J'ignorais que c'était possible, mais avec cette fable glaçante aux multiples niveaux de lecture (les adultes reconnaîtront bon nombre des protagoniste), Gaël Aymon réussi l'exploit d'illustrer à hauteur d'enfant le concept de Banalité du mal développé par Hannah Arendt après la seconde guerre mondiale (oui, sur ce blog on a des références pointues, vous croyez quoi).
Le récit montre la mise en place d'un état totalitaire, ou plutôt le point de bascule du point de vue du jeune narrateur. Mais, au fil du texte et par petites touches, les jeunes lecteurices peuvent également s'interroger sur le monde où le jeune Damien évoluait avant même l'arrivée des ombres. Un monde d'où les étrangers ont été chassés, et où filles et garçons vivent séparé·e·s tandis que les pires stéréotypes de genre circulent librement. En bref, un monde qui ressemble tragiquement à ce qui pourrait nous attendre un jour.
Et parce qu'on a aussi toujours besoin d'espoir, le roman fait aussi la part belle à la résistance, et vient nous rappeler à juste titre que nous pouvons toujours choisir de dépasser notre part d'ombre.
La guerre des ombres, de Gaël Aymon, un roman qui pose un paquet de (bonnes) questions, à partir de 9 ans.

























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