Dans le secret des feuillages du grand chêne, c'est tout une monde qui vit et qui bruisse, de l'épervier farouche au loir discret en passant par les terribles chenilles processionnaires. En six illustrations tunnel (qui comprennent chacune plusieurs niveaux en découpe) ce superbe album nous invite à faire connaissance avec la faune et la flore qui peuplent cet arbre majestueux.
Il y a déjà fort, fort longtemps, j'expliquai pourquoi j'avais les plus grandes réserves sur les livres pop-up, où le fond du message est souvent sacrifié à la forme. Cet album vient cependant rejoindre les rares exceptions à cette règle, avec un traitement formel absolument magnifique qui nous permet de plonger dans cet univers végétal, et un texte riche qui permet d'en apprendre plus sur les différentes espèces présentées au fil des pages.
Dans le Secret des Feuillages, de Cécile Jacoud, un voyage à hauteur d'arbre, à découvrir dès 7 ans (l'éditeur dit 6 ans, mais je trouve le texte un chouilla trop pointu pour les tou·te·s jeunes lecteur·rice·s, et puis les découpes, ça nécessite toujours un peu de délicatesse dans la manipulation)
Rosalia est lycéenne et ne jure que par les sciences. Un jour, sa route croise celle d'Henrietta Lacks, cette mère de famille afro-américaine des années cinquante dont les cellules cancéreuses (et apparemment immortelles) ont bouleversé tout le champ de la biologie moléculaire moderne...
Voilà un drôle d'ouvrage qui mériterait bien le qualificatif d'OVNI littéraire. À la fois roman (très) illustré et riche documentaire scientifique sur l'étonnant parcours posthume des cellules HeLa, mais aussi réflexion émouvante sur l'éthique en médecine et en sciences. Passée la perplexité initiale, on tombe sous le charme de cette plume fluide qui nous entraîne dans les pérégrinations mentales de la narratrice et les illustrations crayonnées qui rendent bien compte de la spontanéité des pensées de l'adolescente. Petite et grand histoires se mêlent dans le parcours de Rosalia, que l'on accompagne au fil des pages jusqu'à l'âge adulte.
Henrietta Lacks, de Clémentine B. et Martina Aranda, une étonnante réflexion sur la recherche médicale à découvrir dès 15 ans.
Dans un futur incertain, alors que la vie à la surface de la planète est devenue impossible, le Cargo Paradis, un étrange véhicule souterrain, est envoyé explorer la croute terrestre à la recherche d'un nouveau refuge pour l'humanité. À son bord, sept enfants encadré·e·s par une intelligence artificielle. Près d'une décennie plus tard, ces jeunes explorateur·rice·s se retrouvent à devoir affronter de nouveaux dangers dont l'adolescence n'est pas le moindre...
Après Le Grand Tour et son ambiance maritime, Sandrine Bonini nous offre un nouveau récit d'apprentissage à hauteur d'ado·e·s dans une atmosphère souterraine et post-apocalyptique. On y retrouve la mise en page richement illustrée en mode carnet de bord, qui permet de s'immerger dans le quotidien de cette petite bande hétéroclite et profondément humaine, tout juste sortie de l'enfance et souvent faillible (et parfois aussi très pénible). Après un démarrage un peu lent, je me suis attachée à ces personnages touchants et alors que le rythme du récit s'accélère progressivement, on tremble pour l'avenir de l'équipage du Cargo Paradis.
Cargo Paradis, de Sandrine Bonini, une aventure au centre de la terre à suivre dès 10 ans.
PS : Le résumé éditeur mentionne 2001 l'Odyssée de l'espace et Voyage au centre de la terre comme références, mais ma génération de vieux darons sait bien quelle est la VÉRITABLE inspiration de cette histoire...
Voilà un beau documentaire jeunesse très richement illustré pour tou·te·s les jeunes lecteur·ice·s qui souhaiteraient se mettre à la couture. La première partie présente les bases pour démarrer : maitriser la bête, s'équiper correctement, effectuer les premières manipulations. Après quoi on passe aux choses sérieuses, avec une quinzaine de petits projets ludiques et accessibles aux débutant·e·s.
En tant qu'autodidacte tardive de la couture (j'ai découvert ce fabuleux loisir toute seule avec des patrons en ligne il y a presque 20 ans), je dois dire que je trouve cet ouvrage rudement bien ficelé. Bien que destinées à un jeune public, les premières pages pourraient parfaitement convenir à des adultes. Surtout, ce livre a le bon goût d'insister sur un point central quand on coud à la machine (et pas toujours évident pour les petites mains impatientes), il faut savoir PRENDRE SON TEMPS.
Plutôt que de se jeter bille en tête sans réfléchir et de massacrer son tissu, la couture est un loisir où il est indispensable de se donner le temps de réfléchir, d'y aller doucement, et de savoir marquer une pause au moindre doute. Les pages techniques du livre transmettent parfaitement cette philosophie. Coté projets on est sur du simple mais efficace (doudous, trousses et décoration) qui pourra sans problème être réalisé par des enfants (ok, peut être pas en autonomie totale au départ) avec de quoi confectionner des chouettes cadeaux pour la famille et les copains. Au final, ça nous fait un ouvrage parfait pour transmettre votre passion (si vous êtes déjà couturier·e) ou satisfaire la curiosité d'un·e bricoleur·se en herbe.
Le grand livre de la machine à coudre, de Jane Bull, un livre pour coudre comme les grand·e·s, à partir de 9 ans.
Dans la culture américaine, le "Summer camp" est un passage obligé de l'adolescence, un moment hors du temps riche en émotions, où on grandit loin du regard parental, on construit des amitiés fortes et où l'on connait parfois ses premiers émois amoureux. Pour Jo, April, Mal, Molly et Ripley, cinq Lumberjanes qui partagent le même dortoir cet été, le camp c'est bien sur tout ça, mais c'est aussi un extraordinaire terrain de jeu et d'aventures rempli de créatures fantastiques (et pas toujours bienveillantes), où chacune a l'occasion de briller mais où il faut aussi savoir rester soudées.
N°3 (11 ans) a eu un énorme coup de coeur pour ce comics un peu déjanté et blindé d'humour, qui met en avant la sororité de ses protagonistes dans des aventures complètement barrées. De mon côté j'ai été charmée par ce héroïnes super attachantes et les graphismes colorés et très dynamiques des albums (attention, conformément aux usages dans les comics, les Lumberjanes sont le produit d'un collectif et le style des dessins varie donc d'un chapitre à l'autre). On y retrouve notamment la patte de ND Stevenson, dont on avait déjà apprécié le très joli Nimona.
Lumberjanes, de ND Stevenson, Grace Ellis, Shannon Waters et Gus Allen, des aventures trépidantes et pleines de sororité à découvrir dès 9 ans.
Aujourd'hui je vais vous parler d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, en l'occurence l'an 2000, quand sortit la première adaptation filmée du célèbre jeu de rôle. Et comme c'est une vieille daronne qui écrit ces lignes, ben figurez-vous que ce film, je l'ai vu au cinéma quand il est sorti.
Et c'était mauvais.
Très, très, très mauvais.
Bon pour être honnête je ne me souviens absolument pas de ce que ça racontait (à supposer qu'il y ai eu un scénario), seulement qu'il y avait effectivement des dragons et Jeremy Irons juste là pour toucher son chèque. Mais une chose est sure, c'était sacrément mauvais.
Cette longue introduction pour dire qu'au printemps dernier, quand la sortie de ce nouveau Donjons et Dragons a été annoncée, et qu'il était clair qu'il faudrait emmener ma tribu de rôlistes le voir, ben j'ai un peu craint le pire.
Et finalement, c'était pas mal.
Je dirais même pas mal du tout.
Et sinon de quoi ça parle ton truc là ?
Oh ben la routine habituelle.
Un voleur associé à une barbare doit s'emparer de je sais plus quel artéfact pour récupérer sa fille et forme donc une équipe avec un mage un peu looseur, une métamorphe et un paladin psychorigide.
Mais bon, en vrai le scénario on s'en cogne un peu, ce qui compte c'est que le film est blindé d'humour (spéciale dédicace au paladin qui est à hurler de rire) et joue habilement avec les codes des jeux de rôle médiéval-fantastique (un peu comme le méconnu et pourtant très bon En Avant). Il y a de chouettes scènes d'action (avec un adorable dragon bouboule), Hugh Grant fait un très bon méchant (il est pas là que pour le chèque) et les enjeux classiques (recherche de puissance et de gloire) sont remplacés par des problématique familiales qui rendent notre petite bande d'aventuriers nettement plus sympathiques. Bref au final on a un film qui fait parfaitement son taf de divertissement familial (et oui, c'est visible et drôle même si vous n'est pas rôliste).
Donjons et Dragons, l'honneur des voleurs, un film qu'à partir de 8 ans il est très bon.
Un beau jour de 1870, un chimiste russe du nom de Dimitri Mendeleïev décida de mettre un peu d'ordre dans le grand bazar de l'univers en classant l'ensemble des éléments qui le composent. Le célèbre Tableau Périodique était né, et cela fait maintenant plus de 150 ans qu'il fascine petit·e·s et grand·e·s (spoiler, l'autrice de ces lignes est chimiste de formation et elle kiffe le Tableau Périodique autant que les atlas géographique, c'est dire).
Ce beau documentaire richement documenté et illustré nous invite donc à faire connaissance avec les 118 (jusqu'à nouvel ordre) éléments qui peuplent ce célèbre tableau, du petit hydrogène à l'énorme oganesson. Au passage on parlera de chimie, bien sur, mais également des pouvoirs extraordinaires de ces éléments et de leurs 1001 usages dans leur vie quotidienne. À vous ensuite, de choisir votre préféré ! (J'avoue de mon côté j'hésite encore même si j'ai un petit faible pour le cuivre)
L'encyclopédie illustrée des éléments, de Lisa Congdon, un livre qui vous rendra plus savant, à découvrir dès 10 ans.
PS : Cet ouvrage est une traduction de l'anglais, et l'autrice de ces lignes, qui est donc chimiste, peut témoigner qu'hélas, les traductions d'ouvrages scientifiques destinés au jeune public souffrent trop souvent d'erreurs et contresens dus à la traduction et l'absence de relecture de la version française par un·e scientifique. Ici ça n'est pas le cas, et je parle en connaissance de cause, parce que c'est précisément l'autrice de ces lignes qui a effectué cette relecture, et c'était un grand plaisir (mais je suis pas objective, vu que le Tableau Périodique fait battre mon petit coeur depuis mes 10 ans).
Quand j'avais huit ans, j'ai rejoint la grande tribu des binoclard·e·s (qui concerne tout de même plus d'un quart de l'humanité), et je dois dire que j'étais pas super jouasse de me faire traiter d'intello dans la cours de récré.
Au fil des ans j'ai bien croisé quelques albums jeunesse (mais pas des masses), qui avaient pour objectif de dédramatiser la situation, mais nul documentaire sur le sujet, et rétrospectivement je me dis que c'est fort dommage. Il y a certainement plein d'enfants à lunettes qui voudraient en savoir plus sur ce drôle de truc qu'on leur a collé sur le nez. Cet ouvrage très complet et joyeusement illustré vient donc combler un vide et nous apprend plein de choses : sur l'histoire des lunettes bien sur, mais également sur le fonctionnement de l'oeil, sur toutes les fois où il ne fonctionne pas, et sur comment les lunettes vont corriger tout ça. L'ensemble a été validé par ma binoclarde maison qui s'est tout de suite approprié le livre et était ravie d'y trouver toutes ces informations.
Mes lunettes super chouettes, d'Isabelle Stevan et François Vigneault, un documentaire qui mérite le coup d'oeil, à partir de 8 ans.
Elle ne paye pas forcément de mine, cette rue des quatre-vents située dans un quartier populaire au nord de Paris, mais depuis plus d'un siècle elle est riche de ses habitants.
Ce superbe album revient donc sur 130 ans d'histoire et de vagues migratoires dans une rue parisienne, en se concentrant non pas sur les chiffres, mais sur les gens. Des femmes et des hommes, venu·e·s du monde entier pour s'installer dans l'espoir d'une vie meilleure dans cette rue qui n'a pourtant rien de spécial. Année après année, les grands panorama se suivent et nous donnent à voir leur parcours et leurs rêves, la vie quotidienne, les enfants qui naissent et les générations qui se succèdent. Le propos est magnifiquement servi à la fois par les illustrations très riches de Magali Attiogbé et les textes de Jessie Magana, qui insufflent un supplément d'âme à ce documentaire, en donnant vie à l'humanité contenue dans ce fragment de rue.
Rue des quatre-vents, de Jessie Magana et Magali Attiogbé, un livre pour voir l'histoire autrement, à partir de 7 ans.
Et hop, c'est le moment de notre petit passage revue trimestriel dans les séries qu'on aime sur SuperChouette !
Le second (et dernier) tome du Marchand de tapis de Constantinople est désormais disponible et nous emmène à travers l'Europe jusqu'en Angleterre pour clore ce grand conte fantastique.
Bulle et Bob, le duo le plus choupitrognon des albums de musique pour les petits, va avoir un chaton !
Ça n'est pas une publication récente, mais on regrette de l'avoir loupée. Après son très bel album sur les Océans, Amandine Thomas nous emmène à la découverte des forêts à protéger.
La fournée d'été des Unlocks réserve encore plein de chouettes surprise, dont une aventure bien délirante autour du chat de Schrödinger.
Enfin, les Odyssées sont de retour, avec une nouvelle série de quatre épisodes consacrés aux classiques de Jules Verne.