dimanche 14 octobre 2018

L'île aux mensonges

Faith Sunderly a 14 ans et est la fille soumise et dévouée d'un pasteur naturaliste de l'Angleterre victorienne. Afin de fuir des rumeurs de fraude concernant les recherches paternelles, toute la petite famille (père, mère, oncle, Faith et son petit frère) se retrouve exilée sur une petite île battue par les vents au large des côtes anglaises. L'accueil sur place n'est pas des plus chaleureux et les choses se corsent encore plus quand le révérend Sunderly est retrouvé mort. Faith va alors devoir braver les interdits que l'époque fait peser sur son genre pour enquêter sur la disparition de son père et faire éclater la vérité au grand jour.

L'île aux mensonges est un remarquable thriller victorien, baigné d'une atmosphère vénéneuse, et qui nous plonge au coeur d'une société dont les convictions sur les origines de l'humanité ont été violemment secouées par la récente publication des travaux de Darwin. Ce contexte scientifique tout particulier se double également une réflexion fine sur la place réduite que cette même société daignait accorder aux femmes. Faith n'a rien d'une rebelle dans l'âme et s'efforce initialement de remplir consciencieusement ses devoirs filiaux. Mais comment ne pas être révoltée face à l'étroitesse du destin que sa famille lui réserve ? La résolution du mystère paternel s'accompagnera donc d'une émancipation libératrice pour notre héroïne. Par ailleurs les personnages féminins présents dans le roman sont particulièrement intéressants dans la mesure où ils s'avèrent tous plus complexes que ce que l'on pourrait soupçonner au premier abord, chaque femme devant trouver une stratégie qui lui est propre pour exister au sein du carcan victorien.

L'île aux mensonges, de Frances Hardinge, un roman captivant à dévorer à partir de 12 ans.

PS : Frances Hardinge est déjà l'autrice de huit romans jeunesse (enfin plutôt jeune adulte), dont seulement trois ont fait l'objet d'une traduction en français (deux romans chez Gallimard, un chez l'Atalante), je croise donc les doigts pour que les autres arrivent bien vite dans nos librairies et bibliothèques !

mercredi 10 octobre 2018

Superchouette automne !

Quelques nouveautés du semestre dans les séries qu'on aime sur Superchouette :

  • Le tome 3 des Mystères de Larispem vient de sortir. L'élixir ultime conclue en beauté cette formidable trilogie aux accents verniens.
  • On est également ravi·e·s de retrouver les Bergères Guerrières pour un deuxième tome qui nous plonge cette fois au coeur de l'action, après un T1 plutôt introductif, et nous permet d'en savoir plus sur les origines de la menace qui rode... 
  • Enfin, le T11 de Princesse Sara voit notre héroïne en fâcheuse posture. Fort heureusement elle est secondée d'une bande d'ami·e·s prêt·e·s à tout pour la sortir de là (dont une Lavinia plus irrésistible que jamais et qui est bien partie pour devenir mon personnage préféré de la série...)

dimanche 7 octobre 2018

Pizza Rush

Attention, attention, la pizzeria va ouvrir ! 
L'heure du coup de feu approche ! 
Allez c'est parti en cuisine ! 
Hop hop hop ! 
Une végétarienne, une formaggi, une margharita, une bambino et que ça saute !

Dans Pizza Rush, les joueur·se·s incarnent une équipe de pizzaiolo dont l'objectif est de satisfaire un maximum de client·e·s en six minutes et pas une de plus. Selon les effectifs de votre équipe (autant vous prévenir de suite, jouer à moins de trois c'est carrément chaud patate), il faudra donc répartir les différents postes en fonctions des points forts de chaque joueur. Au service il faut mémoriser les commandes de chaque tablée, en cuisine pouvoir fabriquer les pizzas à la vitesse de l'éclair, et en caisse on ne s'embrouille pas avec l'addition.

Il s'agit donc d'un jeu coopératif, où les joueur·se·s forment une équipe unique, proposé par la petite maison Belugames qui est spécialiste en la matière.

Je vais vous avouer un truc, moi d'ordinaire les jeux coopératifs ça me gave. D'une part parce que j'ai un mauvais fond et mon grand bonheur dans l'existence c'est de piler mes adversaires. Et d'autre part, parce que pendant la plupart des jeux coopératifs testés jusqu'ici, je m'ennuyais ferme en attendant mollement mon tour dans l'espoir de sauver un vague trésor. Ici le combo durée limitée/tout le monde joue en même temps fonctionne à merveille et il n'y a pas de temps mort pendant les six petites minutes que dure le sablier. On se prend même plutôt un bon gros shoot d'adrénaline, donc je ne suis pas mécontente que les parties ne durent pas plus longtemps (et puis on a toujours la possibilité de recommencer pour améliorer son score).

Un autre intérêt du jeu c'est qu'il est vraiment accessible sur une grande gamme de tranches d'âge. Ici on colle n°3 (qui est encore non lectrice) à la fabrication des pizza pendant que n°2 prend les commandes et n°1 fait des calculs à la caisse. Si vous jouez avec des plus grand·e·s, il est possible de passer en mode expert (avec des client·e·s capricieux·ses, qui changent d'avis ou n'ont pas de monnaie) ce qui complique sacrément la donne. Actuellement, notre seul souci c'est que n°2 a un peu tendance à se prendre au jeu et se met à hurler sur ses soeurs dans le feu de l'action :

Allez on s'active en cuisine là ! 
Elle est où ma bambino ! 
Allez plus vite !

Bref, c'est pas une boite à sortir si vous êtes fatigué·e·s, mais le reste du temps on passe de bons moments en famille avec.

Pizza Rush, un jeu sympa mais un parfois peu stressant, à partir de 6 ans (si vous êtes nombreux·ses vous pouvez même intégrer des plus jeunes en les associant à un·e adulte)

dimanche 30 septembre 2018

Rien n'arrête Sophie

Sophie Germain est née à Paris, à l'aube de la révolution française, et l'on imagine bien qu'à l'époque, on ne destinait pas les jeunes filles à de brillantes études de mathématiques. 

Pourtant rien n'arrêtera notre héroïne dans sa passion peu ordinaire, qu'il s'agisse d'user treize ans durant d'un pseudonyme masculin afin de pouvoir correspondre avec les plus grands mathématiciens de son époque, ou de plancher pendant six ans sur la modélisation des vibration pour finalement décrocher le grand prix de l'Académie des sciences (je vous laisse deviner le nombre de femmes ayant gagné ledit prix avant elle... très exactement la tête à Toto).

Bref, Sophie Germain est une grande figure de l'histoire des sciences, et c'est une joie de découvrir cette destinée hors du commun dans ce très chouette album jeunesse, où les illustrations délicieusement rétro de Barbara Mc Clintock (déjà beaucoup appréciées dans Dahlia et la série Adèle et Simon) parviennent à transcrire avec poésie et délicatesse toute la beauté du langage mathématique.

Rien n'arrête Sophie, de Cheryl Bardoe et Barbara Mc Clintock, une héroïne pour nous changer de Marie Curie, à découvrir à partir de 7 ans.

dimanche 23 septembre 2018

Les cavaliers de l'apocadispe

Les cavaliers de l'apocadispe sont trois écoliers turbulents dont les aventures à la fois hilarantes et lamentables font la très grande joie des lecteur·rice·s  (de tout âge) de Spirou (dont nous sommes) depuis une dizaine d'année. 

Dans cette fine équipe on trouve... euh, on trouve quoi au fait ?

  • Une sorte de koala avec des lunettes, qui est un peu le meneur de bande, et du coup il a pas de nom.
  • Jé, un perroquet crétin, pas le dernier pour avoir des idées idiotes.
  • Olive, un poulet (enfin, je crois) terrorisé et avec en permanence la tête de celui qui se demande comment il a pu se fourrer dans un pétrin pareil.
Partant de situations pourtant ordinaires (une visite de classe au musée, un cours de sport, le départ à la retraite d'une prof, une partie de foot ou un pique-nique en forêt), notre petite troupe montre un talent unique pour se retrouver dans du grand n'importe quoi complètement absurde.

J'appréciais déjà énormément l'humour foutraque de Libon dans Tralaland, Mais là c'est encore le niveau au dessus. Depuis trois ans qu'on est abonnés à Spirou à la maison, c'est clairement une des séries qui me remplit le plus de joie à la lecture du magazine, et en lisant l'album j'ai commencé à éclater de rire à la page 4 pour ensuite pouffer continuellement jusqu'à la quatrième de couverture. Quand je vois le joli petit n°1 gravé sur la tranche, je n'ai qu'un espoir, que ce premier recueil soit le début d'une très très longue série d'albums...

Les cavaliers de l'apocadispe, de Libon, une sacrément drôle de vision de l'enfance à savourer dès 8 ans

dimanche 16 septembre 2018

Gobbit

Dans la jungle, terrible jungle, il y a des mouchtiks (chi, ch'est comme cha qu'on dit), des caméléons, des serpents et des gorilles. Et chacun peut être une proie, ou un prédateur, voir parfois les deux : Les mouchtiks se font boulotter par les caméléons, qui eux même servent de quatre-heure aux serpents, et les gorilles, qui sont de gros bourrins, écrasent joyeusement tout ce petit monde.

Dans une partie de Gobbit, il vous faudra donc, au fil du dévoilement des cartes :

  • Manger les proies (mouchtik ou caméléon) des autres joueurs, si elles sont de la même couleur que votre prédateur (caméléon ou serpent), en tapant dessus.
  • Protéger votre proie des prédateurs qui viennent les attaquer.
  • Exploser toutes les cartes qui passent si vous avez un gorille.
  • Et bien sur ne pas s'emmêler les pinceaux en tapant à tort et à travers, sous peine de sanctions.
Gobbit est donc un petit jeu de rapidité dans le même esprit que l'inusable Jungle Speed, avec quelques variantes amusantes, comme le fait que l'on peut attaquer plusieurs joueurs simultanément (il faudra donc développer son agilité des deux mains) et la possibilité de jouer en mode expert en suivant les indications supplémentaires présentes au dos des cartes. Ici le jeu a très vite été adopté par l'ensemble de la famille (mention bonus aux jolies illustrations rigolotes) et sa petite boite nous a accompagnés tout au long de l'été.

Gobbit, un jeu de chez Oldchap Games, pour découvrir la loi de la jungle à partir de 6 ans.


Gare au goriiiiiiiiilleuh....


dimanche 9 septembre 2018

Papy Mammouth

Du fond des âges (le paléolithique ça commence à bien dater) et de sa grotte quelque part en Europe, Papy Mammouth vient nous conter son histoire et celle de ses descendants. 

Alors nous, gentil·le·s lecteur·rice·s, sommes convié·e·s à venir le rejoindre auprès du feu pendant qu'il déroule devant nous les grandes heures de l'humanité, au fil des générations successives...

En sept époques et cinquante chapitres constitués chacun d'une double page texte/illustration, voici un drôle de documentaire, que l'on peut tout aussi bien engouffrer d'une traite ou lire doucement, une page à la fois, soir après soir. Le récit fait à la première personne, les illustrations tout en rondeur et les traits d'humour du narrateur renforcent notre sentiment proximité avec celui-ci et viennent nous rappeler qu'au delà des siècles de conflits, l'humanité reste une seule et grande famille.

Papy Mammouth, de Dieter Böge et Bernd Mölck-Tassel, une belle histoire de l'humanité (européenne) où se plonger dès 8 ans.

dimanche 2 septembre 2018

Love Letter

Amoureux transi de la princesse, vous devez lui transmettre un billet doux. Pour ce faire, il vous faudra passer par différents intermédiaires, du simple garde à la prestigieuse comtesse (la plus proche confidente de votre cible). Chacun possède un pouvoir qui vous permettra de vous rapprocher de votre objectif ou d'éliminer vos concurrents, mais prenez garde à ce que ceux ci ne déjouent vos plans !

Dans son élégant petit sac en velours rouge, ce jeu de cartes venu du Japon est étonnamment simple et sobre (le matériel se compose de 16 cartes et c'est tout), et il a conquis toute la famille cet été. Les parties s'enchaînent rapidement, qui qui permet d'y passer aussi bien 5 minutes qu'une heure, et l'on devient vite accro que ce soit à 2 ou 4 joueurs.

Notez que si la thématique (et les illustrations très classiques) ne vous bottent pas plus que ça, il existe désormais des tas de variantes sur des thèmes très divers, et rien ne vous empêche d'inventer la votre. Après tout il suffit de trouver huit personnages pour faire sa propre version du jeu. Ici on apprécie beaucoup la version Lettre au Père Noël, particulièrement adaptée aux parties en famille, mais malheureusement uniquement disponible en anglais.

Love Letter, de Senji Kanai, un petit jeu malin et addictif à découvrir dès 8 ans.

La version originale,

La version Père Noël toute choupi

Et à la maison on s'est fait une version spéciale Harry Potter dont vous pouvez charger le pdf ici (sachant que la règle du jeu est dispo là).

samedi 1 septembre 2018

Superchouette best-of

Adieu l'été, bonjour la rentrée ! 

On vous a rapporté plein de nouvelles idées de ces deux mois de congés, mais avant de démarrer la saison 2018-2019 du blog, voici une courte liste de classiques qui continuent à nous enchanter :

  • Côté jeux on a ressorti le Qwirkle et l'inoxydable Labyrinthe pour animer nos soirées d'été (et les quelques jours de pluie qu'on aussi connu).
  • On a aussi montré Princess Bride à une superchouette marmaille qui ne l'avait encore jamais  vu (si, si, c'est possible). L'humour du récit a bien-entendu fait mouche, mais j'ai eu quelques plaintes quant à la personnalité un peu fadasse de Bouton d'or, qui attend passivement que son bien aimé vienne la sauver. 
Mais bon, comme le film a trente ans et qu'il est cher à mon coeur d'enfant, il lui sera beaucoup pardonné (et du coup je me prends à rêver d'un reboot 2018 avec une princess badass qui botte les fesses d'Humperdinck, franchement ça aurait de l'allure...)

dimanche 1 juillet 2018

Superchouette été !

L'heure des vacances a sonné pour la Superchouette smala, qui sera de retour en septembre avec plein de chouettes nouveaux conseils pour toute la famille.

D'ici là on vous laisse avec quelques nouveautés du dernier trimestre (ou avant...) qui pourront vous accompagner au soleil :
  • Yun l'indien et son ami l'ours continuent leurs pérégrinations philosophiques, toujours illustrées par les magnifiques illustrations à l'encre de Chine de Hyacinthe Reisch.


  • Enfin, Igor et Souky, les explorateurs en culottes courtes, ont franchi le périphérique et sont partis à la conquête de l'espace.
Et d'ici la rentrée on vous souhaite un superbe été à tous !

mercredi 27 juin 2018

Les interviews enfantins

Un son, comme de la buée avec des petits doigts qui gribouillent la tête à Toto.
Votre enfance, dans vos oreilles.

Voilà encore un rendez-vous audio pour toute la famille. Podcast irrégulomadaire (avec une vingtaine d'épisodes en deux ans) diffusé sur le Poste Général, les Interviews enfantins donnent la parole à un (ou deux) enfants lors d'une pastille sonore d'une dizaine de minutes, qui vous permettra de devenir incollable sur des sujets aussi variés que le foot, la mode, One Piece (le manga), le skate ou Harry Potter. C'est touchant, drôle, parfois c'est aussi du grand n'importe quoi, mais pas n'importe lequel. Ce n'importe quoi très particulier de l'enfance, qui peut nous emmener dans des endroits imprévus tout en restant pourtant parfaitement cohérent (enfin, au moins du point de vue de l'enfant interviewé·e).

Aux manettes, il y a Vincent Malone, aka Le Roi des papas, qui a su créer pour chacun de ses petit·e·s invité·e·s une ambiance sonore cousue main, pour nous permettre de mieux plonger dans son univers.

Les interview enfantins, de Vincent Malone, 10 minutes d'enfance concentrée, à partager en famille dès 5 ans.



dimanche 24 juin 2018

Louis 1er Roi des moutons

Un jour de grand vent, celui-ci vient poser une frêle couronne de papier sur la tête de Louis le mouton, qui par la grâce de ce précieux couvre-chef, devient alors Louis 1er, Roi des mouton.

Le laineux souverain prend son rôle de chef suprême très au sérieux, et va donc bouleverser le quotidien de ses congénères, à coup de chasse, de jardin royaux et de défilés militaire.

Mais la gloire est une petite chose fragile qui peut vous abandonner aussi facilement qu'une couronne de papier un jour de grand vent...

Les illustrations d'Olivier Tallec nous avaient profondément émus dans le bouleversant Grand loup et petit loup, ici c'est son humour pince sans rire qui fait merveille dans cette fable animalière. On pourra aussi apprécier les plusieurs niveaux de lecture de ce récit qui souligne la vanité de l'exercice du pouvoir, et qui amusera les plus petits comme les grands. D'autant plus que cette réédition en poche d'un album initialement sorti en 2014 apparaît comme un clin d'oeil malicieux à l'actualité politique.

Louis 1er, roi des moutons, d'Olivier Tallec, un conte malin, pour s'amuser dès 4 ans.

dimanche 17 juin 2018

Codenames


Les membres les plus agé·e·s du lectorat de ce blog se souviennent peut-être de feu Pyramide, jeu télévisé où il fallait faire deviner à un·e coéquipier·e un mot à l'aide d'un seul autre. 

Codenames reprend ce principe de base en vous faisant incarner une équipe d'espion·ne·s, sauf que cette fois c'est toute une série de mots (8 à 9) qu'il vous faudra deviner, et qu'il faudra y parvenir avant que l'équipe adverse ne complète sa propre mission.


La subtilité, c'est donc que vous allez pouvoir faire deviner plusieurs mots d'un coup à vos partenaires, un exemple en image :

Disons que sur ce jeu là, il vous faut faire deviner Licorne et Magie

Vous pouvez alors tenter l'indice suivant : Fantastique, 2 
(le 2 indiquant le nombre de mots concernés par votre indice) 

Il faudra cependant espérer que votre partenaire ne réponde pas Ange (ben quoi ? ça colle avec l'indice aussi !), auquel cas vous perdez la main et c'est au tour de l'adversaire de jouer.

La difficulté consiste donc à bien peser les risques, en essayant de faire deviner un seul (mais c'est plus lent) ou plusieurs (mais c'est plus dangereux) mots à la fois.

Le jeu est très rapide à prendre en main et à mettre en place, avec des petites parties rapides (15 minutes) mais que l'on a très vite envie d'enchaîner une fois qu'on a compris le principe.

Codenames, un jeu malin pour se triturer les méninges, à partir de, euh... 

Alors ça c'est une bonne question. L'éditeur dit 14 ans, Martin Vidberg (dont j'apprécie beaucoup les avis éclairés) dit plutôt 12 ans, moi j'ai vu des joueurs expérimentés de 9 ans très bien s'en sortir. 

Donc là ça va vraiment dépendre de vos petits joueurs maison et de leur familiarité avec les jeux de vocabulaire. Mais vous pouvez aussi faire des équipes familiales alliant enfants et adultes et dans ce cas je pense que le jeu est accessible dès 8 ans.


dimanche 10 juin 2018

Les incroyables rencontres de Jo

Jo est un petit garçon ordinaire qui vit à Olympeville, où le sport est roi. Chacune de ses aventures nous conte une rencontre avec un·e enfant qui deviendra plus tard un·e grand·e champion·ne olympique.

Moi qui suis une non sportive pratiquante, je dois dire que j'ai vraiment beaucoup apprécié cette série de petits romans écrits par Astrid Guyart, qui est elle même escrimeuse olympique (du coup je dois remercier au passage l'éditeur pour cette jolie découverte, parce qu'à la base je ne me serais jamais penchée spontanément sur ces livres). 

Jo n'est pas un chef ou un sportif accompli. C'est un petit garçon avec ses faiblesses et ses défauts, et c'est ce qui le rend vraiment attachant. Mais il a comme grande qualité d'être ouvert et à l'écoute des autres, ce qui va lui permettre d'apprendre beaucoup des enfants dont il croisera la route. Cette série va donc bien au delà d'une vision simpliste du sport, qui tournerait entièrement autour de la performance et de la simple force physique, et nous parle aussi de solidarité, de persévérance ou de stratégie. Chaque ouvrage est complétée par un petit carnet qui nous présente plus en détail la discipline abordée dans le roman et l'athlète qui l'a inspiré. Enfin, cerise sur la gâteau, les quatre tomes actuels de la série sont parfaitement paritaires, avec deux sportives et deux sportifs mis à l'honneur, et pourront donc être appréciés de toutes et de tous.

Les incroyables rencontres de Jo, d'Astrid Guyart et illustrés par Olivier Loyen, de très chouettes premiers romans, pour tou·te·s les sportif·ve·s en herbe à partir de 7 ans.


dimanche 3 juin 2018

Merveilleux voisins

Dans ce quartier de moutons au quotidien bien moutonnier, il faut le dire franchement, on se fait un peu ch***.

Ici tout est gris, du bitume des trottoirs au zinc des toitures, gris et uniforme comme la population ovine, qui semble pourtant s'accommoder de cette vie tristounette.

Et puis au fils des saisons les choses vont doucement changer. Loups, vaches, cigognes, cochons, singes ou éléphants viennent s'installer dans le quartier, et cette diversité insuffle une nouvelle vie  à ces deux immeubles où tout tournait au ralenti.

À travers le regard d'un mouton moins pantouflard que ses semblables, ce très bel album nous conte le passage du gris à la couleur d'un quartier endormi qui se voit ainsi renaître grâce à une population bariolée. Cette fable sur la tolérance et l'ouverture aux autres est magnifiquement servie par des illustrations riches et joyeuses, où chaque double page montre une étape supplémentaire dans le retour à la vie des immeubles où loge notre héros. C'est typiquement le genre d'ouvrage que l'on peut relire encore et encore en y découvrant à chaque fois des nouveautés, tant chaque page regorge de petits détails.

Merveilleux voisins, d'Hélène Lasserre et Gilles Bonotaux, un album où l'on a envie de poser ses malles, à explorer à partir de 6 ans.


mercredi 30 mai 2018

Entre

Ce mercredi on va parler d'un objet culturel un peu atypique sur ce blog, à savoir un podcast.

Chaque mercredi, sous la forme d'une courte pastille d'une dizaine de minutes maximum, Entre donne la parole à Justine, une pré-adolescente entrée en sixième en septembre dernier.

Justine nous parle de ses parents (séparés), de la vie au collège (pas toujours facile), des ses amours (compliquées). Sa voix est juste, drôle et touchante, et chez nous, tout le monde a adopté Justine. Au point que Entre est désormais un incontournable rendez-vous familial hebdomadaire. Tous les mercredis après dîner, on se réunit dans le salon pour écouter le nouvel épisode de la semaine. Et après on discute longuement avec fille aînée (en sixième elle aussi) et ses soeurs, en comparant le vécu de Justine et le leur. Cette émission est devenue notre porte d'entrée vers l'adolescence et un très chouette moment de partage avec les enfants.

Entre, un podcast de Charlotte Pudlowski produit par Louis Media, quelques minutes de délicatesse à partager tous les mercredis avec ses adolescent·e·s.



PS : Et si les aventures de Justine vous plaisent autant qu'à nous, il vous reste encore 2 jours (!) pour participer au crowdfunding lancé par Louie Media et soutenir ce super chouette studio !

dimanche 27 mai 2018

Poules, renards, vipères


Une île, trois peuples, à la fois proies d'une part et prédateurs de l'autre, un équilibre fragile.

Ce postulat bien connu des cours de récré (et d'un chouette jeu de carte) est le point de départ d'une trilogie qui va voir la formation d'une amitié atypique entre Albin le poussin courageux, Zora la renarde intrépide, et Célis le vipéreau discret. Ces trois héros vont découvrir qu'une double menace, écologique et politique, plane sur toute la population de l'île, et que la survie des trois peuples repose sur leur capacité à s'unir et à collaborer. Dans cette aventure pleine de rebondissements, notre trio recevra le soutien d'une belle galerie de personnages à plumes, à poil ou à écailles, et chacun devra apprendre à surmonter ses peurs et dépasser ses préjugés.

Voilà une très chouette série à la fois appréciée par n°1 (11 ans) et n°2 (8 ans), qui s'étaient jetées sur les deux premiers tomes (sortis à l'automne et en janvier dernier) et me réclamaient avec impatience le troisième. Celui-ci vient de sortir et elles ont fait main basse dessus sitôt qu'il avait passé notre porte d'entrée. Maintenant que j'ai enfin pu le récupérer, je confirme qu'il est parfaitement à la hauteur de ses prédécesseurs et cloture en beauté cette trilogie animalière.

Poules, renards, vipères, une série de Paul Ivoire, et très joliment illustrée par Miss Paty, trois tomes à dévorer dès 8 ans.


 
En plus ils ont fait un trailer en mode Game of Thrones pour la série.
Si c'est pas la classitude ultime ça ? 

dimanche 20 mai 2018

La tribu qui pue

Planquée au coeur de la forêt, vit la Tribu-qui-pue, joyeuse commune autogérée d'enfants vivants à poil, où les plus grands prennent soin des plus petits, où on s'allie aux animaux et on apprend à lire sur les emballages jetés par ces crados d'adultes dans la rivière.

Et où on ne se lave pas aussi. Mais bon, comme les animaux chlinguent tout autant c'est pas bien grave.

Mais la Tribu-qui-pue n'a pas toujours été tranquille. Il y a quatre ans elle a du déjouer les plans machiavéliques d'Yvonne Carré, directrice d'orphelinat psychorigide et bien décidée à nettoyer cette bande de petits sauvageons au karcher. C'était sans compter sur le courage et la vivacité de la cheffe de tribu, Fanette Ducoup, petite par la taille, grande par la bravoure, qui a su tirer ses congénères d'affaire. 

Voilà un énorme coup de coeur pour toute la famille. Non seulement l'album a été immédiatement adopté à la maison par toute la smala (qui pue, un peu, parfois). Mais fille n°2 (8 ans) s'est également empressée de le faire découvrir à ses copains. Comment résister à cette histoire d'apprentis zadistes qui fouettent, certes, mais aussi qui fleurent bon la liberté, avec un texte formidablement servi par les dessins pleins de fantaisie de Magali Le Huche (avec une mention spéciale à Robert, le poney arc-en-ciel).

La Tribu-qui-pue, d'Élise Gravel et Magali Le Huche, un album libérateur à dévorer dès 6 ans.


dimanche 13 mai 2018

L'étrange vie de Nobody Owens

Nobody (on dit Bod) Owens a été recueilli bébé par un couple de fantômes, après que sa famille a été exterminée par un assassin mystérieux. Il va donc grandir dans l'enceinte d'un cimetière à l'abandon, dont il a été nommé citoyen libre, ce qui lui permet d'y déambuler à sa guise et d'explorer des lieux interdits au commun des mortels.

C'est peu dire que l'enfance de Nobody Owens ne va ressembler à aucune autre.

Le titre original de ce roman de Neil Gaiman c'est The graveyard book, Le livre du cimetière, qui vient faire référence à cet autre classique de l'enfance déracinée qu'est le Livre de la jungle. Là aussi, on va retrouver une galerie de personnages hauts en couleurs, fantômes aux principes éducatifs un peu vintage, loup-garou, goules ou sorcières, et un univers fantasque où rode sans-cesse le danger. Chapitre après chapitre, le roman voit grandir son héros jusqu'à son passage à l'âge adulte et son retour chez les vivants.

J'étais déjà une grande fan des romans adultes de Gaiman, mais sa production jeunesse me laissait jusque là plus perplexe. Il faut dire que fille aînée avait été durablement traumatisée après avoir vu Coraline au cinéma avec sa classe de CE1 (pour info, tout magnifique dessin-animé qu'il soit, Coraline n'est PAS un film adapté à des enfants de 7 ans). 5 ans plus tard la voilà remise de ses émotions et elle a beaucoup aimé ce beau roman mélancolique, où l'inquiétante étrangeté typique du style de Gaiman fait merveille.

L'étrange vie de Nobody Owens, de Neil Gaiman un drôle de roman envoutant à découvrir dès 11 ans.

dimanche 6 mai 2018

Sherlock, Lupin et moi

Août 1870, Irène Adler, jeune fille de bonne famille de 12 ans, est en vacances à Saint Malo avec sa mère.

Et ça craint. 

Il faut dire aussi que pour cette ado au caractère bien trempé, les conventions sociales auxquelles elle est tenue de s'astreindre sont une plaie. Heureusement pour elle, notre héroïne va bientôt faire la connaissance de deux garçons aussi vifs d'esprit que différents de caractère, et qui répondent au doux noms de Sherlock Holmes et Arsène Lupin. Les aventures de notre trio d'enquêteurs juniors ne font alors que commencer...

Cette jolie série de romans s'appuie sur le récit à la première personne d'Irène (un personnage féminin que l'on peut rencontrer dans les aventures de Sherlock Holmes), qui nous permet de découvrir une autre facette de ces deux monstres sacrés du roman policier que sont Holmes et Lupin. On suit donc avec plaisir les péripéties de nos détectives en culottes courtes, qui vont nous emmener de la Bretagne à Londres au cours de quatre aventures pleines de rebondissement.

Bien que parsemés de clins d'oeil aux séries mères, les romans sont parfaitement accessibles aux lecteurs n'ayant encore jamais rencontré les personnages d'Holmes et de Lupin. Ils constituent même une porte d'entrée parfaite pour découvrir ensuite les aventures du génial détective et du gentleman cambrioleur une fois ceux-ci devenus adultes. Petite cerise sur le gâteau, l'édition française de la série est particulièrement soignée, avec des très belles illustrations délicieusement rétros de Iacopo Bruno en couverture (première et quatrième) et en ouverture de chaque chapitre

Sherlock, Lupin et moi, par Irène Adler (ou plutôt Pierdomenico Baccalario et Alessandro Gatti), une série trépidante à découvrir dès 10 ans.