se transforme en memory, et il va falloir se souvenir de quel fantôme est caché sous quel monstre pour arriver au but.


Encore un petit jeu simple et très joliment réalisé par Djeco, et pour lequel n°3 (5 ans) a eu un gros coup de coeur. Cerise sur le gâteau (hanté), on peut aussi moduler les règles pour adapter le niveau de difficulté aux petits joueurs, ce qui vous permettra d'en profiter sur la durée.

Monster Ghost, un jeu de monstres gentils pour s'amuser à partir de quatre ans.

dimanche 18 juin 2017

Kingdomino

Dans Kingdomino vous bâtissez votre  royaume en posant des dominos (jusque là tout va bien, on aurait même pu s'en douter vu le nom du jeu). 

La subtilité, c'est qu'au lieu de piocher lesdits dominos au hasard, vous pouvez tenter de choisir ceux qui vous rapporteront les plus de points, mais attention ! Les premiers servis seront ensuite les derniers !

De prime abord le jeu me faisait plutôt penser à Carcassonne (un folklore médiéval bien illustré et des tuiles à poser), mais il a le grand mérite de se jouer en parties brèves (un royaume c'est 12 dominos et pas un de plus) qui permettent une prise en main rapide. Et surtout, la mécanique de jeu qui donne de la visibilité sur les deux prochains tours à venir est assez originale et très intéressante. Celle-ci confère au jeu un bon équilibre entre chance et stratégie qui le rend accessible à tous.

Kingdomino, pour construire le royaume le plus beau, à partir de 8 ans (et aussi pour les grands)

dimanche 11 juin 2017

Poules, renards, vipères

 Bon, en apparence tout est simple, dans le jeu y'a des poules, des renards et des vipères :

  • Si vous avez des poules, vous pouvez manger des vipères.
  • Si vous avez des renards vous pouvez manger des poules.
  • Si vous avez des vipères, vous pouvez manger des renards.
À moins, bien sur, que ce ne soit les autres joueurs qui vous boulottent vos cartes...


Voilà un petit jeu qui ne paye pas de mine (le packaging est mignon sans plus), choisi un peu au hasard par fille n°2 (7 ans 1/2), mais qui s'est avéré très sympathique pour jouer avec des enfants. Les manches sont courtes et nécessitent plus de subtilité qu'on ne l'imaginerait de prime abord. Il faut en effet savoir poser ses cartes au bon moment, ni trop tôt ou vous vous les ferez manger, ni trop tard ou elles vous resteront en main, et anticiper sur l'épuisement de la pioche qui marque le fin de la manche. Bref, c'est un chouette jeu familial pour des soirées animées.

Poules, renards, vipères, un jeu qui rend un peu chèvre, à partir de 7 ans.

dimanche 4 juin 2017

Les Cahiers d'Esther

Esther a 10 ans, vit à Paris, fréquente une école privée, et chaque semaine, elle raconte des épisodes de sa vie quotidienne, avec sa mère (plutôt sympa), son père (l'idole de ses jours) et son frère aîné (un ado tout blaireau).

Après La vie secrète des jeunes et Le retour au collège, Riad Sattouf continue donc sa radiographie de la jeunesse contemporaine en se penchant sur une petite fille (presque une pré-adolescente) et fait mouche à nouveau. Mais cette fois-ci le regard affuté de Sattouf se double d'une tendresse inédite pour sa jeune protagoniste (par contre le frangin ado en prend plein la tronche, déjà parce qu'on ne se refait pas, et d'autre part parce que j'imagine que sa petite soeur ne le loupe pas dans ses comptes-rendus hebdomadaires...). Au final, les histoires d'Esther sont à l'image de la couverture de l'album, en équilibre entre naïveté, drôlerie, une certaine cruauté impitoyable et parfois aussi du grand n'importe quoi difficilement compréhensible à nos yeux d'adultes.

Chez nous ce livre a pris une saveur toute particulière, puisque n°1, ma lectrice testeuse, a le même âge et le même prénom que l'héroïne de Sattouf  (la vérité !). Du coup on a pas mal discuté de l'album ensemble, et j'ai pu constater que mon Esther partage les mêmes préoccupation que son alter-ego de papier (et notamment de savoir quand elle aura enfin un téléphone), même si elle m'a rassurée sur le fait que dans son école, on ne dit pas autant de gros-mots quand même (Oh ça va, je peux bien la croire encore un peu hein...).

Les cahiers d'Esther (deux tomes déjà sortis, pour 10 et 11 ans), de Riad Sattouf, une BD à partager avec son pré-adolescent à partir de 10 ans.


dimanche 28 mai 2017

Le Worldshaker

Le Worldshaker est un navire-monde, une immense carcasse métallique qui héberge près de douze mille personnes. Ce bateau à vapeur gigantesque et en mouvement perpétuel transporte ce qui reste de l'aristocratie britannique après que des décennies de guerres aient ravagé le vieux continent. Tout en haut on y trouve les classes supérieurs, oisives et servies par le petit peuple des Larbins, créatures silencieuses et manifestement lobotomisées. Loin en bas, ce sont les Immondes, esclaves modernes enfermés dans les cales du navire et tout juste bons à le faire tourner.

Colbert (on dit Col) Porpentine a 16 ans, et il fait partie de la haute. De la très haute même, puisqu'il est destiné à prendre un jour la suite de son grand-père, commandeur suprême du Worldshaker. Mais une nuit, Col fait la connaissance de Riff (tout court), Immonde en fuite, et voilà que son monde bascule. Col va découvrir la part d'ombre de l'univers parfait où il a grandi jusqu'ici (et accessoirement que sa mamie-gâteau préférée émarge au club des joyeux psychopathes). Dans les soutes du navire la révolte gronde, que va-t-il advenir du Worldshaker ?

Voilà un très chouette roman placé dans une ambiance victorienne steampunk, mais dont les préoccupations sont profondément contemporaines. On y trouve également deux beaux portraits d'adolescents qui vont faire leurs premiers pas dans une vie d'adulte, avec une héroïne remarquable. Vive, maline et culottée, Riff est tout simplement irrésistible, qui n'aurait pas envie de faire la révolution à ses côtés ?

Le Worldshaker (et sa suite Le Liberator), de Richard Harland, un roman qui vous embarque pour une sacrée aventure dès 10 ans.