23 octobre 2016

La Glace et le Ciel

Je m'appelle Claude Lorius. J'ai quatre-vint-trois ans et je suis glaciologue.

Autour de cette destinée scientifique franchement hors du commun, cet album nous parle du métier de glaciologue, bien sur, mais il nous apprend surtout ce que l'on peut découvrir en analysant la composition des carottes de glace de l'Antarctique, notamment sur le réchauffement climatique.

Alors je n'ai pas vu le documentaire de Luc Jacquet sur lequel est basé l'album, mais je peux vous dire que le livre m'a complètement emballée et qu'il se suffit parfaitement à lui même (sauf que maintenant j'ai très envie de voir le film,  forcément). J'ai rarement vu un ouvrage de vulgarisation qui parvenait à concilier aussi parfaitement enthousiasme et pédagogie scientifique. En plus en général je me méfie des ouvrages centrés sur un seul chercheur, et qui peuvent facilement virer à l'hagiographie. Mais ici la personne de Claude Lorius n'est pas traitée comme un héros, mais simplement comme une grand passionné qui arrive parfaitement à nous émouvoir et à transmettre son amour pour ses recherches, tout en soulignant bien à quel point ses découvertes s'appuient sur des travaux collectifs.

Et puis franchement, un livre qu'on referme en ayant une folle envie d'aller s'enterrer un an dans une base de l'antarctique chauffée à 8°C (pour -40°C dehors), et ben c'est pas tout les jours que vous allez en croiser !

La Glace et le Ciel, de Claude Lorius et Luc Jacquet, un album qui va vous emmener très très loin, pour les explorateurs pas frileux dès 8 ans.

16 octobre 2016

Pourquoi les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres ?

Bon ben je crois que tout est dans le titre. Si l'on ajoute que le sous-titre de ce chouette ouvrage est Mon premier manuel de pensée critique, on sait assez vite à quoi s'en tenir : soit un petit livre qui saura répondre avec clarté, pédagogie, et aussi une bonne dose d'humour (parce qu'il en faut parfois pas mal pour ne pas être complètement désespéré) aux questions que peuvent poser les plus jeunes sur le monde contemporain.

Je vais être franche, de base je suis une fan inconditionnelle du couple Pinçon-Charlot, dont j'apprécie énormément les ouvrages de sociologie (qui bien que d'abord destinés aux adultes sont aussi très agréables à lire). J'avais adoré leur volume hilarant avec Marion Montaigne et je suis vraiment impressionnée par la qualité de cet ouvrage jeunesse qui se met au niveau des ses jeunes lecteurs sans jamais les prendre pour des imbéciles. Quand on se souvient que le sous-titre de Superchouette, c'est le blog des enfants pas bêtes, on se dit que jamais un ouvrage n'a autant mérité sa place sur ces pages que celui-là.

Sans surprise ce chouette petit opus est produit par La Ville Brûle, éditeur militant qui nous a déjà fourni l'excellent On n'est pas des poupées, et je vous encourage également à écouter le podcast de l'émission radio Le temps buissonnier consacré à cet ouvrage.

Pourquoi les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres ?, de Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, élégamment et malicieusement illustré par Étienne Lécroart, 65 pages d'intelligence à dévorer dès 10 ans.





09 octobre 2016

La passe-miroir

Petit bout de femme réservé et solitaire, toujours accompagnée de son écharpe caractérielle (si, c'est possible), Ophélie est une animiste. Comme tous les membres de sa famille, elle possède le don d'animer les objets manufacturés. Mais elle est aussi dotée de deux facultés un peu particulières. D'une part Ophélie est une liseuse, à savoir qu'il lui suffit de poser sa main nue sur un objet pour lire toute son histoire (et celle de ses propriétaires par la même occasion) depuis sa fabrication. D'autre part c'est une passe-miroir, faculté bien pratique pour se déplacer d'un endroit à l'autre par miroirs interposés, mais qui peut s'avérer risquée et vous laisser dans des situations scabreuses avec une partie du corps coincée d'un côté et l'autre à quelques kilomètres de là. Ophélie en sait quelque chose, qu'un accident de miroir durant son enfance a justement rendue d'une maladresse pathologique...


Soit.

Quand ses aventures débutent, notre héroïne vient de se retrouvée fiancée à l'insu de son plein gré à Thorn, un grand escogriffe taiseux et psychorigide qui appartient à la pas franchement sympathique famille du clan des dragons (que genre à côté les animistes sont une variété de bisounours un peu excentriques). La voilà donc expédiée à l'autre bout du monde, dans la Citacielle, panier de crabes impitoyable et glacé, où une aristocratie dégénérée se tire en permanence dans les pattes pour gagner les faveurs d'un dieu apathique doté des capacités cérébrales d'un poisson rouge. Entre les complots assassins et la belle-famille meurtrière, c'est peu dire que la période de fiançailles ne va pas s'avérer de tout repos pour Ophélie, qui va devoir trouver en elle des ressources insoupçonnées pour faire face à tout ce dawa (et je suis polie), et au passage apprivoiser un fiancé revêche mais pas si mauvais bougre dans le fond (enfin, si on le compare à sa famille de psychopathes quoi, disons que tout est relatif).

Le premier tome de La Passe-Miroir ayant gagné le concours du premier roman Gallimard Jeunesse en 2012, j'avais déjà vu de nombreuses critiques élogieuses passer à son sujet, mais pour être honnête c'est surtout sa belle couverture avec ses écritures brillantes qui m'a séduite à la médiathèque. Initialement je l'ai pris pour moi, pensant éventuellement le filer ensuite à fille aînée s'il me plaisait. En pratique, elle l'a piqué dans ma valise le premier jour des vacances, dévoré en trois jours (alors que c'est un bon gros pavé), et j'ai suivi son exemple les trois jours suivants. Ensuite comme on était incapables de résister au suspense insoutenable qui clôt le premier tome, on a acheté le second pendant les vacances au lieu d'attendre sagement notre retour pour l'emprunter.

Bref, dit plus simplement, La Passe-Miroir est notre énorme coup de coeur des vacances et même de l'année côté roman (ok, y'a aussi les Petites Reines). L'univers développé par Christelle Dabos est d'une richesse et d'un poésie absolument merveilleuses. Les personnages sont profonds, complexes et attachants, on pense à eux encore longtemps après avoir refermé les livres et maintenant j'attends comme une âme en peine la sortie du troisième tome (quatre sont prévus au total) pour retrouver Ophélie, Thorn et tout l'univers fabuleux qui les entoure.

La Passe-Miroir, de Christelle Dabos, une série qui va vous emmener très très loin, à dévorer à partir de 12 ans.

02 octobre 2016

De cape et de mots

La comtesse Séraphine Marie-Geneviève Alexandrina de Notre-Dame Chancies du Jousselinier Senestre lez Castiche de l'Auberivière sié l'Ostel de la Colline (à vos souhaits), dite Serine, a dix-sept ans, une palanquée de petits frères à nourrir, et les seules choses que feu son papa lui a transmises c'est un nom à rallonge et une fantaisie à toute épreuve. Le premier est certes d'une utilité plutôt restreinte, mais elle va mettre à profit la seconde en s'enfuyant fissa du domicile familial, évitant par la même occasion le mariage organisé par sa mère. 

Serine sera donc demoiselle de compagnie pour la reine, et c'est peu dire qu'elle va mettre un sacré dawa à la cour, mais aussi se coller dans des embrouilles pas piquées des hannetons. Heureusement pour elle, la jeune fille pourra compter sur des alliées précieux et inattendus, qu'ils soient lingère, marmiton ou même apprenti bourreau...

L'héroïne de ce drôle de roman n'a pas la langue dans sa poche et nous emmène dans une aventure ébouriffante, où entre deux rebondissements, on pourra découvrir ce que sont une esperlune et une lifrejole, et même plein d'autres mots (qui sont eux dans le dico).

De cape et de mots, de Flore Vesco, un roman vibrionnant, à dévorer dès 10 ans.

25 septembre 2016

Bazar Bizarre

Dans la boite de Bazar Bizarre, il y a cinq petits objets en bois de couleurs différentes :

Un fantôme blanc,

Un fauteuil rouge,
Un livre bleu
Une souris grise,
Une bouteille verte.


Et il y a aussi un paquet de cartes, que l'on va retourner une par une. 

Sur chaque carte, on retrouve deux symboles (par exemple un fantôme dans un fauteuil), parfois l'un de ces symboles a la bonne couleur (i. e. la même que sa version en bois), parfois non. Et donc pour gagner cette carte il faudra s'emparer le premier d'un objet en bois, mais pas n'importe lequel :
  • Si la carte comprend un symbole portant la bonne couleur (comme un fantôme blanc), on doit saisir l'objet correspondant.
  • Si les deux symboles sur la carte n'ont pas la bonne couleur, on doit saisir l'objet qui n'est pas représenté, ni en forme, ni en couleur, sur la carte.
Gné ?

Bon, exemple, je retourne une carte sur laquelle on trouve un fantôme rouge avec une bouteille grise, il faudra donc s'emparer de ?

tic, tac, tic, tac, tic, tac...
....
....
....
Du livre bleu !

Oui, bravo petit lecteur chéri, tu es vraiment trop fort !
(Ce qui entre nous ne m'étonne qu'à moitié, la lecture de Superchouette étant un signe d'intelligence manifeste, si, si, je vous assure.)

Donc voilà, Bazar Bizarre est un petit jeu au principe fort simple et très facile d'accès, mais qui s'avère pourtant être très amusant et efficace pour se faire des noeuds au cerveau. Un chouette jeu familial à partager avec ses nains et où les adultes n'auront pas forcément l'ascendant, ce qui devrait le rendre particulièrement populaire auprès des petits joueurs.

Bazar Bizarre, chez Gigamic, un jeu bien malin à découvrir dès 6 ans.

18 septembre 2016

Mathilde et les petits papiers/ Gustave Taloche, roi de la bagarre

Aujourd'hui on va faire connaissance avec deux enfants très différents. 

D'une part il y a Mathilde la silencieuse, qui crée des merveilles avec les petits morceaux de papiers qu'elle glane ici et là, et que ses parents ont parfois bien du mal à comprendre. 

Et puis de l'autre côté, nous avons Gustave, bagarreur de son état, terreur des cours de récré, et qui avec ses copains a érigé la castagne au rang d'oeuvre d'art...

Deux enfants qui n'ont rien en commun donc, sinon d'être nés tous deux du même duo d'auteurs, Béatrice Fontanel au texte et Marc Boutavant aux illustrations, et qui font chacun l'objet d'un chouette petit roman jeunesse à destination des jeunes lecteurs. Chez nous on les a trouvé tous les deux très attachants ces petits héros, et on a été aussi émus par leurs histoires qui m'ont pourtant rien à voir.

Mathilde et les petits papiers, Gustave Taloche roi de la bagarre, par Béatrice Fontanel et Marc Boutavant, deux jolis romans pour lecteurs débutants (dès 6 ans).

11 septembre 2016

Sous terre/Sous l'eau

Imaginez un livre bigoût. D'un côté, dans des tonalités ocres, on trouve tout ce qu'il faut savoir sur ce qui se trame dans les entrailles de la terre, des légumes racines aux tunnels du métro, en passant par les terriers des animaux sauvages. Et puis on le retourne, et l'autre côté,  dans un superbe camaïeu de bleus, on découvre le monde marin sous toutes ses coutures, poissons et plongeurs, de l'eau douce du lac à l'immense fosse des Mariannes...

Après le superbe Cartes, le duo polonais Aleksandra et Daniel Mizielinski nous revient donc avec un album absolument fantastique. Sous terre/sous l'eau est à la fois un ouvrage encyclopédique d'une richesse inouïe qui fascinera les plus jeunes comme leurs parents, mais également un livre d'image fabuleux et poétique, si bien que chez nous la cadette (4ans) n'arrive pas à s'en décoller alors même que la plupart des textes sont encore bien trop ardus pour elle. Bref, c'est une merveille sous tous les plans.

Sous terre/Sous l'eau, d'Aleksandra et Daniel Mizielinski, préparez vous à un voyage fantastique dès 8 ans (voire même avant).

(Je retrouve pas mon appareil photo et mon téléphone est poucrave.
La vérité, allez feuilleter ce livre en vrai les gens, je vous jure qu'il vaut le détour !!!)

04 septembre 2016

La bergère qui mangeait ses moutons

Il était une bergère, et ron et ron petit patapon, qui ne faisait pas que garder ses moutons, mais avait également pris la déplorable habitude d'en boulotter un tous les matins au petit déjeuner. 

Comme on peut s'y attendre, la situation n'enchante que très moyennement le troupeau, qui s'en va trouver de l'aide en la personne d'un grand loup pas si méchant que ça (enfin... ça dépend pour qui...).

Autant fille aînée est très vite devenue une lectrice vorace qui s'engouffre des gros pavés à la vitesse de l'éclair, autant n°2 a elle décidé de prendre son temps pour apprivoiser la lecture. Nous avons donc mis à profit le rayon premières lectures de notre médiathèque bien-aimée, qui est très bien fourni, et découvert ce drôle de petit livre qui mélange et détourne joyeusement les clichés traditionnels des contes avec sa bergère qui tient plus de l'ogresse et son loup sympa.

La bergère qui mangeait ses moutons, d'Alexis Lecaye et illustré par Nadja, un conte rigolo à lire tout seul dès six ans.

01 septembre 2016

Superchouette Best-of !

En attendant le démarrage de la nouvelle saison 2016-2017, voici trois ouvrages déjà chroniqués sur ce blog et qui ont encore fait la joie de la Superchouette marmaille cet été :
  • Après deux ans de règne incontesté, la BO de la Reine des Neiges s'est enfin faite détrôner par les délicieuses Ballades Enfantines, qui sont désormais notre CD favori pour les voyages en voiture. C'est peu dire que mes oreilles sont soulagées tiens...
  • Marmaille number 2 (presque 7 ans) a été initiée aux Colons de Catane. Bon pour la stratégie c'est pas encore tout à fait ça, mais on tiens le bon bout, à nous les soirées jeux à quatre  (et va falloir qu'on songe à acquérir une extension pour quand n°3 sera en âge de s'y mettre).
  • Quant à marmaille number 3 (4 ans) justement, elle est devenue fan de Sardines, qu'elle nous ressort tous les soirs en rentrant à la maison, va falloir que je travaille ma mémoire moi !

01 juillet 2016

Superchouette été

Et c'est reparti pour deux mois de repos bien mérité (si, si) pour la Superchouette team, qui s'en va tester plein de nouveaux jeux et bouquins .

On se retrouve en septembre et en attendant, profitez bien de votre été en famille (et on espère au soleil !)
(tiens et si on allait se faire un petit Aventuriers du Rail ?)