07 juin 2015

Wilma Tenderfoot

Minuscule petit bout de fille de 10 ans, Wilma Tenderfoot habite l'Institution pour Petits Malchanceux située dans le bas, soit chez les pauvres, de l'Île de Cooper (un drôle de bout de terre coincé entre France et Angleterre, que Marco Polo a eu la flemme de découvrir un jour qu'il en avait marre d'explorer le vaste monde). A priori, Wilma est destinée à partir jouer les domestiques chez une petite vieille acariâtre du haut de l'île, soit chez les riches, mais sa vraie vocation à Wilma, ce sont les enquêtes policières, et plus particulièrement celles du célèbre Théodore Lebon, dont elle suit avec passion les aventures dans la presse.

Coup de bol extraordinaire, il s'avère que ledit Lebon est justement le voisin de la nouvelle employeuse de Wilma, moi j'en connais un qui va bientôt se retrouver flanqué d'une nouvelle et minuscule assistante pour résoudre ses énigmes...

Emprunté au hasard des rayons de ma médiathèque pour satisfaire la soif de lecture de fille aînée (8 ans et demi), Wilma Tenderfoot présentait le combo idéal pour ma jeune lectrice, à savoir :

  • Des mystères très mystérieux.
  • Une héroïne dégourdie et pas cucul.
  • Une pointe d'humour en plus.
Mission réussie pour moi, ma fille a réclamé le second tome de la série (il y en a 4) dès le premier terminé. En cerise sur les gâteau, les belles illustrations de couverture et à l'intérieur du roman sont de la talentueuse Nançy Pena et sont parfaitement raccords avec l'esprit de la série.

Wilma Tenderfoot, par Emma Kennedy, quatre tomes d'aventure à hauteur d'enfant, à lire dès 9 ans.

31 mai 2015

Bride Stories

Bride Stories nous emmène à la fin du XIXème siècle, dans un village d'Asie centrale situé sur la route de la soie. Au début de la série on y fait la découverte d'Amir, (plus si) jeune mariée de 20 ans, qui vient de s'installer dans sa belle famille suite à son mariage avec Karluk, qui a lui même 12 ans. Les coutumes des clans respectifs des mariés différent, et pourtant Amir réussira petit à petit à se faire sa place au sein de sa turbulente nouvelle famille. Celle-ci héberge notamment un ethnologue anglais, que l'on suivra par la suite dans son périple à la découverte de nouveaux clans et de nouvelles traditions.


Je ne connais strictement rien en manga, et ma principale motivation lorsque j'ai emprunté celui-ci à la médiathèque était qu'il m'avait été recommandé par une copine. Bonne pioche ! 

Je suis tout de suite tombée sous le charme de cette chronique qui mêle petites choses du quotidien et exotisme historique (les petits debriefings de l'auteure à la fin de chaque tome sont particulièrement intéressants). La galerie de personnages rencontrés au cours de la série est très riche et leurs relations sont dépeintes avec beaucoup de délicatesse. Du fait de l'importance de l'univers domestique dans la série, on y parle de facto beaucoup de condition féminine, et Bride Stories proposes de très beau portraits de personnages féminins (je suis une fan absolue de la super mémé grognon qui tire à l'arc, mais Amir et les autres mariées de la série sont également très intéressantes). Les illustrations, pour lesquelles Kaoru Mori s'est beaucoup documentée, sont particulièrement luxuriantes, avec un énorme travail de reproduction pour les motifs traditionnels dans les textiles et les bijoux,  et c'est vraiment magnifique.

Au final cette série est donc une grande réussite tant sur le fond que sur la forme et j'attends la suite avec impatience !

Bride Stories, de Kaoru Mori, un manga épatant à partir de 9 ans.


24 mai 2015

Coquillages et petit ours

Les grands albums aux illustrations foisonnantes semblent avoir le vent en poupe dans l'édition jeunesse, et à la maison je dois dire qu'on est assez fan du genre, qui nous permet de passer des heures sur un album sans pourtant devoir se taper un texte interminable. En plus ça permet toutes sortes de jeux où il faut repérer un détail ou un personnage particulier dans une grande image et dont les filles sont particulièrement friandes.

Du coup, après Mouk, Non-Non, Paris ou les Coccinelles, on a beaucoup apprécié le très joli Coquillages et petit ours, où un papa ours se retrouve à traverse la moitié du globe pour récupérer son rejeton malencontreusement confondu avec une peluche par un petit garçon. Bien sur notre histoire se finit bien, avec des retrouvailles et un grande fiesta sur la plage. Entre-temps on aura bien rigolé en essayant de retrouver papa ours et petit ours dans des grandes et belles doubles pages de ce chouette album au goût de vacances.

Coquillages et petit ours, de Benjamin Chaud, un album très beau, pour partir très loin, à partir de 4 ans.


17 mai 2015

Euraoundzeweurld

Euraoundzeweurld nous embarque pour un voyage loufoque autour de la planète, du quartier chinois parisien aux plages brésiliennes, en passant par la verte (et humide) lande irlandaise, préparer vous à voir du pays, mais en musique !

Si je suis tout particulièrement heureuse de parler de ce chouette livre-album sur ce blog, c'est parce qu'il réunit la fine fleur des artistes ivryens, à savoir Merlot à la musique (dont on avait déjà énormément apprécié Au fond de la classe), et la fabuleuse Joelle Jolivet aux illustrations. Chez nous on avait déjà entendu (et aimé) les chansons en concert à plusieurs reprises (notamment en dédicace chez notre libraire préféré), on s'est donc précipités sur l'album dès qu'on a eu vent de sa parution et il est magnifique. Désormais le disque tourne en boucle à la maison, à nous les soirées fajitas et le camping en Irlande, youhouh !

Euraoundzeweurld, par Merlot et Joelle Jolivet, un drôle de nom bien long pour un album très bon, dès 5 ans.

10 mai 2015

Asterix le Domaine des Dieux

Ayant enfin renoncé à écraser les irréductibles Gaulois d'Armorique par la force, Cesar décide de la jouer finaud en faisant construire une résidence de luxe Roman'Staïle en bordure du village. Si tu ne viens pas à Rome, Rome viendra à toi !

Des adaptation, animées ou filmées, des aventures d'Asterix sur grand écran il y en a désormais un bon paquet, et le moins qu'on puisse dire c'est qu'elles sont plutôt inégales. Bonne nouvelle, Le Domaine des Dieux fait manifestement du haut du panier. Visuellement l'animation en 3D fonctionne très bien et les graphismes sont une réussite. Mais surtout, le scénario et les dialogues d'Alexandre Astier (aka M. Kaamelott) sont parfaitement en phase avec l'esprit de la BD originale. On retrouve donc bien le subtile mélange d'humour (j'aime beaucoup le centurion qui doit apprendre à donner des ordres poliment) et de tendresse qui permet à la série de fonctionner auprès des petits comme des grands. En cadeau bonus, le casting qui fait les voix des personnage est juste parfait (mention spéciale à Florence Foresti qui double Bonemine).

Au final, Le Domaine des Dieux s'avère idéal pour une soirée ciné familiale avec les enfants, ici on l'a testé avec succès sur un public élargi (progéniture + amis de la progéniture) allant de 5 à 11 ans, tout le monde était ravi (parents compris) et on a eu droit aux répliques du film pendant toute la semaine qui a suivi.

Asterix le Domaine des Dieux, un chouette DVD pour rigoler dès 5 ans.

03 mai 2015

ça pousse comment ?


Sophie, petite fille de la ville, vient passer ses vacances à la campagne chez ses grands-parents où elle va découvrir le monde merveilleux du jardinage. Bientôt plantes et petites bêtes du potager n'auront plus aucun secret pour elle !

Avec ses belles illustrations très claires et pleines de petits détails, ce chouette album tient lieu à la foi de documentaire et de conte des quatre saisons. On y découvre tout plein de fruits et légumes bien-sur, mais aussi les outils et gestes nécessaires pour prendre soin de tout ça, ainsi que la vie d'un jardin tout au long de l'année. 

Alors que ce printemps est justement marqué sous le signe du jardinage avec la Superchouette marmaille, ce livre est tombé à pic pour faire mieux découvrir aux enfants les légumes semés dans notre potager. Je ne sais pas si à la fin de l'été la récolte sera effectivement bonne (et si mes filles accepteront de manger les légumes ainsi produits...), mais en attendant on aura énormément apprécié la lecture des aventures de Sophie, c'est toujours ça de pris (en plus t'as vu Maman ! La petite fille elle s'appelle comme toi !).

ça pousse comment ?, de Gerda Müller, un album charmant, pour tous les petits jardiniers en herbe à partir de 5 ans.

(et il existe en édition poche, 5€60 de délicatesse végétale, que demander de plus franchement ?)

26 avril 2015

Achille et la rivière


Chez Achille, il y a des animaux qui font du bruit, un fratrie très élargie, des parents extravertis et des invités toute la nuit.

Chez Achille, disons le franchement, c'est un bourdel sans nom et on comprend aisément qu'il ait la tête comme un ballon.

Alors parfois notre pauvre Achille va se reposer au bord de la rivière, là où tout n'est que calme et sérénité. Si seulement ça pouvait être comme ça aussi à la maison !

Vraiment Achille ? Tu es bien sur de toi ?

Achille et la rivière est une ode joyeuse au foutoir des grandes familles, parce que quand même, le désordre c'est la vie, admirablement servie par les illustrations lumineuses d'Ilya Green. Au fil des pages on entendrait presque la trompette résonner dans la bruyante maison d'Achille et l'eau clapoter dans la rivière. C'est aussi un conte qui vient nous rappeler la chaleur du foyer familial, dont il peut être bon de s'éloigner parfois, mais au sein duquel on est heureux de revenir. Achille et la rivière, c'est tout simplement une petite merveille de délicatesse.

Achille et la rivière, par Olivier Adam et Ilya Green, un album à lire en famille dès 5 ans.

19 avril 2015

Les Trois Brigands, le film

 On ne présente plus les Trois Brigands, de Tomi Ungerer, classique de la littérature enfantine qui nous conte comment une petite orpheline parvint à transformer trois impitoyables brigands en bienfaiteurs de tous les orphelins de la région. Comme je ne suis pas particulièrement fan de cet album (un bon classique, certes, mais pas un coup de coeur en ce qui me concerne), je n'attendais donc pas grand chose de son adaptation animée, regardée faute de mieux en stock à la maison un dimanche de pluie.

Et ben ce fut une sacrée bonne surprise.

L'adaptation est remarquablement soignée, avec des personnages à la psychologie étoffée : les brigands ont désormais chacun leur caractère, alors qu'on ne peut guère les distinguer que par leur arme dans l'album d'origine, et la petite Tiffany est bien sur beaucoup plus présente puisque qu'une grande partie du film tourne autour de la façon dont elle va apprivoiser nos trois bougons. La transformation des brigands en papas poules est d'ailleurs particulièrement irrésistible. Le partie du scénario autour des orphelins a aussi été bien retravaillée. Globalement le film parvient à créer des ambiances assez angoissantes (dans la forêt bien sombre, à l'orphelinat) mais qui sont très vite égayées par de jolis traits d'humour tournant les méchants en ridicule. Résultats les petits frissonnent juste ce qu'il faut sans être terrorisés pour autant.

Cerise sur le gâteau, les chansons du films sont particulièrement chouette et c'est Tomi Ungerer himself qui fait la voix du narrateur, bien grave et avec sa pointe d'accent alsacien, on tombe sous le charme dès les premières minutes du générique.

Les Trois Brigands, un chouette film pour compléter l'album original à déguster dès cinq ans.


Allez Tiffany !
On fait un beau sourire aux tontons brigands !

12 avril 2015

Abris

Je suis fan des illustrations d'Emmanuelle Houdart depuis que j'ai découvert l'éblouissant Les Heureux Parents. Dans Abris, son talent est à nouveau merveilleusement exploité pour un un superbe album cocon, chaud et doux, à lire avec sa smala, blottis les uns contre les autres sur le canapé, au coin du feu, sous la couette, ou n'importe quel autre endroit où l'on se sent bien. 

L'album comprend très peu de texte, mais chaque image est une bulle de réconfort où l'on s'immerge avec délice. J'ai rarement rencontré un livre jeunesse faisant aussi chaud au coeur que celui-ci.

Abris, d'Emmanuelle Houdart, un album pour plonger dedans dès 5 ans.


05 avril 2015

Debout sur l'eau

C'est l'histoire d'un ours, et son rêve à l'ours c'est de voguer sur l'eau. Donc ni une ni deux, voilà l'ours qui embarque sur le canoë d'un indien du coin.

Comme on dit par chez nous, FBI (Fausse Bonne Idée), le canoë est en miettes et l'indien moyennement content de voir son instrument de travail pulvérisé de la sorte. Mais comme l'indien n'est pas du genre rancunier, il accepte néanmoins d'aider notre ours à se construire un canoë à sa taille.

Tout d'abord, il faut couper un gros arbre. Pas de problème, l'ours est balèse.

Ensuite il faut amener le tronc jusqu'à la rivière. Pas de problème, l'ours est un gros balèse.

Après il faut creuser le tronc pour faire le canoë. Pas de problème, l'ours est un super gros balèse.

Enfin il faut mettre le canoë délicatement à l'eau. Pas de problème... euh non là il va peut-être falloir réfléchir un peu plus...

Debout sur l'eau est un joli conte sur la coopération entre deux tempéraments opposés et sur comment il faut parfois savoir oublier la force brute. Le texte est très bien servi par de belles illustrations à l'encre de Chine qui arrivent parfaitement à transcrire et la force et la délicatesse. Avec en plus une jolie touche d'humour comme cerise sur le gâteau, que demander de plus ? Et bien en bonus, l'album est édité par le Chineur, une toute jeune maison d'édition qui prend grand soin de ses ouvrages en les faisant imprimer en Belgique dans une démarche éco-responsable. Ce qui nous fait au final de beaux livres tant sur le fond que la forme et c'est bien appréciable je trouve.

Debout sur l'eau, de Hyacinte Reisch, un conte épatant à savourer dès 5 ans.